Richesse : est-il plus avantageux d’être une femme célibataire sans enfants ?

Aux Etats-Unis, certaines tendances s'inversent. Une étude révèle que les femmes américaines célibataires et sans enfants gagneraient plus que les hommes. Elles seraient d'ailleurs de plus en plus nombreuses à manifester leur non-désir de mariage et de d’enfantement. Qu’en est-il en France ?

Sommaire

    • Les femmes célibataires sans enfants gagnent plus que les hommes
    • « Le mariage pénalise les femmes mais dope le revenu des hommes »
    • La situation en France
    • Les dépenses liées à la parentalité ou la « pénalité de maternité »
    • Comment palier à ces écarts ?

Les femmes célibataires sans enfants gagnent plus d’argent que les hommes

Contrairement aux idées reçues, le célibat pourrait être une manne pour les femmes, alors que la parentalité et la vie en couple perdraient de leur attrait. Et surtout, il leur permettrait de dépasser les revenus des hommes dans les mêmes conditions. Une étude de la Federal Reserve Bank of St. Louis avance des chiffres parlants en comparant la richesse des uns et des autres avant et après avoir eu des enfants. En 2019, les femmes célibataires sans enfants avaient en moyenne 65.000 dollars (environ 65.280 euros) de richesse, contre 57.000 dollars (57.240 euros) pour les hommes célibataires sans enfant. Leur richesse moyenne dépasserait donc celle des hommes de plus de 13%. En revanche, dès le passage devant le maire ou à la maternité, la richesse de l’homme et celle de la femme s’inversent. En effet, les femmes deviendraient alors financièrement défavorisées, lorsqu’elles se mettent en couple et deviennent mères.

« Le mariage pénalise les femmes mais dope le revenu des hommes »

Tout d’abord, les inégalités de genre dans le cadre de l’entreprise: pour une femme, être en couple et afficher une bague au doigt peut parfois envoyer des signaux négatifs aux employeurs. En l’an 2000 déjà, les économistes suisses Yves Flückiger et José Ramirez, avaient alerté sur les disparités de revenu au sein des couples hétérosexuels. A l’époque, le mariage favorisait les hommes qui percevaient un salaire supérieur de 4,5% à celui des célibataires. En revanche, il défavorisait les femmes avec une pénalité salariale de 3,7%. Leur hypothèse était la suivante, « les entreprises considèrent peut-être qu’un homme marié est une personne qui se stabilise au sein de l’entreprise, qui va y rester durablement et elles accordent une prime à cela. A l’inverse, l’entreprise considère peut-être que les femmes mariées vont progressivement se retirer du monde du travail car elles vont avoir un enfant » d’après « Le Temps ».

« Les entreprises considèrent peut-être qu’un homme marié est une personne qui se stabilise au sein de l’entreprise, qui va y rester durablement et elles accordent une prime à cela. A l’inverse, l’entreprise considère peut-être que les femmes mariées vont progressivement se retirer du monde du travail car elles vont avoir un enfant. » Yves Flückiger et José Ramirez, économistes suisses

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La situation en France

Même constat en France, une étude de l’INSEE en 2018 révèle que le revenu moyen d’une femme vivant seule en Île-de-France était de 2 590 euros par mois contre 2 480 euros pour une femme en couple avec un homme. A contrario, les hommes vivant seuls disposent de revenus en moyenne nettement plus faibles que ceux vivant en couple (respectivement 2 880 euros et 3 660 euros).

Les dépenses liées à la parentalité ou la « pénalité de maternité »

La parentalité implique inévitablement des coûts importants (garde, alimentation, santé…). L’éducation en particulier pèse très lourd dans la balance. Aux Etats-Unis, « les dépenses pour élever un enfant né en 2015 et jusqu’à l’âge de 17 ans [donc jusqu’en 2038] sont estimées à 310 605 $ par la Brookings Institution » d’après Bloomberg. Et ces chiffres ne prennent pas en compte les frais liés à l’éducation supérieure… Par ailleurs, l’étude de la Federal Reserve Bank of St. Louis pointent les mères célibataires encore plus pénalisées avec un niveau de richesse équivalent à 7000 dollars, c’est-à-dire neuf fois moins que celle des femmes célibataires sans enfants, avec leurs 65.000 dollars de richesse. C’est ce que les experts appellent la « pénalité de la maternité ». L’écart entre les hommes célibataires sans enfant et les pères célibataires avec enfants n’était lui pas aussi conséquent.

Plus d’enfants = moins d’argent pour les femmes ?

En France, on remarque que cet écart de revenu croit en défaveur des femmes à mesure que le nombre d’enfants augmente dans le couple. En particulier, lorsqu’elles ont trois enfants ou plus, leurs revenus sont alors inférieurs en moyenne de 44 % à ceux de leur conjoint d’après l’INSEE. En ce qui concerne les couples sans enfants, les écarts de revenus entre femme et homme sont moindres (25 % en défaveur de la femme). Le temps partiel, plus fréquent contribue aux écarts de revenus.

Comment palier à ces écarts ?

La Loi relative à l’égalité salariale a été entérinée le 23 mars 2006 mais peine toujours à être appliquée. En 2022, un coup de projecteur supplémentaire sur l’égalité femme-homme a été donné par la loi Rixain votée le 16 décembre dernier qui prévoit des quotas dans les comités de direction pour les femmes, mais aussi, et surtout, des mesures concernant l’autonomie financière des jeunes mères, une priorisation dans les modes de garde pour les femmes célibataires ou, encore, le financement et le soutien à l’entrepreneuriat féminin.

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