À Lyon, un dépistage dédié pour les femmes avec règles abondantes

Focus sur l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon qui a ouvert un département permettant de prendre en charge des femmes souffrant de ménorragie, le syndrome des règles abondantes. Une première en France !

Sommaire

  • Les menstruations, le grand tabou
  • Comment reconnaître la ménorragie?
  • La prise en charge des règles abondantes
  • Le déroulé du suivi assuré par l’Hôpital de la Croix-Rousse
  • Un service de gynécologie qui soulage

Les menstruations, le grand tabou

Alors que les menstruations, jusqu’ici tabou, s’inscrivent de plus en plus dans le débat public, en témoignent le débat sur la précarité menstruelle et les nombreux compte Instagram qui les célèbrent artistiquement, (Règles Elémentaires, Pink Bits, Period Movement… ), le phénomène des règles abondantes, ou « ménorragie », n’avait pas encore de suivi médical dédié. C’est chose faite depuis le 3 décembre 2021, grâce au lancement du nouveau service en hôpital de jour à la Croix-Rousse, un des quatre grands pôles lyonnais des Hospices Civils de Lyon, dédié aux femmes souffrant de règles abondantes.

Comment reconnaître la ménorragie ?

Souvent peu connu par les femmes qui le subissent, tout comme l’a été l’endométriose pendant de nombreuses années parfois cause d’infertilité, ce syndrome touche cependant une personne menstruée sur cinq dans le monde. La “ménorragie” (contraction de méno- et hémorragie), telle qu’elle est définie dans le jargon médical, se distingue par sa durée – la période de menstruation excède 7 jours-  et par sa quantité, souvent supérieure à 80 ml de sang par jour. Cette anomalie menstruelle peut être liée à l’âge de la femme, à une maladie gynécologique ou encore à un déficit de coagulation. Ce trop-plein de saignement peut provenir d’excroissances comme des polypes, des kystes, mais il peut aussi résulter de néoformations comme des tumeurs bénignes dans l’utérus ou d’inflammations. Avec ce nouveau service de l’hôpital lyonnais de la Croix-Rousse, les causes de ce phénomène peuvent être désormais être explorées et déterminées en une seule journée.

La prise en charge des règles abondantes

Lancé par la Dr Lucia Rugeri avec la Dr Gaëlle Duliège, ce service assure un suivi complet pour une durée de 3 heures. Afin de dépister et de sensibiliser le plus de femmes possible, un test permettant d’évaluer l’abondance des menstruations est accessible dans l’enceinte de l’établissement ou via le site internet: il s’agit du calcul du score de Hingham. Celui-ci permet de comprendre si on est atteinte ou pas du syndrome de ménorragie et il doit être effectué avant l’inscription de la patiente, ainsi que le questionnaire en ligne à remplir lors de l’inscription sur le site internet du CHU de Lyon pour obtenir un rendez-vous. Enfin, il est aussi nécessaire d’être adressé par son médecin traitant ou un gynécologue.

« L’objectif de cette prise en charge rapide est d’éviter les complications hémorragiques qui constituent un enjeu de santé publique. En plus des conséquences sur la santé et sur la qualité de vie des patientes, les règles abondantes ont également des impacts mentaux, physiques et socio-économiques comme l’absentéisme, le coût des protections, etc. »  Dr Lucia Rugeri, à l’origine de la prise en charge de la ménorragie au CHU de Lyon.

Le déroulé du suivi assuré par l’Hôpital de la Croix-Rousse

Une fois le rendez-vous obtenu, la prise en charge débute par un entretien avec un gynécologue du service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital. S’ensuit une échographie pelvienne de la patiente permettant d’identifier la pathologie et un bilan sanguin. Puis, un deuxième entretien avec un médecin spécialisé est établi, afin d’analyser si les règles abondantes ne sont pas liées à un déficit de coagulation. À la suite de cela, une conclusion multidisciplinaire est exposée avec les traitements proposés.

Un service de gynécologie qui soulage

L’encadrement proposé par l’hôpital de la Croix-Rousse se fait par groupe pouvant aller jusqu’à dix patientes par jour. Comme l’explique la Dr Lucia Rugeri dans un communiqué: « L’objectif de cette prise en charge rapide est d’éviter les complications hémorragiques qui constituent un enjeu de santé publique. En plus des conséquences sur la santé et sur la qualité de vie des patientes, les règles abondantes ont également des impacts mentaux, physiques et socio-économiques comme l’absentéisme, le coût des protections, etc. » .

A la suite de cette première lyonnaise qui a fait parlé d’elle, un second site dédié aux femmes qui souffrent de règles abondantes devrait ouvrir au premier trimestre 2022 à l’hôpital « Femme Mère Enfant » de Bron. En attendant un service dédié dans votre région, vous pouvez consulter le site www.regles-abondantes.fr pour plus d’informations.

Partager cette publication