Le portrait du mois dans Smart Tech: Gaëlle Haag, CEO de Star Talers

Gaëlle Haag, fondatrice de Star Talers, une banque d’investissement qui propose un produit spécifique pour les femmes, l'appli Capitana, est sous les feux de la rampe lors de l'émission Smart Tech de Delphine Sabattier sur la chaîne B-Smart du 16 février 2022. Découvrez-la sans tarder !

SMART TECH Le portrait du mois dans Smart Tech: Gaëlle Haag, CEO de Star Talers

Sommaire

  • Gaëlle Haag, le parcours tout tracé d’une banquière militante
  • L’investissement et la finance, un monde très masculin?
  • La paupérisation des femmes à l’âge de la retraite
  • Le lancement de Star Talers
  • Capitana, une appli pour booster les revenus des femmes
  • L’investissement à impact environnemental et social
  • La « Best Financial Friend »

Lors de l’émission Smart Tech de Delphine Sabattier sur la chaîne B-Smart du 16 février 2022, c’est Gaëlle Haag, fondatrice de Star Talers, une banque d’investissement qui propose un produit spécifique pour les femmes, l’appli Capitana, qui est sous les feux de la rampe. Ce qui nous a plus chez Gaëlle c’est sa définition sur Linkedin: “la meilleure amie financière des femmes qui veulent investir durablement”, son parcours très droit au but et son action pragmatique et militante à la fois.

 

Gaëlle Haag, le parcours tout tracé d’une femme engagée

Belgo-luxembourgeoise, Gaëlle Haag passe son enfance au Luxembourg, puis fait des études à la Solvay School of Economics & management, la faculté d’économie et de gestion de l’Université libre de Bruxelles. A sa sortie, elle est embauchée par le cabinet de conseil Mc Kinsey qui ouvre à ce moment-là une antenne au Luxembourg. Elle s’investit à fond dans ce premier job, très prenant, qui compose un bon mix avec ses envies de découvertes du monde, avec de nombreux déplacements à l’étranger en semaine pour ses clients, et le retour au bercail auprès de son mari, son “high school sweetheart” (ils se connaissent depuis l’enfance), le week-end. Si elle adore son boulot, elle en retient une petite frustration de préconiser des transformations pour ses clients, qu’elle ne peut ensuite opérer. Après huit ans de conseil, elle rejoint le groupe bancaire luxembourgeois, KBL (aujourd’hui Quintet Asset Management), alors qu’elle a tout fait pour échapper à ce destin tout tracé (son père et son mari sont banquiers), typiquement luxembourgeois. Elle intègre la banque dans le cadre d’une refonte et d’un changement de management, avec pour cabinet de conseil, Mc Kinsey justement! Ce sont donc ses anciennes équipes qui vont traiter le dossier et Gaëlle passe ainsi du côté client, avec une vraie marge de manoeuvre pour opérer le changement. C’est là aussi que germe son idée d’entrepreneuriat.

L’investissement et la finance, un monde très masculin?

Chez KBL, elle s’aperçoit qu’elle est la seule femme dans le top management et que leurs clients sont surtout des hommes. Dans les arènes clients, des rendez-vous dédiés, si les femmes accompagnent leurs maris, elles sont reléguées au rôle de figurantes. Gaëlle se rend compte aussi que lorsque le conjoint décède, il n’y a pas de plan de transmission et que la femme n’a pas confiance en elle pour reprendre les rênes. Souvent, c’est le fils qui est chargé de gérer le patrimoine familial.

En 2017, lorsqu’elle assiste à une conférence “Femmes et finance”  organisée par des pays nordiques, elle réalise qu’il y a un segment complètement ignoré par les banques d’investissement, celui des femmes. Elle dit “ je me suis sentie tellement “bête” face à cette évidence” que cela lui donne matière à réflexion.

La paupérisation des femmes à l’âge de la retraite

En outre, les chiffres parlent clairement. Le capital à la retraite d’une femme en Europe est en moyenne 40% inférieur à un homme alors que sa vie est de cinq ans de plus. “Si on ne fait rien”, dit-elle, “même les femmes avec des revenus aisés se retrouvent appauvries dans les dernières années de leur vie car elles n’auront pas suffisamment planifié leur revenus. Elles sont seules, après s’être occupées de leur mari, avec une pension moindre  et souvent l’obligation de se payer des soins”. Quand elle quitte la banque où elle est salariée, en 2018, pour se lancer dans la finance féminine, son ancien boss lui dit “mais les femmes n’investissent pas!”. Elle comprend alors qu’elle a un boulevard.

