Vues du monde: 12 femmes qui font le job en 2021-2022

On a retracé le parcours de 12 "business women" qui ont marqué 2021 et feront encore l'actu en 2022 dans une grande variété d'industries. Si certaines sont des stars dans leurs domaines, telles que Chiara Ferragni ou Luiza Trajano, d'autres sont moins connues du public. Découverte.

Sommaire

  • 1 – Trudy Dai, la loyale mousquetaire d’Alibaba (Chine, e-commerce)
  • 2 – Özlem Türeci, la force derrière le vaccin anti-COVID (Allemagne, biotech)
  • 3 – Mary Barra, la patronne des patrons américains (Etats-Unis, automobile)
  • 4 – Ana Patricia Botin, l’héritière de Santander (Espagne, banque)
  • 5 – Cathie Wood, la « punk rock » des investisseurs (Etats-Unis, finance)
  • 6 – Jamila Gordon, l’intelligence artificielle au service de la communauté (Australie, technologie)
  • 7 – Caroline Garcia, à l’origine des succès de Netflix (Etats-Unis, média)
  • 8 & 9 – Mala Gopal Gaonkar et Leda Braga, à la conquête des hedge funds (Etats-Unis, finance)
  • 10 – Luiza Trajano, la passionaria de l’inclusion (Brésil, distribution)
  • 11- Estelle Brachlianoff, l’industrie se féminise (France, industrie)
  • 12- Chiara Ferragni, l’influenceuse à qui tout sourit (Italie, mode et média)

1 – Trudy Dai, la loyale mousquetaire d’Alibaba (Chine, e-commerce)

Trudy Dai (44 ans) fait partie de la nouvelle équipe des mousquetaires qui ont pour mission de sauver Alibaba, le géant du e-commerce chinois. La disparition temporaire de son charismatique fondateur, Jack Ma, d’octobre 2020 à janvier 2021, avait coïncidé avec une remise au pas du premier acteur de l’internet chinois par les autorités. Depuis l’automne 2020, le cours de l’action a perdu 60% de sa valeur. Sur son marché, Alibaba est confronté à une concurrence agressive. Pinduoduo a plus de clients aujourd’hui et des nouveaux venus comme ByteDance (TikTok) le bousculent sur des segments en forte croissance comme le “live streaming” et la vidéo. 

Sous l’égide de Daniel Zhang, son PDG, quatre hauts dirigeants -dont Trudy Dai- ont pour mission de redonner de l’élan au groupe chinois en développant les activités à l’étranger (en Asie du Sud-Est et en Afrique), la présence dans les villes plus pauvres et la technologie du cloud, trois directions considérées comme les principaux moteurs de croissance future. Auparavant directrice de la clientèle d’Alibaba, Trudy Dai a dirigé les activités de e-commerce B2B et la place de marché Taocaicai.

A l’école de Jack Ma

Elle prend la tête du e-commerce domestique -sites Taobao, Tmall et Alimamaqui- qui représente les deux-tiers des revenus d’Alibaba. Elle fait partie des 18 premiers employés de l’entreprise -numéro 11- encore en charge d’un business important. Élève de la dernière classe du professeur Jack Ma, elle le rejoint lorsqu’il crée Alibaba il y a vingt-deux ans. Toujours loyale à Alibaba, elle a été responsable des ventes, du marketing, des ressources humaines entre autres. Elle a la réputation de faire ce qu’on lui demande de faire : “je ne réfléchis pas trop ; je le fais simplement de bon gré et avec plaisir. » 

Ses bonnes performances à la tête du e-commerce B2B ont changé son destin et l’ont placé au cœur du pouvoir d’Alibaba. Selon le site Nikkei Asia, « Dai a une personnalité calme, et les personnes qui l’entourent lui font confiance ».

