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JO Tokyo 2020: 10 athlètes féminines françaises à suivre

À l’approche de la 32e édition des JO à Tokyo, la rédaction a choisi de mettre en lumière les athlètes féminines qui performeront sous les couleurs de la France. Portrait de ces femmes pour qui sport rime avec compétition et dépassement de soi, dans un monde traditionnellement masculin et encore inégalitaire.

Sommaire

  • Rénelle Lamote : la reine du 800 mètres
  • Pénélope Leprévost : une cavalière française qui n’a pas peur des obstacles
  • Maïva Hamadouche : la boxeuse monte sur le ring
  • Clarisse Agbegnenou : la judoka porte drapeau de la délégation française
  • Mélina Robert-Michon : l’infatigable championne du lancer de disque
  • Susan Jeptooo : spécialiste de l’endurance
  • Alexandra Thavernier : la puissance et la maîtrise
  • Yanis David : spécialiste du triple saut et du saut en longueur
  • Charline Picon : la véliplanchiste une nouvelle fois consacrée ?
  • Johanne Defay : la dompteuse de vagues
  • Le sexisme dans les Jeux Olympiques

Rénelle Lamote : la reine du 800 mètres

À 27 ans, Rénelle Lamote est la double vice-championne d’Europe du 800 mètres. Après une année 2017 mise à mal à cause de plusieurs blessures, l’athlète française décroche plusieurs médailles d’argent, comme lors des championnats d’Europe en 2018 à Berlin, ou encore pour l’épreuve du 1 000 m au Birmingham Grand Prix en battant son record personnel. Elle remporte également la médaille d’argent pour le 800 m des championnats d’Europe en salle 2019 à Glasgow. Elle signe le 2e meilleur temps de sa carrière pour le 1er juin 2021 au Meeting de Montreuil. Le 27 juin dernier, l’athlète française s’est également placée première dans cette épreuve, à l’occasion du championnat de France d’Angers d’Athlétisme avec un temps de 2’00”25. Ces scores très encourageants et prometteurs la consacrent parmi les athlètes favoris de ces JO et lui permettront sûrement d’aborder plus sereinement la compétition.

Pénélope Leprévost : une cavalière française qui n’a pas peur des obstacles.

Née en 1980 à Rouen, Pénélope Leprévost est l’une des cavalières françaises les plus attendues de ces Jeux olympiques de Tokyo. Spécialiste de sauts d’obstacles, cette championne olympique s’est largement démarquée aux JO de Rio en 2016 lors de l’épreuve de sauts d’obstacles en équipe. Avec son cheval Flora de Mariposa elle remporte la médaille d’or. Aujourd’hui, grâce aux deux argents par équipe qu’elle a gagnées lors des Jeux équestres mondiaux de Lexington en 2010 et 2014, elle est la vice-championne du monde de sa discipline.

Maïva Hamadouche : la boxeuse monte sur le ring

L’ancienne fonctionnaire de police tente pour la première fois sa chance à Tokyo. Professionnelle depuis 2013, la jeune boxeuse albigeoise de 31 ans est déjà championne du monde IBF dans la catégorie des super-plumes. Elle est médaillée d’argent en 2019 en boxe amateure avant de revenir dans la boxe professionnelle pour les sélections aux jeux olympiques. On pourra la suivre dès le 27 juillet à Tokyo à l’occasion du seizième de finale avant la finale du 8 août. Sa principale adversaire reste la brésilienne Beatriz Ferreira, sacrée championne du monde en Russie en octobre 2019.

Clarisse Agbegnenou : la judokate porte drapeau de la délégation française

La judokate Clarisse Agbegnenou est le porte-drapeau de la délégation française avec Samir Aït Saïd pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Elle peut être fier de son palmarès avec ses cinq titres de championnes du monde en individuel et cinq titres européens. Surnommée “la Teddy Riner au féminin”, elle peut se targuer d’être l’athlète bleue avec le plus de titres aux Mondiaux, si l’on exclut Teddy Riner qui cumule dix sacres. Médaillée d’argent à Rio pour sa première participation, elle vise l’or cette année.

Mélina Robert-Michon : l’infatigable championne du lancer de disque

À 42 ans, cette vice-championne du monde aux Championnats du monde d’athlétisme de Moscou en 2013 et aux Jeux olympiques de Rio en 2016 est une athlète expérimentée. Vice-championne d’Europe en 2014 et médaillée de bronze en 2017 à Londres. Après l’argent à Rio, c’est l’or que la lyonnaise vise cette année. Elle est la toute première à avoir été nommée à trois reprises “Athlète française de l’année”. Beaucoup de yeux seront donc rivés vers celle qui demeure la détentrice du record français de lancer de disque depuis 2000.

Susan Jeptooo : spécialiste de l’endurance

Sponsorisée par Adidas depuis cette année, Susan Jeptooo est l’unique sportive française qui courra le marathon féminin des Jeux olympiques de Tokyo. Également spécialiste des courses de fonds (5 000/10 000 mètres et cross country), elle est sacrée vice-championne de France du 10 000 mètres en 2020, avant d’atteindre cette année les minimas olympiques pour le marathon. En juin dernier, elle est parvenue à la troisième place des Championnats de France Elites à Angers, pour le 5 000 mètres.

