Le portrait de septembre dans Smart Tech: Jenny Tsai, CEO de Wearisma

Retrouvez chaque mois le portrait d'une femme de la tech dans l'émission de Delphine Sabattier, Smart Tech, sur la chaîne B-Smart. Pour la rentée de septembre, c'est Jenny Tsai, CEO de Wearisma, un Saas spécialisé dans la data et le marketing de l'influence digitale, qui est à l'honneur.

Sommaire

  • Qu’est-ce que Wearisma?
  • Jenny Tsai, une dirigeante polyglotte à la vision internationale
  • La stratégie au coeur du parcours professionnel de Jenny
  • Une âme entrepreneuse
  • Les micro-influenceurs
  • Brand Advocacy et autres tendances
  • Pourquoi Wearisma ?

Aujourd’hui, pour ce deuxième portrait de femme dans la tech dans l’émission de Delphine Sabattier, Smart Tech sur la chaîne B Smart, j’ai envie de vous parler de Jenny Tsai, une dirigeante polyglotte de Wearisma, une entreprise de software spécialisée dans la data et le marketing de l’influence digitale basée à Londres.

Qu’est-ce que Wearisma?

Wearisma est une plateforme Saas, (Software as a service) doublée d’une plateforme qui identifie et établit des rapports sur des influenceurs présents dans plus de 50 pays, notamment la Chine et la zone Asie-Pacifique et qui suit l’activité des 6 réseaux mondiaux phares: Instagram, Facebook, Youtube Twitter, Tik Tok et Weibo, le média social chinois.

Jenny Tsai, une dirigeante polyglotte à la vision internationale

Ce qui m’a plu chez Jenny Tsai c’est son parcours très international et sa vision anticipatrice des médias. Elle naît à Taipei, puis grandit à Vancouver au Canada. Mais c’est aussi un pur produit des universités américaines et anglaises: elle effectue la  première partie de ses études universitaires à Princeton, en ingénierie financière (surtout des maths pour utiliser la data et l’intégrer dans la compréhension des marchés) et en relations internationales. Puis elle part suivre un cursus à Cambridge au Royaume Uni, sur le développement dans les pays émergents.

La stratégie au coeur du parcours professionnel de Jenny

C’est dans ce pays qu’elle commence sa carrière dans une boîte de consulting en stratégie pour tous types de clients, de l’éducation aux médias. Puis elle rentre chez Sky, le plus grand groupe audiovisuel actuel, pour bâtir leur stratégie à long terme. Là-bas, elle explore le futur de la télé sur le téléphone mobile et les nouveaux usages à venir. Elle y reste trois ans avant de basculer chez Hearst, un géant des médias américain, où elle couvre plusieurs pays en prospective de développement international. On pense notamment aux titres de la presse féminine, comme Cosmo ou le Elle dont elle s’occupe. A ce moment-là, elle flaire le changement de paradigme, l’importance croissante des réseaux sociaux dans la consommation des contenus et leur incroyable puissance de frappe à travers les influenceurs. L’idée de Wearisma est en germe, il ne reste qu’à la faire éclore.

Une âme d’entrepreneuse

Depuis toute petite, Jenny s’est toujours dit qu’elle monterait sa propre boîte un jour, avec l’envie d’aider les gens dans leur travail quotidien et de créer de toutes pièces quelque chose qui n’existe pas. Elle a 32 ans à peine et quitte le groupe Hearst pour se lancer. En partant d’abord sur un axe qui va se révéler être un échec total: tagguer les produits sur les photos que les stars des réseaux postent. C’est trop compliqué, chronophage et très peu suivi par les influenceurs et par leurs communautés. Au bout de deux ans, elle doit se rendre à l’évidence: ça ne marchera jamais.