2 – Özlem Türeci, la force derrière le vaccin anti-COVID (Allemagne, biotech) 

Grâce à la pandémie le monde a découvert Özlem Türeci (53 ans). La Chief Medical Officer de BioNTech incarne depuis 2020 la lutte contre le COVID-19. Créée en 2008 avec son mari Ugur Sahin, la société de biotech a véritablement explosé depuis son partenariat avec Pfizer. Fin 2021, plus de 3 milliards de doses du vaccin BioNTech/Pfizer ont été livrées (4 milliards prévues en 2022). En 2021, les ventes atteignent 32 milliards d’euros et BioNTech est en passe d’afficher un bénéfice net de plus de 10 milliards d’euros.  

Dans le secret des labos

Derrière cette immense success story, il y a un fille d’immigrants turcs dont la mère était biologiste et le père chirurgien. Özlem Türeci a permis au partenaire Pfizer de s’imposer comme le grand gagnant de la pandémie, avec 60% de parts de marché aux Etats-Unis et 74% en Europe… C’est elle qui a développé en laboratoire la technologie de l’ARN messager. Fort de ce succès, BioNTech prévoit de développer un vaccin anticancéreux à base d’ARN messager et de proposer à terme des soins personnalisés.

La valeur de BioNTech dépasse aujourd’hui les 50 milliards d’euros (la moitié de celle de Sanofi), ce qui a fait d’Özlem Türeci et de son mari des néo-milliardaires. Mais malgré cela, ils continuent de vivre simplement dans leur ville de Mayence. Cette ancienne place forte romaine est devenue le centre des biotechs dans le monde. Les impôts payés par BioNTech -plusieurs milliards d’euros- ont même permis à la ville de rembourser ses dettes !

3 – Mary Barra, la patronne des patrons américains (Etats-Unis, automobile)

Mary Barra (60 ans), CEO de General Motors depuis 2014, a fait la une en octobre 2021. Elle a été nommée à la présidence de l’organisation Business Roundtable, l’organisme de lobbying du business américain. C’est une première car aucune femme n’avait jusque-là géré cet influent groupe de chefs d’entreprises.

Le BRT avait été un soutien discret mais puissant de Joe Biden pendant sa campagne présidentielle. Il avait également pris position en août 2019 pour que les entreprises intègrent dans leur mission une conception élargie d’un capitalisme (stakeholder capitalism) bénéficiant à toutes les parties (employé.e.s, fournisseurs, société) et pas uniquement aux actionnaires, suscitant un débat passionné outre-atlantique.

L’automobile au féminin

Première femme à diriger un constructeur automobile, Mary Barra a fait toute sa carrière chez GM. Entrée dans l’entreprise à 18 ans (pour travailler sur les chaînes de production), “elle a gravi tous les échelons jusqu’à la direction de l’entreprise en 2014 et utilise désormais sa position pour lutter contre le changement climatique” et promouvoir les véhicules électriques, écrit le site spécialisé NewsWheel.

Cette ingénieure est aussi une fervente partisane de la promotion des femmes et des minorités dans l’entreprise. Elle est signataire de la coalition OneTen qui promeut l’égalité des chances pour tous. Time l’a ainsi incluse dans sa liste des 100 personnes les plus influentes de 2021… Nul doute que pendant ses deux ans à la tête du BRT, Mary Barra refasse parler d’elle et de sa conception d’un néo-capitalisme.

4 – Ana Patricia Botin, l’héritière de Santander (Espagne, banque)

Ana Patricia Botin (61 ans) est l’une des femmes les plus puissantes de la finance internationale. Banquière espagnole, elle occupe le poste de présidente exécutive du groupe Santander depuis 2014. C’est d’ailleurs la seule Espagnole figurant dans la liste des 100 femmes les plus puissantes au monde de Forbes.

En 2021, Ana Patricia Botin a même gagné une place pour occuper la septième place du classement. La progression est fulgurante puisqu’elle n’était qu’à la 99e place en 2005. Proche des milieux d’affaires et politiques britanniques, cette proximité s’est nouée durant ces années où elle dirige la banque Santander en Angleterre (de 2010 à 2014).

En 2015, le premier ministre David Cameron la nomme membre de son conseil consultatif sur le business. La même année, elle reçoit le titre honorifique de Dame commandeur de l’Empire britannique (Dame Commander of the Order of the British Empire).

