Où en est-on de la lutte contre l’homophobie? L’histoire des droits LGBT+

Le 17 mai marque la journée mondiale de la lutte contre les discriminations envers la communauté LGBT+ (Lesbiennes, Bisexuels, Gays, Transgenre et autre orientations sexuelles et de genre). Bien que la stratégie nationale progresse vers une égalité des droits, les discriminations augmentent. On fait le point.

Sommaire

    • À l’origine de la Journée Mondiale de lutte contre l’homophobie
    • La communauté LGBT+, cible de multiples discriminations
    • Des mesures pour lutter contre les atteintes aux LGBT+ en France
    • Aux sources d’un mouvement en quête de libertés: le « Stonewall Inn »
    • La naissance des protestations en France
    • Des mesures pour lutter contre les atteintes aux LGBT+ en France
    • La naissance des protestations en France
    • Vers une égalité des droits

Le sigle LGBT apparaît dans les années 1990 car le terme « homosexuel » (« gay ») est considéré comme trop restrictif. Le communauté LGBT englobe alors soit une orientation sexuelle (lesbienne, gay, bisexuel), soit une identité de genre (transsexuel et transgenre). Il est souvent accompagné d’un « + » pour inclure d’autres orientations sexuelles, identités et expressions de genre et est aujourd’hui étendu à LGBTQIA+ pour inclure les identités Queer, Intersexes et Asexuelles.

À l’origine de la Journée Mondiale de lutte contre l’homophobie

En 2005, Louis Georges Tin – un universitaire français – lance une journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie. Ayant souffert de l’isolement durant sa jeunesse en Martinique, il décide d’inscrire cette journée à l’agenda international. Selon lui la discrimination aux Antilles est aussi « vraie dans beaucoup de pays du monde, il y a encore aujourd’hui plus de 70 pays dans le monde où l’homosexualité est passible de poursuites pénales » explique-t-il ce mardi dans l’émission « Mots pour maux » sur la chaine Martinique la 1ère. Il choisit alors la date du 17 mai, pour commémorer la décision de l’OMS en 1990 de ne plus considérer l’homosexualité comme une maladie mentale. Même si l’acceptation sociale sur les questions d’orientation sexuelles et d’identité de genre se démocratise, la communauté LGBT reste la cible de nombreuses violences et de discriminations.

« Il y a encore aujourd’hui plus de 70 pays dans le monde où l’homosexualité est passible de poursuites pénales. » Georges Louis-Tin, militant et universitaire français

La communauté LGBT, cible de multiples discriminations

Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, les forces de police et de gendarmerie ont recensé 1870 victimes d’actes homophobes et transphobes en 2019 contre 1380 en 2018 aussi bien dans les zones rurales que dans les villes.
Le milieu du travail n’en est pas moins épargné. Dans son guide « Agir contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre dans l’emploi », le Défenseur des droits cite plusieurs études qui révèlent que 20% des personnes LGBT+ déclarent s’être senties discriminées dans la recherche d’un emploi. Par ailleurs, une étude de l’INSEE publiée en 2014 met en évidence une différence de salaire entre les hommes homosexuels et les hommes hétérosexuels. Les hommes de la communauté LGBT+ gagneraient environ 6,5% de moins dans le secteur privé et 5,5% de moins dans le secteur public.

Des mesures pour lutter contre les atteintes aux LGBT+ en France

Depuis quelques années des politiques visent à renforcer la lutte contre les discriminations. En 2001 par exemple, la loi relative à la lutte contre les discriminations introduit des mesures condamnant explicitement celles fondées sur l’orientation sexuelle et devient une circonstance aggravante en 2003. Aujourd’hui, une personne victime de LGBTphobie peut saisir la justice afin de faire valoir ses droits. Le code pénal définit les peines encourues pour les cas de discrimination, de harcèlement, de diffamation publique, d’injure à caractère homophobe ou transphobe selon le site vie-publique.fr

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Aux sources d’un mouvement en quête de libertés: le « Stonewall Inn »

Les premiers mouvements contre les discriminations ont vu le jour il y a plus d’un demi-siècle. En 1969, les clients homosexuels et transsexuels d’un bar de New-York, le « Stonewall Inn » se révoltent contre la multiplication des contrôles de police menés à leur encontre. S’ensuivent plusieurs jours d’émeutes ce qui marquera le début des protestations de la lutte pour les droits des homosexuels. Naît alors en 1970, la « Gay Pride », la première marche pour la reconnaissance des homosexuels (« Gay Pride ») qui sera ensuite déclinée dans de nombreux pays.

La naissance des protestations en France

En France, le Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) crée en 1971 par Françoise d’Eaubonne porte un discours politique dans une perspective de transformation de la société. Issue des mouvements étudiants de Mai 68, elle rompt avec l’ancien militantisme LGBT+ qui était assimilationniste (le droit à l’indifférence était revendiqué). Les militants revendiquent leur différence avec des formules chocs. En 1977, après avoir défilé les 1er mai aux côtés du Mouvement de libération des femmes (MLF), les homosexuels organisent la première « Gay Pride » à Paris.

Pour rappel, le crime de sodomie (souvent assimilé à l’homosexualité) avait été dépénalisé en 1791. En revanche, l’homosexualité avait été classée en tant que « fléau social » en 1960, au même titre que l’alcoolisme, la tuberculose, la toxicomanie, le proxénétisme ou la prostitution par l’introduction de l’amendement du député Paul Mirguet à la loi contre les fléaux sociaux. Cet amendement ne sera abrogé qu’en 1980, sur proposition de la Secrétaire d’Etat Monique Pelletier, sous le gouvernement de Raymond Barre.

Vers une égalité des droits

La stratégie nationale actuelle vise désormais une égalité des droits avec des mesures telles que l’ouverture du pacte civil de solidarité (PACS) en 1999 pour les couples de même sexe, puis l’ouverture au mariage et à l’adoption depuis 2013. La France devient alors le 9e pays de l’Union européenne à autoriser le mariage homosexuel et le 14e pays dans le monde.
Les personnes trans ont également vu leurs droits progresser. La loi du 18 novembre 2016 a simplifié les procédures de changement de prénom et d’état civil. Les intervenant lors d’un parcours médical de transition peuvent par ailleurs faire l’objet d’une prise en charge par la sécurité sociale.

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