Le portrait du mois dans Smart Tech: Fanny Prigent, co-fondatrice de Each One

Fanny Prigent, co-fondatrice et Chief Growth Officer de l'entreprise à mission Each One est à l'honneur sur l'émission Smart Tech de Delphine Sabattier, le 08 juin 2022. Après une enfance et des études à l'étranger dans des ONG, Fanny Prigent revient en France et choisit de s'engager pour l'accueil des migrants. Et oeuvre pour leur trouver du travail avec, à la clé, une solution gagnant-gagnant aussi pour les entreprises. Entretien.

Sommaire

  • Une enfance multiculturelle, en Guyane
  • Ses débuts dans l’univers associatif
  • Le modèle économique des ONG pour sortir des financements d’état
  • A l’origine d’Each One, l’entreprise à mission qui oeuvre pour les migrants
  • Comment fonctionne Each One avec les entreprises?
  • Un développement ascendant dans les mois à venir

Lors de l’émission Smart Tech présentée par Delphine Sabattier, sur la chaîne B-Smart, le 08 juin 2022, Fanny Prigent, co-fondatrice d’Each One, une jeune startup qui favorise le retour à l’emploi des migrants est à l’honneur. Le sujet central de la startup qu’elle a cofondé est tristement d’actualité avec la guerre en Ukraine et les nombreuses crises migratoires que l’Europe a traversé ces dernières années.

Sélectionnée parmi les dix femmes de la Tech à suivre selon Sista en 2022, Fanny Prigent, co fondatrice est Chief Growth Officer de EachOne, une jeune startup qui favorise le retour à l’emploi des migrants avec Théos Scubla et Maxime Baudet, respectivement Président et COO d’Each One.

Une enfance multiculturelle, en Guyane

C’est sa trajectoire internationale qui a retenu mon attention. Fanny grandit en Guyane, de ses 8 ans à ses 18 ans, où elle découvre une vraie vision de la multiculturalité, à travers la culture de ce pays. Par ailleurs, la Guyane est un territoire de migration assez singulier, ce qu’elle ne réalise pas sur le moment. Enfant, il n’est pas question de parler d’exil ou de parcours migratoire, mais elle se rend compte beaucoup plus tard que la majeure partie de ses camarades de classe ont une histoire de ce type-là.

Elle revient en France après son BAC, à Bordeaux et c’est le choc. Elle voit bien  à ce moment-là que les codes socio culturels ne sont pas les mêmes, sa vision de la société forgée en Guyane est très distante de celle qu’elle côtoie sur les bancs de Science Po. C’est d’ailleurs le starter et la raison d’exister d’Each One.

Ses débuts dans l’univers associatif

A la sortie de ses études, – elle fait aussi un master en management financier à l’IAE- elle rejoint le conseil pour travailler sur des projets de la Fondation Accenture, dans les associations comme Sos, Mozaik RH,  puis elle rentre chez Urban Refugees  où elle travaille en Malaysie autour de centres de réfugiés, avec des leaders incroyables, Khadidja, ancienne députée afghane azari, charsime d’une femme comme ça. C’est là que ses convictions se forgent encore plus et elle se dit “qu’il faut déplacer le regard sur le statut des migrants”, axer le regard sur le talent, les softs skills, les parcours de résilience.

Le modèle économique des ONG pour sortir des financements d’état

Elle se dit qu’elle a une expérience dans une ONG fantastique, Urban Refugees, mais que cela reste une ONG, dépendante des financements de l’Etat, américain dans ce cas. Elle arrive à la fin d’un cycle de deux ans sur le terrain avec beaucoup d’impact, marquée par l’élection de Trump et l’arrêt des financements des activités de Urban refugees. Cela lui semble alors absurde de recommencer à chercher les subventions d’Etat. Se pose donc la question du modèle économique, c’est-à-dire de construire une structure qui se donne aussi les moyens de mener à bien sa mission sociale, avec un modèle  pérenne. Elle cherche donc à s’associer avec quelqu’un qui a la même vision pragmatique de l’activité et de l’accueil des migrants.

A l’origine d’Each One, l’entreprise à mission qui oeuvre pour les migrants

Elle rencontre fin 2015 Théos Scubla, tout juste sorti de l’ESCP et sensisibilisé à la cause des migrants, et Maxime Baudet, ancien de Jumia, avec qui elle partage ces valeurs et cofonde Each One, une entreprise à mission qui favorise le retour à l’emploi des migrants en situation de droit du travail et qui peuvent y accéder en France. Il s’agit de 1,2 millions de personnes. Each One a une double mission: faciliter le retour à l’emploi des personnes arrivées en France et répondre aux besoins de recrutement des entreprises avec des enjeux de diversification de pool de talents, d’engagement et rétention des employés, bref d’engagement de marque employeur. De faire en sorte que l’embauche d’un migrant devienne un levier de performance et de création de valeur pour l’entreprise. La mission de cette start-up est de faciliter l’identification des profils et permettre qu’ils deviennent un levier de croissance à travers des solutions pérennes, qui vont répondre en volume et à l’échelle européenne.