C’est en 2014, à la mort de son père, qu’elle reprend la tête du groupe. Elle est la quatrième génération à diriger l’entreprise familiale qu’elle a rejoint en 1988 après plusieurs années chez JP Morgan aux Etats-Unis. Près de trente ans après son retour dans le business familial, elle a fait de Santander la première banque en Espagne en faisant l’acquisition de Banco Santander pour 1 euro en 2017. Elle dirige aussi l’European Banking Federation, la puissante organisation représentant les intérêts du secteur bancaire en Europe. C’est l’une des seules femmes dans un milieu essentiellement dominé par des hommes.

5 – Cathie Wood, la « punk rock » des investisseurs (Etats-Unis, finance)

En 2002, Cathie Wood (66 ans) continuera de faire le buzz dans l’univers de la finance. Ses prises de position font polémique et tout le monde scrute ses performance à l’aune de ses déclarations tonitruantes. En 2018, Cathie Wood pariait sur Tesla alors que la startup faisait face aux critiques et à de graves problèmes internes. L’action oscillait alors entre 60 et 70 dollars. Elle dépasse aujourd’hui les 1 000 dollars ! Elle a su séduire cette « nouvelle génération d’investisseurs avides de risques et axées sur la technologie, qui ont commencé à négocier en masse en 2020 », explique le New York Times.

Mais depuis le début de l’année, ARKK, le fonds principal d’Ark Invest, a vu ses performances chuter de 9% après une année 2021 négative qui a vu ses actifs fondre de 20%. La principale raison ? La désaffection des investisseurs pour des valeurs technologiques qui avaient fait son succès dans les années précédentes. Et Cathie Wood est devenue la risée des commentateurs…

L’instinct et le flair féminins

Pourtant, droite dans ses bottes, elle continue de privilégier sa stratégie « disruptive ». Cathie Wood investit dans des sociétés « innovantes » comme Tesla, Spotify, Zoom ou Roku. Cotées aux États-Unis, elles opèrent dans les technologies de l’ADN, de l’automatisation, de la robotique, du stockage de l’énergie, de l’intelligence artificielle et des fintechs. Elle n’hésite pas à occuper le terrain médiatique pour justifier ses choix et porter ses messages.

Même si ces valeurs sont victimes de l’arbitrage des investisseurs en faveur des actions dites « value » au détriment de la tech, elles représentent pour Cathie Wood la vague d’un changement générationnel, technologique et civilisationnel.  Ses fans applaudissent ses prises de risque -notamment sur la blockchain- alors que ses détracteurs la juge irresponsable. Elle est devenue une icône punk rock pour les petits investisseurs américains.

6 – Jamila Gordon, l’intelligence artificielle au service de la communauté (Australie, technologie)

 

Jamila Gordon (51 ans) est une des figures de proue de l’intelligence artificielle (IA). Elle crée son entreprise, Lumachain, en 2018 et décide d’utiliser la technologie blockchain pour rendre plus transparentes et efficaces l’approvisionnement et la logistique des aliments, de la fabrication à la distribution. Du fait d’un retard numérique, « la circulation des marchandises dans la chaîne d’approvisionnement est encore très basique, ce qui signifie qu’il y a beaucoup de gaspillage, d’inefficacité et de risques », analyse Jamila Gordon.

Cette ancienne cadre dirigeante d’IBM et de Qantas a aussi pour ambition d’éradiquer l’esclavage moderne grâce à la technologie de Lumachain. Pour Jamila Gordon, « le travail forcé devient un problème majeur dans les chaînes d’approvisionnement, tant ici qu’à l’étranger. L’Australie a adopté une loi sur l’esclavage moderne en 2018, et cela fait partie d’une tendance mondiale, où les entreprises et les consommateurs veulent avoir la certitude que les produits ont été obtenus de manière éthique et durable. »

Un parcours de résilience et d’espoir

Son parcours est atypique. Jamila Gordon est née en Somalie. À l’âge de 5 ans, elle est forcée de travailler. « Ma mère a eu 16 enfants, deux sont morts jeunes et j’étais le deuxième aîné. On attendait de moi que j’aide ma mère dès mon plus jeune âge », témoigne-t-elle. À 18 ans, encore adolescente, elle fuit la guerre civile, se réfugie au Kenya puis s’installe en Australie après avoir rencontré son futur mari. En Australie, elle se lance dans les études : l’anglais d’abord, la comptabilité et la programmation ensuite. La technologie devient sa passion.