Les micro-influenceurs

 « On se comprend car on se ressemble’ », nous dit Jenny. C’est la grande force des réseaux aujourd’hui et notamment celle des micro influenceurs, ceux qui ne sont pas rémunérés par les marques mais qui les relaient car ils s’identifient à elles, parce qu’ils les aiment ou bien parce que leurs produits leur ont vraiment été utiles.  Ce sont eux que les équipes de Jenny vont suivre de près. À travers son logiciel qu’elle modifie en conséquence et l’intelligence artificielle embarquée, Wearisma va référencer des influenceurs crédibles (trusted en anglais) qui vont rentrer sur une base de données interne. Ce qui passe par une double vérification humaine aussi pour garantir la qualité de communauté et des posts émis. A ce jour, ce sont plus de 500 000 acteurs présents sur la plateforme.

Brand advocacy et autres tendances

Son logiciel va évaluer l’impact des interactions et  faire une analyse qualitative précise, les benchmarker et les transformer pour optimiser les futures actions de ses clients. Wearisma est à la croisée des chemins entre le push des campagnes de publicité traditionnelle et le besoin de confiance et de véracité des communautés. Ce que Jenny nomme la « brand advocacy ». Elle prédit que ce sera le grand axe des prochaines années, ainsi que les tendances émergentes actuelles qui vont monter. Parmi celles-ci, elle souligne les nouveaux formats créatifs comme Tik Tok avec ses challenges, le live stream qui va devenir de plus en plus commercial et se substituer aux canaux de ventes télé et toute une nouvelle économie de la création qui va voir le jour avec de nouvelles solutions faciles et accessibles.

« Tout le monde a le potentiel d’influencer les autres”. Jenny Tsai, CEO de Wearisma

Pourquoi Wearisma?

Wearisma, dont la première partie du nom signifie en anglais « porter des vêtements », rime avec charisma, “we are charisma” nous dit Jenny, les influenceurs détiennent le charisme. D’ailleurs, a-t-elle ajouté dans son interview, “tout le monde a le potentiel d’influencer les autres”. Chacun a envie de partager son point de vue, ses expériences, donner des conseils. Ce sont toutes ces connexions que Wearisma va aller rechercher. Un vrai jeu d’équilibrisme et un enjeu pour de nombreuses marques à l’avenir. Un jeu que cette jeune entrepreneuse de 37 ans maîtrise pour ses clients issus de grands groupes du luxe ou de l’industrie cosmétique. Ce qui lui a valu d’être nommée dans le Top 50 des acteurs de l’influence en 2018 et sélectionnée pour faire partie de l’exclusive Female Founders’ Trade Mission du Consulat Britannique à New York cette année. Une femme dont l’ascension ne fait que commencer.

Retrouvez l’actualité des nouvelles technologies, dans l’émission Smart Tech, conçue et présentée par Delphine Sabattier, toutes les semaines du lundi au vendredi à 11heures la nouvelle chaîne business, B-Smart, présente dans les bouquets Orange, Bouygues et Free ou en replay sur www.bsmart.fr.

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Written by Olivia Strigari
Passionnée par les questions sociétales liées à la condition de la femme, en France et dans le monde, par la maternité, l’éducation et les neurosciences, la parentalité au sens large et la santé des femmes et des jeunes enfants, Olivia Strigari a dirigé pendant 5 ans la rédaction web & print de famili et magicmaman au Groupe Marie Claire et assuré des événements tels que la Journée Nationale de l’Infertilité, réunissant les plus grands experts de France et d’Europe, autour de conférences phares très suivies pendant ses 6 éditions. Fin 2020 elle quitte ses fonctions pour lancer Informelles, le média des femmes actives. Auparavant elle avait mis ses compétences et sa soif de découvertes et de grands espaces au services des magazines Hôtel&Lodge en France et en Italie dont elle a assuré la rédaction en chef pendant 7 ans. Elle a oeuvré au lancement de l’édition italienne, à la création des Hôtel&Lodge Awards, un événement porteur dans l’hôtellerie récompensant les meilleurs établissements chaque année, et, enfin, à la digitalisation des contenus. Une carrière de journaliste avant tout, interrompue par une mission de directrice de la communication dans l’agence créative Havas 360, pour repositionner et digitaliser toute la communication de cette entité française du groupe Havas. Spécialisée dans le déploiement de titres plurimédia, elle suit actuellement un cursus de Executive International MBA à l’IAE Paris Sorbonne Business School.