La gentillesse, un frein dans la carrière d’une femme ?

Synonyme de faiblesse et de naïveté, la gentillesse peut être mal perçue en entreprise. Pourtant elle peut représenter une force. A l'occasion de la journée internationale de la gentillesse, le mercredi 3 novembre, Emmanuel Jaffelin, écrivain et Paul Devaux, coach de dirigeants et fondateur de l'école NRGy nous ont fait part de leur point de vue.

Sommaire

  • Le terme gentillesse, une notion ambiguë
  • Un trait de caractère féminin ?
  • La gentillesse constitue une force

A l’occasion de la journée internationale de la gentillesse le mercredi 3 novembre 2021, la rédaction du média Informelle s’est interrogé sur la notion de la gentillesse et ses effets dans la carrière professionnelle des femmes.

Le terme gentillesse, une notion ambiguë

La gentillesse est définie comme la qualité d’une personne aimable et bienveillante. Néanmoins, dans le langage populaire et dans le monde du travail, cet adjectif est souvent connoté de manière péjorative et est à tort associé à de la naïveté. L’ambiguïté de ce terme n’est pas quelque chose de nouveau. En effet comme le souligne Emmanuel Jaffelin dans son livre « Osez la gentillesse en entreprise » la notion de gentillesse a changé de sens tout au long de l’histoire. Le terme « gentil » vient de « gentilis » en latin et désignait les nobles au moyen-âge. A cette époque, appartenir au rang de noble exigeait une certaine conduite : faire preuve de générosité, avoir le sens de l’honneur etc. Mais quelques siècles plus tard, le terme se décline et désigne les esclaves en romain pour souligner leur soumission aux familles fondatrices de Rome.

Un trait de caractère féminin ?

La gentillesse est un trait de caractère commun aux hommes et aux femmes. Ce n’est pas une problématique uniquement féminine et pourtant elle fait souvent débat. Mais pourquoi ? La gentillesse est-elle un frein à la carrière d’une femme ? « Non » selon Paul Devaux, coach de dirigeants et fondateur de l’école de coaching NRGy. Cependant, on remarque de manière récurrente le fait que certaines d’entre elles acceptent toutes les demandes sans grogner souvent par peur de décevoir leur hiérarchie. Ce comportement peut constituer un frein dans leur carrière parce qu’en agissant ainsi, elles pourraient prendre le risque d’être perçues comme des personnes faciles à duper ou des « bonnes poires » selon Paul Devaux.

Pour Paul Devaux, cette tendance ne vient pas de nulle part, on peut le comprendre à travers les stéréotypes de genre qui ont été entretenus par la société et par l’éducation. Ils comportent des spécificités dites féminines et dites masculines qui différencient les hommes et les femmes, et orientent par conséquent leur posture vis-à-vis des uns et des autres.

« La gentillesse, c’est la bonté du cœur, une femme n’a ni à être gentille ni méchante elle doit être intègre » Paul Devaux

Les femmes ne doivent pas être conciliantes à tout prix. Elles doivent oser dire non lorsqu’elles ne peuvent pas rendre service mais également lorsqu’elles sont confrontées à des injustices telles que des inégalités de salaire. Pour lui, la qualité primordiale pour une femme c’est l’intégrité. «La gentillesse, c’est la bonté du cœur, une femme n’a ni besoin d’être gentille ni méchante, elle doit être intègre », ce qui lui permettra  d’être toujours en accord avec elle-même et ses valeurs. Ainsi, elle ne se pliera pas sous les pressions extérieures selon Paul Devaux.

La gentillesse constitue une force

Utilisée à bon escient, la gentillesse constitue une force dans une carrière professionnelle. Contrairement aux idées reçues, management et gentillesse ne sont pas incompatibles. « La gentillesse ce n’est pas la faiblesse. Il est important de revaloriser la gentillesse dans un monde aussi cynique que le nôtre » nous explique Emmanuel Jaffelin. « Les entreprises sont darwiniennes, elles répondent au fameux struggle for life qui signifie en français combattre pour survivre. Beaucoup ont pensé que ce combat pour la survie devait commencer dans l’entreprise ».

« La gentillesse, ce n’est pas la faiblesse » Emmanuel Jaffelin

Mais la gentillesse n’est pas néfaste à la productivité puisqu’elle adoucie les relations entre les salariés d’une même entreprise. Victime d’une ambiguïté qui empêche de la rendre positive, le philosophe et écrivain, évoque les bienfaits d’une telle attitude dans son livre Osez la gentillesse en entreprise (Passeur, 2020) : La gentillesse permet de s’ouvrir, de se débarrasser de son égo et de construire une vraie relation avec autrui. Elle permet également de tisser des liens de confiance avec les collaborateurs, ce qui les rend ensuite plus engagés et efficaces. Enfin, elle permet de développer une intelligence managériale.

osez la gentillesse La gentillesse, un frein dans la carrière d’une femme ?

Livre Osez la gentillesse d’Emmanuel Jaffelin (Passeur 2020) DR

Lecture :

Emmanuel Jaffelin, Osez la gentillesse en entreprise, Passeur 2020

 

 

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