La Wishlist de la rédaction pour Noël

La rédaction d'Informelles vous propose une sélection - forcément subjective - d'essais percutants, de romans entrainants et d'albums drôles ou choc pour finir en beauté cette année 2021... Un bon moyen de décrocher des écrans pendant les vacances.

Sommaire

  • Les lectures engagées
  • Les livres ou revues qui font l’actualité
  • Les grands romans primés
  • Les bandes dessinées féministes

Les lectures engagées

« Réinventer l’amour: comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles » de Mona Chollet

À travers ce nouvel essai, publié le 4 novembre dernier, la journaliste suisse déconstruit l’influence du patriarcat dans les couples hétérosexuels. Dans la culture populaire, de nombreux automatismes sociaux influencent la vie d’un couple. Mona Chollet les présentent et les dénoncent. Elle tente également de faire comprendre la dichotomie que subissent les femmes dans un couple hétérosexuel: entre désir d’émancipation et bonheur amoureux.

Pour une ou un féministe investi(e) qui se surprend un peu trop à rêver devant un couple de prince et de princesse Disney.

« Réinventer l’amour: Comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles » de Mona Chollet chez Zones, 19 euros

« La conversation des sexes, philosophie du consentement » de Manon Garcia

Dans cette nouvelle parution sortie le 6 octobre, Manon Garcia, professeure de philosophie à l’université d’Harvard, dresse l’évolution philosophique du « consentement sexuel » à travers de nombreux auteurs internationaux. Le terme est d’abord défini avant d’expliquer comment il est perçu. Garcia rend aussi compte d’un consentement érotique, la clé de l’avenir de l’amour et du sexe selon elle.

Pour une ou un lectrice/lecteur philosophe qui souhaite comprendre la culture de la violence patriarcale

« La conversation des sexes, philosophie du consentement » de Manon Garcia chez Climats, 19 euros

« Pour que je m’aime encore » de Maryam Madjidi

L’auteure originaire de Drancy présente son parcours à travers une autobiographie prenante. Elle met en scène ses ambitions d’enfant, mais aussi les combats et les désillusions qui ont traversé sa vie. Avec humour, elle présente le cadre de vie qui l’a formé en tant que femme: sa « cité ordinaire ».

Pour une ou un amateur(e) d’écriture prenante et puissante qui sait rire de tout

« Pour que je m’aime encore » de Maryam Madjidi chez Nouvel Attila, 18 euros

« Femmes puissantes » – saison 2 – de Léa Salamé

L’ouvrage sorti en novembre dernier permet de (re)découvrir le parcours d’une dizaine de femmes qui ont la particularité de travailler dans des cercles historiquement “masculins” – comme la médecine, la justice, la politique, les forces de l’ordre – via la retranscription d’interviews menées par Léa Salamé sur France Inter.
Dans cette saison 2, on retrouve Marion Cotillard, actrice ; Lila Bouadma, médecin ; Michelle Perrot, historienne ; Arlette Laguiller, militante ; Jacqueline Laffont, avocate ; Christine Lagarde, présidente de la banque centrale européenne ; Catherine Millet, écrivaine ; Anne Hidalgo, femme politique ; Karine Lejeune, colonelle de gendarmerie ; Catherine Guillouard, présidente de la RATP ; Line Renaud, chanteuse et actrice.

Pour celles et ceux qui veulent s’inspirer et découvrir des héroïnes modernes

« Femmes puissantes » – saison 2 – de Léa Salamé chez Les Arènes, 20 euros

« Comme nous existons » de Kaoutar Harchi

Dans cette autobiographie intime et magnifiquement écrite, l’auteure présente une analyse de la perception des musulmans par l’opinion publique dans les années 2000. Kaoutar Harchi explique par la suite sa prise de conscience politique et sociétale qui a découlé de son expérience de jeune femme musulmane du début du XXIème siècle.

Pour une ou un proche qui souhaite comprendre et promouvoir la différence.