Lauréate de Microsoft lors de l’International Women’s Entrepreneurial Challenge 2018, la BBC l’a incluse dans sa liste 2021 des 100 femmes les plus inspirantes et influentes du monde. Elle a aussi reçu le prix d’« Innovatrice de l’année » en Australie et en Nouvelle-Zélande en 2021 dans le domaine de l’intelligence artificielle.

7 – Carolina García, à l’origine des succès de Netflix (Etats-Unis, média) 

C’est son obsession pour Jack Bauer et la série « 24 heures chrono » qui a décidé de la carrière de Caroline Garcia (36 ans) : « ce show fut une révélation pour moi », explique-t-elle dans une interview à CNN. Née en Argentine et élevée en Californie, elle n’a aucune connexion dans le show business mais elle décide malgré tout de poursuivre ses deux passions, la télévision et le divertissement. Elle démarre comme stagiaire à la Twentieth Century Fox Television -qui a produit sa série préférée- y passe neuf ans avant de rejoindre Netflix en 2016 où elle devient directrice des séries originales (Director of original series).

C’est elle qui « décide (…) quels sont les projets achetés ou quels scénaristes, réalisateurs et acteurs sont engagés. Ce sont les gardiens ultimes de l’industrie parce ce sont eux qui débloquent les budgets et choisissent les créateurs dans lesquels -ou non- investir », décrypte Sandra Gonzalez de CNN. Elle est ainsi l’une des rares dirigeantes de studios d’Hollywood d’origine hispanique, les « Latinx » comme on les appelle maintenant aux Etats-Unis.

La carte créative de Netflix

En tant que cadre créatif, elle a supervisé plusieurs séries à succès pour Netflix, notamment Stranger Things, 13 Reasons Why, Atypical et Raising Dion. Profitant de sa position, elle essaye aussi de promouvoir une certaine diversité des histoires tout en créant des ponts entre les différentes cultures, essentiel pour un groupe présent dans plus de 190 pays : « je veux aussi des Latinos dans des histoires de Blancs et des Latinos travaillant côte à côte avec des créateurs noirs », indique-t-elle.

En 2020, le magazine Forbes l’intègre dans sa liste 2020 des 40 de moins de 40 ans avec Zendaya et Beyonce. L’année précédente, elle est dans la « Next Gen 2019 » du Hollywood Reporter. Pour la BBC, elle est simplement « la femme qui décide de ce que vous allez voir sur Netflix ».

8&9 – Mala Gaonkar & Leda Braga, à la conquête des hedge funds (Etats-Unis & Brésil, finance

Sur les milliers de hedge funds (fonds spéculatifs), seuls 80 sont dirigés par des femmes. En 2019, moins de 20% des employés étaient des femmes. De plus, elles ne sont que 10% à prendre les décisions d’investissement. Mala Gaonkar (52 ans) et Leda Braga (55 ans) ont décidé de faire bouger les lignes et partent à la conquête de l’un des derniers bastions des mâles alpha : les hedge funds (fonds spéculatifs).

Elles incarnent ce mouvement qui pourrait entraîner une plus grande diversité au sein de ce secteur. Cité par Bloomberg, Rob Manilla, vice-président et responsable des investissements à The Fondation Kresge, constate que « de plus en plus d’investisseurs ont conscience que l’investissement au quotidien est une question de prise de décision, et que la science montre très clairement que des équipes plus diversifiées prennent de meilleures décisions ». En juillet 2021, la banque UBS a ainsi annoncé la création d’un fonds spécialisé dans les fonds spéculatifs dirigés par des femmes.