Comment fonctionne Each One avec les entreprises?

Fanny nous explique que « Eachone va sourcer et identifier les talents à travers un réseau de plus de 300 partenaires, tels que l’Office Français de l’Immigration et de L’Inclusion, des centres d’hébergement et accueil, des structures associatives », et qu’ils vont identifier et qualifier  les motivations et les soft skills des talents sélectionnés. Ensuite, dit-elle « Each One va assurer la formation des candidats pendant trois mois afin de les préparer pour la qualification ou la conformité de certains métiers. Cela va du data analyst au conseiller clientèle dans les grandes marques du luxe, aux métiers de la logistique, avec une très grande diversité de profils, reflet des talents extrêmement qualifiés qui arrivent en France« . Fanny Prigent poursuit: « On travaille avec 63 nationalités différentes pour 25 entreprises clientes actuellement, comme L’Oréal, Keolis, BNP, Ikea, Korian.. avec un résultat de 90% des personnes recrutées et 70% d’entre elles toujours en poste un an après ».

« Each One for tomorrow a été pensé pour créer une coalition d’entreprises, avec pour objectif de positionner et de proposer un accueil digne et durable, tout en relevant l’enjeu de solutions gagnant-gagnant et adresser la question de la performance durable de l’entreprise. Et pour avoir cette capacité de déplacer le regard, sortir des processus et s’assurer qu’il y ait une rencontre entre les personnes” . Fanny Prigent, co-fondatrice et Chief Growth Officer de Each One

Un développement ascendant dans les mois à venir

Each One a opéré une levée de fonds de 5 millions € en 2021 ce qui a permis de construire une équipe de 50 personnes, avec 50 autres en cours de recrutement. Les résultats probants sont 2000 personnes en emploi recrutées en 3 ans et pour ambition d’avoir 10 000 personnes en emploi pour les deux prochaines années un développement en Europe l’année prochaine, avec l’Allemagne et la Pologne, en ligne de mire pour atteindre 100 000 personnes formées et recrutées par an en 2030. Par ailleurs, une tribune, « Eachone for tomorrow » vient d’être publiée le 31 mai dernier « pour créer une coalition d’entreprises, avec pour objectif de positionner et de proposer un accueil digne et durable, tout en relevant l’enjeu de solutions gagnant-gagnant et adresser la question de la performance durable de l’entreprise ». Et « pour avoir », comme le répète plusieurs fois Fanny, « cette capacité de déplacer le regard, sortir des processus et s’assurer qu’il y ait une rencontre entre les personnes”.

Retrouvez l’actualité des nouvelles technologies, dans l’émission Smart Tech, conçue et présentée par Delphine Sabattier, toutes les semaines du lundi au vendredi à 11heures la nouvelle chaîne business, B-Smart, présente dans les bouquets Orange, Bouygues et Free ou en replay sur www.bsmart.fr.

 

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Written by Olivia Strigari
Passionnée par les questions sociétales liées à la condition de la femme, en France et dans le monde, par la maternité, l’éducation et les neurosciences, la parentalité au sens large et la santé des femmes et des jeunes enfants, Olivia Strigari a dirigé pendant 5 ans la rédaction web & print de famili et magicmaman au Groupe Marie Claire et assuré des événements tels que la Journée Nationale de l’Infertilité, réunissant les plus grands experts de France et d’Europe, autour de conférences phares très suivies pendant ses 6 éditions. Fin 2020 elle quitte ses fonctions pour lancer Informelles, le média des femmes actives. Auparavant elle avait mis ses compétences et sa soif de découvertes et de grands espaces au services des magazines Hôtel&Lodge en France et en Italie dont elle a assuré la rédaction en chef pendant 7 ans. Elle a oeuvré au lancement de l’édition italienne, à la création des Hôtel&Lodge Awards, un événement porteur dans l’hôtellerie récompensant les meilleurs établissements chaque année, et, enfin, à la digitalisation des contenus. Une carrière de journaliste avant tout, interrompue par une mission de directrice de la communication dans l’agence créative Havas 360, pour repositionner et digitaliser toute la communication de cette entité française du groupe Havas. Spécialisée dans le déploiement de titres plurimédia, elle suit actuellement un cursus de Executive International MBA à l’IAE Paris Sorbonne Business School.