Transition énergétique : deux femmes à la tête de Veolia et Suez

Engie, Veolia et Suez, les poids lourds de la transition énergétique, seront bientôt dirigés par des femmes.

Sommaire

  • Une révolution tranquille dans le capitalisme français
  • Très à l’aise dans le monde anglo-saxon
  • « Si vous voulez être innovant, vous devez être diversifié »
  • Une femme à la tête du « nouveau Suez »
  • Allemagne, Japon, Suisse

Début 2021, les deux poids lourds français de la transition énergétique, experts des métiers de l’eau et des déchets se regardent en chien de faïence. En février, Veolia -26 milliards de CA- dirigé par Antoine Frérot, a déposé une offre de rachat de son concurrent Suez -17 milliards de CA- piloté par Bertrand Camus. Le feuilleton déchire l’establishment politico-industriel de l’hexagone, un milieu de mâles alphas…

Une révolution tranquille dans le capitalisme français

Un an plus tard, changement complet de paysage ! Le 18 janvier, Veolia finira d’absorber la plus grande partie de Suez devenant un géant de 37 milliards d’euros et de 230 000 employé.e.s. Le nouveau Suez -plus petit avec 40% des actifs et plus de 40 000 personnes- se recentrera sur la France et une partie de l’Europe tout en conservant quelques positions en Asie et en Afrique. Les cartes sont donc redistribuées. Et les lignes bougent car, d’ici l’été, les deux groupes industriels seront dirigés par des femmes. Une révolution tranquille dans le capitalisme français.

Très à l’aise dans le monde anglo-saxon

Veolia vient d’annoncer qu’Estelle Brachlianoff (49 ans) succédera à Antoine Frérot en juillet. Elle devient la deuxième femme à occuper aujourd’hui des fonctions exécutives au sein du CAC40, avec la directrice générale Catherine McGregor d’Engie. Dauphine du président depuis 2018, « Estelle Brachlianoff a fait ses preuves en interne depuis qu’en 2005, la jeune polytechnicienne (X-Ponts) a rejoint Veolia, prenant la direction des activités déchets d’Ile-de-France en 2010 et celle du Royaume-Uni en 2012 », explique Les Echos. Le quotidien économique précise qu’Estelle Brachlianoff « fait aujourd’hui partie de ces rares dirigeants français très à l’aise dans le monde anglo-saxon ». Elle siège également au conseil d’administration du groupe de luxe Hermès.

« faut former les femmes, mais aussi les hommes pour qu’ils identifient les biais cognitifs ». Estelle Brachlianoff, Le Monde, janvier 2020

Si vous voulez être innovant, vous devez être diversifié

Dressant son portrait en 2015, le Financial Times indiquait que l’un de ses grands-pères était d’origine bulgare. Interrogée par le quotidien des affaires de la City, elle insistait ainsi sur sa différence « et pas seulement parce que je suis une femme. (…) Je suis française et je suis une femme. C’est pourquoi je crois à la mixité dans les équipes. Si vous voulez être innovant, vous devez être diversifié. Je suis en train de changer l’entreprise et je trouve cela très excitant. » Dans une interview au Monde, elle indiquait aussi qu’il « faut former les femmes, mais aussi les hommes pour qu’ils identifient (leurs) biais cognitifs ».

Une femme à la tête du « nouveau Suez »

Même révolution du côté du « nouveau Suez » qui regroupera d’ici la fin janvier les activités qui n’ont pas été reprises par Veolia. Incapable de départager deux dirigeants de Suez en lice, Maximilien Pellegrini -directeur général de l’eau en France- et Ana Giros, directrice générale adjointe chargée de l’international et des grands comptes industriels, le consortium de repreneurs -Meridiam, GIP et la Caisse des Dépôts- est allé chercher une candidate externe pour le diriger : Sabrina Soussan (52 ans), profil international et féminin. Le fonds américain GIP aurait pesé dans ce choix…

Allemagne, Japon, Suisse

Ingénieure, détentrice d’un MBA, Sabrina Soussan a donc un profil encore plus international que celui de la nouvelle DG de Veolia. Après trois ans chez Renault, elle intègre Siemens où elle passera plus de vingt ans. Elle fera également un passage par le Japon. Après quelques mois à la tête du groupe suisse Dormakaba spécialiste de la sécurité, Sabrina Soussan accepte de prendre le poste de DG de Suez fin novembre 2021. A l’annonce de son départ « après seulement huit mois de présidence, le cours de l’action de la société a chuté de 13,5%, un événement unique dans l’histoire de la bourse suisse », explique le magazine économique suisse Bilanz.

Engie, Veolia, Suez… Au-delà des enjeux majeurs que ces trois groupes devront gérer, nul doute que se joue également le rôle des femmes à la tête d’une industrie française, autrefois considérée comme la chasse gardée de « boys’ clubs ». A suivre donc…

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