Femmes d’argent et d’intuition

Née aux États-Unis, Mala Gaonkar a grandi à Bengaluru en Inde. Elle a étudié l’économie à Harvard avant d’y obtenir un MBA. Après deux ans chez Chase Capital Partners, elle rejoint Lone Pine Capital qu’elle quitte à la fin 2021 pour créer son propre fonds avec Divya Nettimi. Le nouveau fonds sera lancé cette année. « Certains banquiers et investisseurs s’attendent à ce qu’elles puissent commencer avec un milliard de dollars ou plus sous gestion. Jamais une entreprise dirigée par une femme n’a lancé un fonds aussi important, et encore moins deux fonds la même année », expliquent Bloomberg.

D’origine brésilienne, Leda Braga pilote l’un des plus gros hedge funds dirigé par une femme, Systemica qu’elle a lancé en janvier 2015. Titulaire d’un doctorat en ingénierie, Leda Braga rencontre Michael Platt chez JPMorgan Chase & Co. Quand il quitte la banque pour créer BlueCrest en 2000, elle le rejoint l’année suivante. Elle va passer quatorze ans à gérer le plus grand fonds de BlueCrest, BlueTrend. On la considère aujourd’hui comme la gestionnaire la plus puissante du monde. Son plus gros fonds, Systematic Alternative Markets, doté de 5,8 milliards de dollars, a gagné près de 29% l’année dernière.

10 – Luiza Trajano, la passionaria de l’inclusion (Brésil, distribution)

Luiza Trajano (70 ans) fait partie du club des plus riches personnes du Brésil et d’Amérique du Sud. En trente ans, elle a transformé une petite affaire familiale en un géant de la distribution avec 1 400 magasins dans tout le pays. Sa fortune est estimé à 1,4 milliard de dollars et, comme nombre de ses pairs, elle aurait pu en jouir tranquillement sans faire de vagues.

Mais cette milliardaire a simplement décidé de s’attaquer à sa façon au racisme structurel de la société brésilienne. Du début du XVIe à la fin du XIXe, entre 5 et 13 millions d’Africain.e.s -les sources diffèrent- ont été déporté.e.s dans le cadre du commerce triangulaire. C’est le pays qui a accueilli le plus d’esclaves dans l’histoire et le dernier l’a avoir aboli en mai 1888.

Luiza Trajano, milliardaire et activiste

« Au-delà des aspects économiques et sociaux, l’esclavage a laissé une marque émotionnelle très forte, une société de colonisateurs et de colonisés. Beaucoup de gens n’ont jamais senti que c’était leur pays », témoigne Luiza Trajano dans une interview au New York Times. Pour l’ancien président Lula, le défi de Luiza est « de construire un géant des affaires tout en édifiant un meilleur Brésil ». Elle est aussi une fervente défenseuse des droits des femmes. Elle a créé en 2013 Mulheres do Brasil, un réseau de femmes qui promeut l’autonomie des femmes.

Il y a deux ans, son entreprise, Magazine Luiza ou Magalu, a lancé un programme de formation pour des jeunes diplômés afin qu’ils accèdent à des postes de direction. La nouveauté est que le programme ne s’adresse qu’à des candidats noirs. Lors de son annonce, il s’est attiré les foudres du gouvernement de Jair Bolsonaro. Mais il a aussi contribué à ouvrir un débat national, notamment au sein des milieux d’affaires, sur la nécessité de régler l’un des problèmes majeurs du pays. 2022 sera une année importante au Brésil puisque des élections générales sont prévues début octobre pour élire le président, le vice-président et les membres du Congrès.

11 – Estelle Brachlianoff, l’industrie se féminise (France, industrie

Estelle Brachlianoff (49 ans) succédera à Antoine Frérot, PDG de Veolia, en juillet 2022. Elle devient ainsi la deuxième femme à occuper aujourd’hui des fonctions exécutives au sein du CAC40, avec la directrice générale Catherine McGregor d’Engie. C’est un événement dans le monde du capitalisme français jusque-la dominé essentiellement par les hommes.

Dauphine du président depuis 2018, « Estelle Brachlianoff a fait ses preuves en interne depuis qu’en 2005, la jeune polytechnicienne (X-Ponts) a rejoint Veolia, prenant la direction des activités déchets d’Ile-de-France en 2010 et celle du Royaume-Uni en 2012 », explique Les Echos.

