JO Tokyo 2020 : des femmes qui bousculent les (dress)codes

Les nouvelles générations d’athlètes féminins agissent pour choisir la tenue la plus adaptée à leur pratique sportive, à l'image des gymnastes allemandes qui optent pour une combinaison couvrante lors leur qualification aux JO de Tokyo 2020. Retour sur leurs motivations.

Sommaire

  • Une petite révolution contre l’ordre établi
  • La victoire ou le confort

Une petite révolution contre l’ordre établi

Les gymnastes allemandes ont laissé tomber dimanche 25 juillet le justaucorps lors de la dernière phase de qualification des Jeux Olympiques de Tokyo 2021, pour une combinaison qui recouvre totalement les jambes. Elisabeth Seitz, Sarah Voss, Pauline Schaefer-Betz et Kim Bui ont souhaité être plus confortables. Comme l’explique Sarah Voss sur son compte Instagram, elles ont envie de « se sentir bien et de rester élégante » grâce à leurs combinaisons rouge et blanche, constellées de brillants. Et elles ont créés la polémique.
Il y a quelques jours déjà, la planète sport avait été agitée par un autre choix de tenue non réglementaire. Lors de leur dernier match aux championnats d’Europe de beach handball, lundi 19 juillet, les joueuses de l’équipe norvégienne ont choisi d’abandonner le bikini réglementaire pour un shorty bleu, plutôt moulant. Après s’être conformées pendant toute la compétition au bikini, elles ont décidé de disputer leur dernier match avec cette nouvelle tenue pour laquelle elles ont été sanctionnées quelques jours plus tard. Elles ont ainsi écopé de 150 euros d’amende chacune, soit au total 1500 euros pour cette transgression vestimentaire.

« Ensemble nous allons continuer le combat pour faire changer les règles concernant les vêtements. «  la Fédération norvégienne de Handball.

Ce rappel à l’ordre des instances sportives européennes a toutefois créé un tollé dans les milieux sportifs et suscité l’indignation de plusieurs personnalités. Le président Eirik Sørdahl de la Fédération norvégienne de volley-ball a déclaré : « En 2021, cela ne devrait même pas être un sujet » auprès de l’agence nationale NTB, d’autant que, lors des compétitions de beach volley, le bikini pour les athlètes femmes n’est plus obligatoire depuis 2012. La Fédération norvégienne de Handball s’est prononcée aussi en soutien de ses joueuses : « Ensemble, nous allons continuer le combat pour faire changer les règles concernant les vêtements. »

La victoire ou le confort

La motivation qui sous-tend ces changements d’habillage est simple : être dans l’inconfort peut nuire aux performance sportives des femmes et parfois cela peut mettre mal à l’aise certaines athlètes. Au handball de plage, les athlètes hommes portent des shorts qui descendent à mi-cuisse. Ce n’est pas le cas de l’équipe féminine. La règle officielle de la Fédération internationale de handball parle d’elle-même : « Les joueuses doivent porter des bas de bikini (…) ajustés et échancrés » et il est précisé que « les côtés doivent être larges d’au maximum 10cm ».

De la même façon, en gymnastique, la plupart des hommes portent une tenue couvrante. L’équipe féminine allemande souhaite renforcer au niveau mondial le signal haut et fort que le choix vestimentaire appartient aux athlètes, dans la limite de la pratique de chaque sport. Aux derniers championnats d’Europe de gymnastique de Bâle, les gymnastes teutonnes avaient déjà délaissé le justaucorps sexualisant pour une combinaison. Parmi elles, Sarah Voss déclarait alors à la radio allemande ZDF : « en gymnastique, plus vous grandissez et quittez votre corps d’enfant, plus cela devient difficile. Quand j’étais petite, je n’avais aucun problème avec le justaucorps et sa coupe échancrée, mais quand la puberté est arrivée, là j’ai senti un inconfort, un malaise croissant ». Autorisé par la fédération, c’est pourtant la première fois qu’une athlète avait osé le changement de tenue. La prise de conscience sur les conditions d’exercice du sport féminin semble se généraliser et une petite révolution s’invite dans les vestiaires.

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