Canular ou coup de comm génial ? Le “Vulva Spaceship” ou l’avenir de l’espace

"Vulva Spaceship", ou le vaisseau spatial qui veut révolutionner la conquête de l'espace a été imaginé par WBF Aeronotics, un collectif féministe qui veut "rétablir l'égalité des sexes dans le cosmos". Est-ce un canular ou une véritable intention de passer des maquettes à la réalité ? La rédaction d'Informelles a contacté la fondatrice de WBF, Jasmin Mittag pour tenter d'avoir des réponses.

Sommaire

  • Contrer l’image phallique des fusées
  • Qui sont la militante et l’ingénieure à l’origine du « Vulva Spaceship » ?
  • Un vrai projet concret ?
  • L’espace, la nouvelle conquête des femmes

Contrer l’image phallique des fusées

L’idée a de quoi séduire les afficionadas de la conquête spatiale au féminin. Afin de se différencier du sempiternel design phallique des fusées, le néo groupe allemand WBF Aeronautics communique sur un tout nouveau prototype d’aéronef en forme de vulve, au nom provocateur de « Vulva Spaceship » (littéralement traduit en « vaisseau spatial vulve »). Jasmin Mittag, féministe activiste fondatrice du collectif féministe d’artistes allemands, Wer Braucht Feminismus ? (Qui a besoin du féminisme ?), est aussi la directrice de campagne de WBF Aeronautics (issu du nom du collectif). Elle explique sur le site internet de la jeune entreprise, que cet appareil serait conçu dans une démarche inclusive: “L’espace est pour tout le monde ! Avec notre mission, nous prouvons au monde que l’égalité des sexes a même sa place dans l’espace.

« L’espace est pour tout le monde ! Avec notre mission, nous prouvons au monde que l’égalité des sexes a même sa place dans l’espace. » Jasmin Mittag, directrice de campagne de WBF Aeronautics

A l’origine de ce projet, elle cite l’ingénieure Dr Lucia Hartmann, directrice de WBF aeronautics et créatrice de la fusée, qui renchérit sur le communiqué de presse du lancement de ce vaisseau détonnant: “Nous osons changer le statu quo en matière de voyage spatial : de nouvelles formes dans l’espace vont révolutionner notre pensée, nos actions et tout ce que nous avons cru être vrai.”

Le vaisseau est prévu en carbone renforcé, un matériau qui lui permettrait de résister à des températures extrêmes. Lucia Hartmann affirme également que cette forme en V laisserait peu de traînée dans l’univers. Le design de la fusée participerait donc à un meilleur aérodynamisme mais aussi à un rendement plus durable.

Qui sont la militante et l’ingénieure à l’origine du « Vulva Spaceship » ?

L’activiste féministe allemande Jasmin Mittag et la Dr Lucia Hartmann sont à l’origine du Vulva Spaceship. Mittag est la fondatrice de Wer Braucht Feminismus ? (Qui a besoin du féminisme ?), un collectif féministe d’artistes allemands lancé en 2012, dont le but est d’attirer l’attention sur les questions féministes et être source d’inspiration pour construire l’égalité des sexes. 

En revanche, difficile d’en savoir plus au sujet de Lucia Hartmann. Malgré des recherches approfondies, aucune information à son sujet n’est accessible hormis le profil d’une ingénieure de l’université de Lausanne, spécialisée dans les matériaux de nanotechnologie. Lorsque nous interrogeons Mitta au sujet de l’identité de son associée, ses réponses sont évasives. Les deux uniques prises de parole évoquant Mittag à propos de son associé sont les suivantes « Lucia Hartmann a commencé son travail de recherche sur les vaisseaux spatiaux et a découvert qu’un vaisseau spatial, en s’écartant des formes traditionnelles, serait plus aérodynamique « . Elle ajoute ensuite: « Lucia Hartmann nous a contactés dans le but d’une collaboration et pour que nous fassions le travail médiatique, car le sujet va bien au-delà du simple aspect scientifique« . 

Un vrai projet concret ?

Le mystère entoure donc le « Vulva Spaceship ». Jasmin Mittag apporte peu d’éléments concrets aux interrogations que nous lui posons. Au sujet de la faisabilité concrète de la fusée, Jasmin Mittag botte en touche: « Je crois qu’il y a beaucoup de choses possibles dans cet univers, même de créer un espace où le sexe n’a plus d’importance.« 

Pas de réponses non plus au sujet de l’existence de maquettes 3D de l’engin ou de la possibilité d’un coup de communication pour mettre en lumière l’activiste et son collectif. Celle-ci explique en revanche que : »Dans les voyages spatiaux, tous les problèmes que nous connaissons sur terre sont amplifiés. Par exemple, au poste convoité de voyageur de l’espace, seuls 12 % étaient des femmes jusqu’à présent. »

L’espace, la nouvelle conquête des femmes

Force est de constater que les choses changent. En effet la conquête spatiale attire (et met en avant) de plus en plus de femmes, en témoigne les récentes aventures et nominations d’astronautes femmes, telles que Wally Funk qui a effectué le premier vol du Blue Origin avec Jeff Bezos, Jessica Watkins, première femme afro-américaine à intégrer l’ISS, la Station Spatiale Internationale, Samantha Cristoforetti première femme nommée commandante de cette même station au printemps 2022 ou, encore Hélène Huby et sa startup The Exploration Company spécialisée dans les modules de vol non habités. 

Seule opération concrète (en sus du film de lancement diffusé la semaine dernière) du projet « Vulva Spaceship », une pétition en ligne, lancée pour apporter de la visibilité à l’initiative. On dénombre à ce jour 1 029 participants. L’objectif est fixé à 500 000 signatures afin d’interpeller l’Agence Spatiale Européenne pour réaliser le projet. Affaire à suivre…

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