Une dirigeante multi-task

Le quotidien économique précise qu’Estelle Brachlianoff « fait aujourd’hui partie de ces rares dirigeants français très à l’aise dans le monde anglo-saxon ». Elle siège également au conseil d’administration du groupe de luxe Hermès. Dressant son portrait en 2015, le Financial Times indiquait que l’un de ses grands-pères était d’origine bulgare.

Interrogée par le quotidien des affaires de la City, elle insistait ainsi sur sa différence « et pas seulement parce que je suis une femme. (…) Je suis française et je suis une femme. C’est pourquoi je crois à la mixité dans les équipes. Si vous voulez être innovant, vous devez être diversifié. Je suis en train de changer l’entreprise et je trouve cela très excitant. » Dans une interview au Monde, elle indiquait aussi qu’il « faut former les femmes, mais aussi les hommes pour qu’ils identifient (leurs) biais cognitifs ».

12 – Chiara Ferragni, l’influenceuse à qui tout sourit (Italie, mode et média)

Une des toute première blogueuse mode en 2009, sous le nom de « The Blond Salad », Chiara Ferragni (33 ans) est aujourd’hui au panthéon des influenceuses avec ses plus de 26 millions de followers sur Instagram. A l’instar d’autres stars des réseaux sociaux, cette jolie blonde aux yeux bleus et au physique de mannequin se lance en mettant en scène sa vie et son amour pour la mode et, très vite, multiplie les partenariats avec les marques de cosmétiques et de mode.

Amoureuse d’une star du rap italien, Fedez, depuis 2016, elle n’hésite pas à mettre en scène sa vie de couple sur son compte Insta: leurs retrouvailles et leurs voyages, leurs fêtes d’anniversaires, la demande en mariage de Fedez lors de son concert à Vérone jusqu’au mariage orchestré à Noto, suivi par des millions de fans. Depuis, Chiara Ferragni est devenue maman de deux enfants, Leone en 2018 et Vittoria en 2021, et expose sa vie de famille qu’elle photographie abondamment, comme toutes les mamme italiannes, et qui participe à son activité d’influence.

Sujet d’étude à Harvard pour son modèle de business innovant – diversification réussie de son influence-, figurant dans la liste des trente personnalités de moins de 30 ans à suivre de près par Forbes en 2015, Chiara devient présidente de sa société en 2017 et fait aussi l’objet d’un documentaire à la 76e Mostra de Venise, « Chiara- Unposted » par Elisa Amoruso, évalué à 10 millions$ en retombées de communication. Chacun de ses faits et gestes sont scrutés par son public et directement monétisés par les marques et les lieux où elle se rend.

2021 l’année faste des Ferragnez

En 2021, tout lui sourit: elle rentre dans le conseil d’administration de Tod’s, elle relance, sous son nom (un oeil bleu en symbole), sa marque de vêtements, d’accessoires et de chaussures (en rupture de stock au bout de quelques heures), une toute nouvelle collection de maquillage, et une émission de télé-réalité, « The Ferragnez » diffusée sur Amazon Prime Vidéo depuis décembre 2021. Elle prend aussi la parole au sujet de l’entrepreneuriat féminin, lors d’une campagne et d’une collab avec Pantène, pour  » donner une aide concrète à l’entrepreneuriat féminin un monde où peu de personnes réussissent encore. » Elle ajoute qu’il faut « permettre aussi de réduire le gender gap et offrir aux femmes la possibilité de conserver leur activité et de travailler à 100%, même quand elle deviennent mères. C’est un travail que doit faire l’Etat et la société tout entière,… les femmes doivent avoir les mêmes opportunités que les hommes ». Sans langue de bois, elle explique que, trop souvent, on ne l’a pas prise au sérieux, parce cantonnée au rôle de jolie jeune femme. Enfin, 2022 semble tout aussi dense, avec une collection de lunettes en partenariat avec le groupe Safilo, annoncée hier lors de la fashion week parisienne. Rien n’arrête plus la fashionista et la femme d’affaires aguerrie italienne.

 

soutenez informelles Vues du monde: 12 femmes qui font le job en 2021-2022

Partager cette publication