Vues du Monde : Inegalité des femmes dans la crise

Un rapport de l'ONG Oxfam pointe les inégalités de richesses. Pauvres ou milliardaires, les femmes sont les grandes perdantes de la pandémie. Conclusion : les femmes dans la crise performent moins bien.

Sommaire

  • Les femmes dans la crise ?
  • Les dix hommes les plus riches ont doublé leur fortune
  • L’impact de la pandémie chez les plus démunies
  • Des femmes exposées
  • Le Boys’ club des milliardaires
  • Aucune femme dans les dix premières fortunes

 

Les femmes dans la crise ?

Un rapport récent de l’ONG Oxfam -largement repris dans la presse- dénonce un monde de plus en plus inégalitaire. La richesse des dix hommes les plus fortunés du monde a ainsi doublé de mars 2020 à novembre 2021. Inégalitaire certes, mais Oxfam aurait pu ajouter non inclusif. Car les femmes en bas mais aussi en haut de l’échelle semblent être les grandes perdantes de la pandémie. Difficile pour les femmes dans la crise.

Les dix hommes les plus riches ont doublé leur fortune

« Les dix hommes les plus riches du monde ont plus que doublé leur fortune, passant de 700 milliards de dollars à 1 500 milliards de dollars, soit 15 000 dollars par seconde ou 1,3 milliard de dollars par jour, au cours des deux premières années d’une pandémie qui a fait chuter les revenus de 99 % de l’humanité et plongé plus de 160 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté », peut-on lire dans le rapport.

« 252 hommes se partagent plus de richesses que le milliard de filles et de femmes qui vivent en Afrique, en Amérique latine et aux Caraïbes réunies », ajoute Oxfam.

 

L’impact de la pandémie chez les plus démunies

A cause de la pandémie, des décennies de progrès pour la condition féminine sont remises en cause, en particulier dans les pays émergents. « En 1998, la moitié seulement des filles du monde étaient scolarisées, 25 ans plus tard, cette proportion est passée à 2 sur 3 », analyse le site Bloomberg.

Des femmes mieux éduquées et qui vivent plus longtemps : « une fille née aujourd’hui vivra, en moyenne, huit ans de plus qu’une fille née il y a 25 ans », indique Bloomberg. Selon l’ancien économiste de la Banque mondiale et secrétaire au Trésor américain, Lawrence Summers, l’éducation des jeunes filles « pourrait bien être l’investissement le plus rentable à disposition dans le monde en développement ».

« (L’éducation des jeunes filles) pourrait bien être l’investissement le plus rentable à disposition dans le monde en développement » Lawrence Summers, ancien secrétaire au Trésor américain

Des femmes exposées

Mais la crise sanitaire a mis en pause ces années de progrès. 124 millions de personnes sont passées sous le seuil de pauvreté en 2020 barre cette année-là. Selon la Banque mondiale 163 millions de personnes supplémentaires pourraient les rejoindre en 2021. Et les femmes sont les plus exposées. Des millions de femmes ont quitté le marché du travail depuis le début de la pandémie.

Des chercheurs de l’université de Denver prévoient qu’il faudra attendre 2030 pour que le nombre de femmes et de filles vivant dans l’extrême pauvreté retrouve son niveau d’avant la pandémie. En mai 2021, le G7 a ainsi fait de l’égalité des sexes et de l’empowerment féminin le cœur de sa stratégie de reconstruction du monde post-COVID.

Le Boys’ club des milliardaires

Les femmes milliardaires sont aussi les grandes perdantes de la pandémie et de l’émergence des grosses fortunes de la tech. Encore présentes il y a quelques années, notamment grâce à Liliane Bettencourt, l’héritière du fondateur de L’Oréal (décédée en 2017), elles ont disparu de la liste des dix plus grosses fortunes mondiales.

femmes dans la crise

Liliane Bettencourt et sa fille Françoise Bettencourt-Meyers en 2011 Photo by Mousse/ABACAPRESS.COM

Au 18 janvier, la première femme au classement des milliardaires de Bloomberg, Françoise Bettencourt Meyers (69 ans), la fille de Liliane Bettencourt, ne pointe qu’à la quatorzième place. Avec une fortune évaluée à 85,9 milliards de dollars, elle est loin du trio de tête des Elon Musk (269 milliards), Jeff Bezos (187 milliards) et Bernard Arnault (164 milliards). Sur un an, elle a perdu 7,7 milliards au gré des fluctuations du cours de bourse du premier groupe cosmétique mondial.

Aucune femme dans les dix premières fortunes

Elle est suivie par Alice Walton (72 ans) – famille contrôlant WalMart – à la vingtième place de l’index avec une fortune de 62,8 milliards. Vingt-deuxième, Flesher Koch (59 ans) est la veuve de David Koch, ancien dirigeant de Koch Industries, l’une des plus grandes entreprises des États-Unis en termes de revenus. François Pinault, 29e fortune mondiale, est devancé par MacKenzie Scott (51 ans), l’ex de Jeff Bezos, et de Jacqueline Badger Mars (82 ans), l’une des héritières du groupe de confiseries Mars.

Aucune femme donc dans les dix premières fortunes, deux dans les vingt premières et au total cinq femmes dans le Top 30… Les femmes dans la crise, même en haut de l’échelle, sont encore les grandes perdantes de la pandémie.

 

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