Comment s’informer sur l’infertilité, qui touche un couple sur quatre?

La 8ème édition de la semaine de l'infertilité est l'occasion de sensibiliser sur les problèmes de procréation. Avec une journée d'information dédiée, aujourd'hui, samedi 6 novembre. La mobilisation prend de l'ampleur depuis que la loi sur la bioéthique entrée en vigueur à la rentrée. Virginie Rio, présidente de l'association BAMP! nous en parle.

Sommaire

  • Un phénomène qui touche à la fois les hommes et les femmes
  • Des chiffres alarmants
  • AMP pour toutes, la loi de bioéthique de 2021
  • Une demande inattendue
  • L’infertilité, un sujet de santé publique
  • #Infertilitétousconcernés

Un phénomène qui touche à la fois les hommes et les femmes

En Janvier dernier, l’Ined (Institut national d’études démographiques) et l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) ont mené une enquête révélant qu’en France, « un couple sur quatre ne parvient pas à obtenir une grossesse après 12 mois d’essai ». L’infertilité touche autant les hommes que les femmes. « On dit que dans un couple hétérosexuel, il y a 30% d’infertilité d’origine masculine, 30% d’origine féminine, 30% mixte (les deux partenaires ont des difficultés procréatives). Et il reste aussi 10% « d’infertilité inexpliquée », ou en tout cas inexpliquée en l’état actuel de la science » explique Virginie Rio, présidente du collectif BAMP!, une association d’aide et de soutien aux personnes infertiles que nous avons interviewé lors de la semaine de sensibilisation à l’infertilité.

Des chiffres alarmants

Chaque année entre 2008 et 2017, c’est 1,25% des femmes entre 20 ans et 49 ans qui ont été traitées pour infertilité en France, ce qui représente plus de 150 000 femmes traitées pour des difficultés à la procréation selon l’Ined.
Par ailleurs, une étude publiée dans la revue spécialisée Human Reproduction Update menée par une équipe de chercheurs internationaux a analysé des travaux portant sur plus de 42 000 hommes dans 50 pays dont la semence a été prélevée entre 1973 et 2011. Résultat, la quantité de spermatozoïdes chez les hommes a baissé de 59 %.

AMP pour toutes, la loi de bioéthique de 2021

Après des années de débats, la procréation médicalement assistée (PMA ou AMP-Assistance médicale à la Procréation) pour toutes est devenue une réalité le 2 Août 2021. Elle concerne les femmes célibataires et les couples lesbiens qui peuvent désormais demander à être accompagnés dans une démarche de procréation (insémination artificielle ou FIV- Fécondation In Vitro). Par ailleurs, elle est devenue effective le 29 septembre, via ses décrets d’application permettant aux professionnels de santé de lancer les procédures. Néanmoins, les professionnels de l’AMP tirent la sonnette d’alarme : les demandes affluent et les listes d’attente s’allongent.

Une demande inattendue

A la mi-septembre, « On s’attendait à 1000 demandes supplémentaire en 2021, on est déjà plutôt autour de 3500 » indiquait à l’AFP, l’entourage du ministre de la santé. « On manque de matériel et de personnel, les services publics ne sont pas adaptés pour accueillir un volume aussi important », explique Virginie Rio. « La solution » ajoute-t-elle, « serait d’ouvrir le don de sperme, d’ovocyte et d’autoconservation aux centres privés d’AMP ». Or le gouvernement et les députés ont opté pour le chemin inverse : la loi réserve pour le moment cette activité aux seuls centres publics, limitant de facto l’accès aux traitements d’infertilité aussi aux couples.

L’infertilité, un sujet de santé publique

« Cela fait 7 ans qu’on organise chaque année une semaine de sensibilisation à l’infertilité. Cette année, c’est la première fois qu’on a une couverture médiatique aussi importante. On passe une étape » selon la présidente de l’association BAMP!. Elle ajoute que la difficulté à procréer « devient un sujet de santé publique, via le vote de la loi bioéthique qui institue la mise en place d’un plan de fertilité. On a par ailleurs, une considération de la part de l’Etat avec la mise en place de ce plan qui permet coordonner les différents ministères pour faire de l’information, de la sensibilisation et de l’éducation à l’infertilité ».

« La difficulté à procréer devient un sujet de santé publique, via le vote de la loi bioéthique qui institue la mise en place d’un plan de fertilité » Virginie Rio, présidente du collectif BAMP!

#Infertilitétousconcernés

Dans le cadre de cette semaine dédiée à l’infertilité, samedi 6 novembre, le média parental Magicmaman et le collectif BAMP! organisent la 8e édition de la Journée de l’Infertilité en 100% digital, via la page Facebook et le site Magic Maman.

Au programme, plus 20 experts en infertilité et professionnels de santé – les Dr Thierry Harvey, Pr René Frydman,  Pr Jean-Marc Ayoubi, Pr Florence Boitrelle, Dr Sylvie Alvarez, Dr Chadi Yazbeck et le Dr Guérin pour ne citer qu’eux. Ils seront en ligne pour éclairer et apporter des réponses en direct, via les réseaux sociaux, sur les grandes causes des difficultés à procréer, les démarches à entreprendre pour initier un parcours d’accompagnement, les nouvelles techniques à disposition du corps médicale et, enfin, rappeler les problématiques de fertilité à l’épreuve de l’âge . Au # de ralliement:  #Infertilitétousconcernés, un message fort et concernant que les organisateurs souhaitaient faire passer afin de sensibiliser le grand public.

La comédienne Ingrid Chauvin, marraine de cette 8ème édition a prêté sa voix pour la campagne de sensibilisation à l’infertilité.

 

 

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