Alexandra Thavernier : la puissance et la maîtrise

82 kg pour 1,70m, Alexandra Thavernier n’a pas à rougir de son gabarit ni de son palmarès dans une discipline qui n’admet officiellement les femmes que depuis 1995. Elle remporte en 2012 le concours de lancer de marteau des championnats du monde junior en projetant un marteau de 4kg à plus de 70 mètres de distance. Elle est médaillée de bronze aux championnats du monde en 2015, vice-championne d’Europe à Berlin en 2018 et multiple recordwoman de France avec notamment un lancer à 75,38 mètres. Nous suivrons son parcours de près en espérant qu’elle continue sur sa lancée.

Yanis David : spécialiste du triple saut et du saut en longueur

À 23 ans, elle peut déjà se targuer de 4 médailles d’or aux JO de la jeunesse (2014), aux championnats juniors du monde d’athlétisme (2016), aux championnats d’Europe espoirs d’athlétisme (2017), aux Jeux méditerranéens (2018). Malgré une blessure aux ischio-jambiers en 2018, elle a su se relever en faisant preuve de résilience. Elle aborde les JO avec confiance même si elle est habituée à se nourrir de l’ambiance du stade pour mieux performer. Elle déclare dans une interview au Tim’s magazine en juin 2021 “le concours et mes adversaires m’apporteront de l’adrénaline et me pousseront à aller chercher de bonnes performances”.

Charline Picon : la véliplanchiste une nouvelle fois consacrée ?

Cette sportive originaire de Royan a de la bouteille et n’en est pas à son premier coup d’essai. Elle est, en effet, championne du monde (2014) , médaillée d’or au JO de 2016 à Rio et multiple championne d’Europe (2013, 2014, 2016, 2020, 2021). Son année sabbatique en 2016-17 pour donner naissance à son premier enfant ne l’a visiblement pas empêché de continuer à briller. On peut s’attendre à une très bonne performance de celle qui est titulaire de la Légion d’honneur depuis 2016. Elle a d’ailleurs terminé première et deuxième de toutes les séries d’ouverture aux JO de Tokyo. A suivre de près.

Johanne Defay : la dompteuse de vagues

Rien ne prédestinait au surf cette originaire du Puy en Velay. Pourtant, dès qu’elle peut pratiquer ce sport dans sa jeunesse à la Réunion, elle saisit l’occasion. Elle commence sa carrière en étant championne d’Europe junior en 2009. Elle enchaîne ensuite les titres dont notamment la World Surf League en 2015 et le Surf ranch pro en 2021. Elle peine au début de sa carrière pour trouver des sponsors et lance des campagnes de financement participatif. Elle parvient à être sponsorisée par la Française des Jeux, ce qui lui permet de mener en parallèle des études de commerce à l’EM Lyon à partir de 2020. C’est sûrement pleine d’espoir et d’excitation qu’elle aborde ces JO de Tokyo, qui sont les premiers à accueillir le surf comme épreuve olympique.

Le sexisme dans les Jeux Olympiques

Les femmes sont admises à participer aux JO à partir de 1900. Pour autant, la féminisation de l’évènement est très lente et progressive. Elles ne peuvent pas participer à toutes les épreuves du fait de la féminité et de la fragilité qu’on leur prête. “Le déséquilibre sexué domine tout au long du XXe siècle” d’après un article de Yannick Rida publié sur l’EHNE, (“les femmes aux Jeux Olympiques ») et cela y compris au sein du CIO (Comité Internationale Olympique), organe chargé d’organiser la bonne tenue de l’événement.

Les revendications pour une juste considération des athlètes féminines ne datent cependant pas d’hier. En effet, la nageuse et hockeyeuse Alice Milliat est une militante de la première heure pour la reconnaissance internationale du sport féminin. Elle est présidente de la FSFSF (Fédération des Sociétés Féminines Sportives de France) à partir de 1919 et réclame des épreuves d’athlétisme aux JO suivants (demande qui n’aboutira pas). Sous sa présidence sont organisés les premiers championnats de football féminin et des Olympiades féminines de 1922 à 1934 pour tenter de faire bouger les lignes au sein du CIO.

« Le déséquilibre sexué domine tout au long du XXe siècle » Yannick Rida

Depuis 2007, la Charte Olympique rend obligatoire la présence des femmes dans toutes les disciplines des JO. On note cependant la persistance d’une différence de traitement entre les hommes et les femmes parmi certaines épreuves. En effet, comme nous l’avons rappelé dans un article précédant, « Pourquoi le décathlon est-il encore seulement réservé aux hommes ?”, l’épreuve du décathlon ne reste accessible qu’aux athlètes masculins. Les femmes ont leur propre compétition multisports, l’heptathlon. La route est encore longue pour une pleine reconnaissance du sport féminin et de ses athlètes dont nous relatons l’histoire des pionnières, celles qui ont ouvert la voie, comme Charlotte Cooper, Suzanne Lenglen ou Alice Milliat, tout au long de ces Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

 

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