«  »Même les femmes avec des revenus aisés se retrouvent appauvries dans les dernières années de leur vie car elles n’auront pas suffisamment planifié leur revenus. » . Gaëlle Haag, fondatrice de Star Talers

Le lancement de Star Talers

Gaëlle décide de booster l’épargne des femmes, pour éviter qu’elles ne dépendent de leur conjoint comme c’est encore souvent le cas.  A travers le lancement de son établissement bancaire, Star Talers, elle veut  mettre son expérience, ses connaissances du marché financier au service d’un marché économique, celui des femmes, qui est bien là et n’est pas adressé puisqu’il s’agit de 50% de la population. En binôme avec Thierry Smets, co-fondateur, (aujourd’hui dirigeant de NewB), elle gagne le prix Whoopi Golberg au concours de pitch Vodafone Arch summit, mi 2018, pour son projet en faveur de l’empowerment économique féminin. Puis elle intègre le programme d’incubation Fit 4 Start, qui va lui permettre de faire deux levées de fonds pour un million et demi d’euros et d’avoir la bourse du Luxembourg à son capital.

Capitana, une appli pour booster les revenus des femmes

Son produit d’appel est une appli, appelée Capitana, dédiée aux femmes qui veulent investir et se former.  En effet, au delà de la gestion du portefeuille plus classique, Gaëlle veut donner aussi des informations sur les choix et les actions portées par les femmes qui placent, les former en quelque sorte aux rouages de l’investissement. Elle fait aussi le choix de l’investissement accessible et durable, en portant une vision de l’investissement en fonction de l’impact. Chacun des titres qui rentre en portefeuille est évalué selon trois mesures environnementales – émission de CO2, les tonnes de déchets produits, les mètres cubes d’eau utilisés-  et trois mesures sociales-  création d’emplois, contributions aux taxes, part des investissements dans des entreprises qui sont dans les soins primaires: alimentation, éducation, santé.Si une entreprises ne montre pas patte blanche, elle n’entre pas sur Capitana. Pour plus de clarté, ces mesures se retrouvent dans l’appli sous forme de fiches détaillées.

La « Best Financial Friend »

Après un bêta test et son obtention d’agrément en septembre 2021, elle lance Capitana le 1 mars prochain avec 500 premières clientes. Cette appli permet de commencer même avec de petits montants, puisque elle fonctionne par abonnement de 10€ par mois et non pas par pourcentage prélevé sur les performances. Aussi, grâce à sa licence européenne, Capitana peut agir dans tous les pays européens sur simple notification au régulateur. Gaëlle a choisi le nom Capitana car « la métaphore marine se prête bien au fait de prendre en main son destin financier ». Elle s’inspire aussi beaucoup de ses filles, de 10 et 12 ans, et a détourné l’acronyme de BFF (Best Friend For Ever), en « Best Financial Friend. » Une façon de démystifier et d’éliminer les barrières de la finance froide et inaccessible. Avec l’ambition de créer un module communautaire à terme, pour fédérer ses clientes, et de pourvoir se lancer dans des co-deals pour financer de nouvelles entreprises de la FemTech.

Retrouvez l’actualité des nouvelles technologies, dans l’émission Smart Tech, conçue et présentée par Delphine Sabattier, toutes les semaines du lundi au vendredi à 11heures la nouvelle chaîne business, B-Smart, présente dans les bouquets Orange, Bouygues et Free ou en replay sur www.bsmart.fr.

 

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Written by Olivia Strigari
Passionnée par les questions sociétales liées à la condition de la femme, en France et dans le monde, par la maternité, l’éducation et les neurosciences, la parentalité au sens large et la santé des femmes et des jeunes enfants, Olivia Strigari a dirigé pendant 5 ans la rédaction web & print de famili et magicmaman au Groupe Marie Claire et assuré des événements tels que la Journée Nationale de l’Infertilité, réunissant les plus grands experts de France et d’Europe, autour de conférences phares très suivies pendant ses 6 éditions. Fin 2020 elle quitte ses fonctions pour lancer Informelles, le média des femmes actives. Auparavant elle avait mis ses compétences et sa soif de découvertes et de grands espaces au services des magazines Hôtel&Lodge en France et en Italie dont elle a assuré la rédaction en chef pendant 7 ans. Elle a oeuvré au lancement de l’édition italienne, à la création des Hôtel&Lodge Awards, un événement porteur dans l’hôtellerie récompensant les meilleurs établissements chaque année, et, enfin, à la digitalisation des contenus. Une carrière de journaliste avant tout, interrompue par une mission de directrice de la communication dans l’agence créative Havas 360, pour repositionner et digitaliser toute la communication de cette entité française du groupe Havas. Spécialisée dans le déploiement de titres plurimédia, elle suit actuellement un cursus de Executive International MBA à l’IAE Paris Sorbonne Business School.