Collectif 50/50 : le Festival de Cannes sera inclusif ou ne sera pas !

Pour sa 73ème édition, le festival de Cannes qui a signé la charte de parité du collectif 50/50 affiche un jury -avec cinq femmes et trois hommes-majoritairement féminin. Une lutte pour l’inclusion qui se joue à tous les niveaux. Explications.

Sommaire

  • L’association 50/50, ou la parité dans le cinéma
  • Les chiffres : la première bataille du collectif 50/50
  • La nouvelle garde féminine

La photo a fait la une du New York Times en 2018. Le festival de Cannes connaissait pour sa 71ème édition un moment fort comme on les affectionne sur la croisette : 82 femmes du monde du cinéma (actrices réalisatrices, productrices…) se tenaient sur les marches du palais pour sensibiliser le pouvoir publique sur l’équité et la réelle diversité dans l’industrie du cinéma. Trois mois après la détonation de l’affaire Weinstein, cette montée des marches 100 % féminine, a été pensée et organisée par le collectif 50/50 (pour 2020) « pour mettre l’accent sur une prise de conscience collective ».

L’association 50/50, ou la parité dans le cinéma

Né de l’association « Deuxième Regard », le collectif qui réunit aujourd’hui 1500 professionnels, dont Jacques Audiard, Virginie Despentes, Céline Sciamma, Rebecca Zlotiwski, parmi d’autres, agrège les travaux d’une association, le Deuxième Regard, qui lutte contre les stéréotypes de genre au cinéma. « Au départ on s’appelait « le collectif 50 /50 objectif 2020 » même si on savait bien que l’objectif ne serait pas atteint aussi vite mais il fallait des repères chiffrés pour marquer l’urgence de la situation. Nous pouvons être fiers de notre bilan. Nous avons a réussi à mobiliser toute l’industrie du cinéma notamment avec notre charte signée -après Cannes- par plus de 150 festivals, mais aussi en pouvant parler d’inclusion sans que cela paraisse porter atteinte à la liberté de la création, qui est une spécificité très française.» nous explique la productrice Laurence Lascary (De l’Autre Côté du Périph) et co-présidente du Collectif 50/50.

Les chiffres : la première bataille du collectif 50/50

Leur cheval de bataille ? Les chiffres récoltés chaque année par une société «la quadrature du sexe» spécialiste de la data au féminin, qui permet de constater et de suivre l’évolution de la situation de la place des femmes dans ces métiers du cinéma : 23 % de femmes réalisatrices, 6% de compositrices… et cette année seulement quatre réalisatrices sur 24 longs métrages en lice pour la palme. Seule la composition majoritairement féminine (Mati Diop, Mylène Farmer, Maggie Gyllenhaal, Jessica Hausner et Mélanie Laurent) du jury présidé par Spike Lee permet de faire bonne figure face aux exigences de la charte signée par le festival. Une parité qui est loin d’être atteinte avec un processus toujours long, mais pas insurmontable selon Laurence Lascary « le nombre de femmes réalisatrices stagnent mais nous œuvrons pour féminiser les métiers du cinéma dans l’ensemble de son écosytème. ». Charte de parité, tables rondes, mentoring (en partenariat avec Netflix), annuaire de professionnelles (la bible 50/50), leurs actions sont nombreuses pour faire bouger les choses : « cela va aussi bien de l’éducation à l’image et de la lutte contre les stéréotypes qu’à la mise en place du livre blanc contre les violences sexuelles. » rappelle-t-elle. Vendredi 8 juillet dernier, s’est tenue, pendant le festival, une conférence en lien avec leur campagne européenne « CharactHer », qui fait la lumière sur toutes les femmes qui exercent de métiers dits masculins (cascadeuse, compositrice, films d’animation… ). Une initiative destinée à offrir aux jeunes filles de nouveaux rôles-modèles.

« Le nombre de femmes réalisatrices stagnent mais nous œuvrons pour féminiser les métiers du cinéma dans l’ensemble de son écosytème. » Laurence Lascary, co-présidente du Collectif 50/50

La nouvelle garde féminine

Avec l’avènement d’une nouvelle génération de réalisatrices engagées dont les films ont été auréolés de succès (« ADN », « Papicha », « Tu mérites un amour », « La Belle et la Meute », « Divines », « Atlantique », « Un divan à Tunis », « Avant la fin de l’été »… ), le cinéma ne devrait plus différer longtemps cette prise de conscience. Après tout l’art n’est-il pas le terrain du changement de paradigme ?

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