« Comme nous existons » de Kaoutar Harchi chez Actes Sud, 17 euros

Les livres ou revues qui font l’actualité

« Les Matriarches » de Laure Adler et Nadia Ferroukhi

Plongée pendant dix ans dans des communautés ethniques du monde entier, la journaliste Laure Adler et la photographe Nadia Ferroukhi retranscrivent à travers cet album les différents rôles que peuvent avoir les femmes dans les sociétés auxquelles elles appartiennent. Elles font découvrir au lecteur des femmes inspirantes qui font vivre économiquement et socialement leurs familles. Laure Adler et Nadia Ferroukhi mettent également en perspective les différents effets de transmission culturelle, à travers l’éducation que ces « matriarches » apportent, mais aussi le patrimoine qu’elles transmettent aux nouvelles générations. Un voyage instructif aux quatre coins du monde.

Pour une ou un explorateur(e) en herbe qui s’intéresse aux femmes et à leurs impacts sur la société

« Les Matriarches » de Laure Adler et Nadia Ferroukhi chez Albin Michel, 35 euros

“Pandemia, ce que nous avons vécu” de Marielle Eudes

500 clichés choisis par la directrice de la photo au sein de l’AFP, Marielle Eudes. Un choc visuel rétrospectif d’une année marquée par une pandémie hors du commun, celle du COVID-19. Marielle Eudes a sélectionné et retranscrit chronologiquement les moments capturés par les photographes de l’agence de presse française aux quatre coins du monde: le désespoir des services d’urgence débordés, les visages masqués ou encore les émotions fortes provoqués par la mort de proches. Un livre à la fois dur, utile et terriblement humain.

Pour une ou un passionné(e) de photo qui souhaite (malgré tout) garder des souvenirs d’une année pas comme les autres.

“Pandemia, ce que nous avons vécu” de Marielle Eudes chez Les Arènes/AFP, 51,35 euros

La Déferlante”, la revue des révolutions féministes

C’est la nouvelle revue trimestrielle du féminisme et de son impact dans notre société. Qu’il s’agisse de problématiques économiques, politiques ou sociales, La Déferlante veut apporter un point de vue concret et constructif à ses lecteurs.rices. Un traitement de l’actualité pertinent et un design original font la force de cette parution disponible en précommande sur le site internet dédié.

Pour une ou un féministe convaincu(e) qui souhaite pousser son analyse de l’actualité.

L’abonnement à durée libre de “La Déferlante15 euros par numéro, tous les trois mois

Les grands romans primés

Le prix Renaudot: « Premier sang » d’Amélie Nothomb

Le jury du prix Renaudot a récompensé Amélie Nothomb en novembre dernier pour son roman Premier sang. Dans cet ouvrage, Amélie Nothomb rend hommage à son papa, le diplomate belge Patrick Nothomb, décédé lors du premier confinement en mars 2020. « Donne à ton écriture le pouvoir de ressusciter ton père et de lui dire au revoir« , se dit-elle alors. L’écrivaine retrace la vie de son père. Elle plonge dans les souvenirs d’un enfant traumatisé par la mort de son père et par le désamour de sa mère. Dans sa carrière de diplomate, elle relate la négociation pour la libération des otages de Stanleyville (auj. Kisangani) au Congo…

Pour les passionné(e)s de récits de voyage et d’histoire globale

« Premier sang » d’Amélie Nothomb chez Albin Michel, 17,90 euros

Le prix Renaudot des Lycéens: « La carte postale » d’Anne Berest

En janvier 2003, au milieu des traditionnelles cartes de vœux, se trouvait dans la boîte aux lettres d’Anne Berest une carte postale anonyme. D’un côté de la carte se trouvait l’Opéra Garnier, et de l’autre, les prénoms de quatre membres de sa famille morts à Auschwitz en 1942. Avec l’aide de sa mère, d’un détective privé et d’un criminologue, Anne Berest décide, vingt ans plus tard, de mener l’enquête. Ce livre bouleversant est à la fois le roman de ses ancêtres et une quête initiatique sur la signification du mot « juif » dans une vie laïque.

Pour les amoureux/ses d’enquête et de suspens, cet ouvrage est digne d’un roman policier.

« La carte postale » d’Anne Berest chez Grasset,  24 euros

Le prix Fémina : « S’adapter » de Clara Dupont-Monod

À travers ce roman au récit prenant, la journaliste Clara Dupont-Monod sensibilise son lectorat à la question du handicap. Elle décrit l’atmosphère de la famille à laquelle appartient le personnage principal, les difficultés pour lui d’y trouver sa place, mais aussi les songes qui l’habitent et les liens forts qui se créent entre les enfants. Bouleversant, ce livre donne un écho important aux frères du personnage en situation de handicap. Le livre a été récompensé cette année du prix Fémina, du prix Landerneau et du prix Goncourt des lycéens.

Pour toutes les âmes sensibles à qui vous voulez faire prendre conscience des difficultés du handicap

« S’adapter » de Clara Dupont-Monod chez Stock, 18,50 euros

Les bandes dessinées féministes

“À mains nues” de Leïla Slimani et Clément Oubrerie

Deuxième tome de la bande dessinée biographique parue à l’automne 2020, ce nouvel opus continue de retracer la vie de Suzanne Noël, docteure et chirurgienne française, féministe engagée au début du XXème siècle pour le vote et la place des femmes dans la société. Dans le premier tome, jeune épouse de médecin, elle va se passionner pour le métier de son mari jusqu’à suivre des cours sur les bancs de l’université, seule femme parmi les étudiants. Elle va connaître les joies de la maternité, mais aussi l’horreur de la Première Guerre. Pionnière, elle va lancer de nouvelles techniques de chirurgie esthétique, réparer les gueules cassées de 14-18 et les ravages du temps sur l’étoile de l’époque, Sarah Bernhardt, qui fera sa renommée. Dans cette deuxième partie,  plus sombre, Leïla Slimani à l’écriture et Clément Oubrerie aux dessins détaillent le combat d’une femme qui a tout perdu. La mort de sa fille, la dépression qui lui a volé son mari ne l’empêchent néanmoins pas de trouver la force de se relever à travers son métier et la création des clubs de “soroptimistes” pour lesquels elle va parcourir le monde. Un message puissant de résilience humaine.

Pour une ou un jeune médecin féru(e) d’histoire

« À mains nues » de Leïla Slimani et Clément Oubrerie chez Les Arènes, 20 euros

“Alice Guy” de Catel et Bocquet

Première femme réalisatrice et grande oubliée de l’Histoire du 7ème art, Alice Guy a eu un parcours étonnant. Son destin la met sur le chemin de Léon Gaumont dont elle deviendra le double artistique, la visionnaire du cinématographe, après une première embauche en tant que sténo-dactylo. Puis elle rencontre son futur mari, Herbert Blaché, avec lequel elle va se lancer aux Etats-Unis. On redécouvre le Paris du début du XXème siècle, dans cet album en noir et blanc, à travers le dessin de Catel Muller et le scénario de José-Louis Bocquet. Puis les États-Unis et la naissance d’Hollywood. Une biographie imagée passionnante qui se dévore d’un trait.

Pour une ou un cinéphile féministe et polyglotte

« Alice Guy » de Catel et Bocquet chez Casterman, 24,95 euros

“Les Strates” de Pénélope Bagieu

On retrouve Pénélope Bagieu, dessinatrice à l’humour inimitable, auteure, entre autres, de “Culottées” et “Sorcières”, pour une bande dessinée plus personnelle. Dans son premier album, “Ma vie est tout à fait fascinante”, elle racontait sa vie de jeune adulte en saynètes. Ici, elle reprend le fil de son enfance avec une trame en noir et blanc, à l’image de la couverture sombre qui enferme ses nouvelles pages. Des grands chagrins de ses premières années à la relation tissée avec sa sœur, les grands rendez-vous d’une petite fille qui devient grande sont là. Crise de rire et de larmes en prime.

Pour une ou un ado qui anticipe sa vie d’adulte

« Les Strates » de Pénélope Bagieu chez Gallimard,  22 euros

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