Le portrait du mois dans Smart Tech: Lena Crolot, CEO de Billiv, dématérialise les tickets de caisse

Lena Crolot, CEO et co-fondatrice de Billiv, une jeune startup spécialisée dans la dématérialisation du ticket de caisse est à l'honneur sur l'émission Smart Tech de Delphine Sabattier, le 26 avril 2022. Major de l'université en Computer sciences, Lena entame une aventure entrepreneuriale précoce, qui commence sur les bancs de l’université de NYU pour arriver à Station F et le classement Forbes "Under 30". Portrait.

Sommaire

  • L’aventure entrepreneuriale commence sur les bancs de NYU
  • Le ticket de caisse papier, une obsession
  • Le Covid19 s’invite dans son parcours universitaire
  • Comment se développe Billy pour devenir Billiv?
  • La dématérialisation du ticket de caisse et le fonctionnement de Billiv

Lors de l’émission Smart Tech présentée par Delphine Sabattier, sur la chaîne B-Smart, le 26 avril 2022, Lena Crolot, CEO et co-fondatrice de Billiv, une jeune startup spécialisée dans la dématérialisation du ticket de caisse est à l’honneur. Lena Crolot a un profil très différent des femmes habituellement présentées sur Smart Tech. Elle entame une aventure entrepreneuriale précoce, qui commence sur les bancs de l’université, avec un parcours à l’américaine qui se réalise ensuite en France.

L’aventure entrepreneuriale commence sur les bancs de NYU

Sa précocité et son extrême jeunesse –  Lena a aujourd’hui 21 ans -, font que cette jeune femme à la fois enthousiaste, déterminée et sereine a une histoire pas comme les autres. Après une enfance à Paris, Lena Crolot a envie de devenir bilingue et d’étudier différents domaines de compétences. Elle part donc aux Etats-Unis à 17 ans, une fois son bac en poche, avec un an d’avance, à Austin, Texas, pour une business School, puis à l’université de NYU de New York pour un double cursus d’économie, informatique et maths, d’où elle sort major en économie et en computer science, doublé d’un prix d’excellence académique. Une tête bien faite. C’est à NYU qu’elle fréquente le Lab, un bâtiment dédié à l’entrepreneuriat avec des workshops et des bootcamps, et qu’elle rencontre son premier futur associé, Ruben Raymond Kahloun. C’est aussi ici que son projet prend forme.

Le ticket de caisse papier, une obsession

Elle travaille avec Ruben sur plusieurs projets universitaires et elle découvre qu’ils sont tous les deux obsédés par les tickets de caisse. Elle lui raconte qu’en 2016, au BHV, elle assiste à une scène à la caisse du magasin qui la choque: une dame achète un minuscule porte-clés et repart avec un ticket de caisse long comme un bras. Lena, qui a très tôt été impactée par les inégalités environnementales, a à cœur de résoudre ce qui ne lui convient pas. Comme elle le dit en anglais, elle a un “solver problem mindset” et elle voit la tech pour résoudre les problèmes, d’où son appétence pour le code.

Aux Etats-Unis, avec cette idée fixe de ticket de caisse, elle et Ruben ont potentiellement l’idée de leur future entreprise, mais ils n’avancent pas sur le projet en en tant que tel, plutôt sur l’idée de la création d’entreprise stimulée par l’université qui leur offre  den nombreux ateliers sur le sujet.

Le Covid19 s’invite dans son parcours universitaire

Au printemps 2020 elle vient de s’inscrire à un programme sur le market discovery avec Ruben. Elle doit rentrer en France pour les vacances en mars car l’université ferme un mois pour le fameux « spring break » américain. À la place, elle déménage son appart en 24 heures et prend le dernier vol pour Paris du vendredi soir, peu avant minuit, heure de fermeture de la frontière entre les Etats-Unis et l’Europe. Le Covid arrive comme une déferlante, remettant en cause sa permanence à New York. Elle rentre en France et Ruben de son côté au Maroc, où ils mènent leurs études et leur projet en parallèle. Ils mettent en ligne une première landing page en juin 2020. La boîte s’appelle Billy, axée sur une solution de dématérialisation des tickets de caisse, avec un prisme environnemental. Ils obtiennent très vite mille inscrits en précommande.

Comment se développe Billy pour devenir Billiv?

Les deux co-fondateurs ne sont pas satisfaits avec le nom de Billy et cherche en parallèle avec le mot Bill en anglais, qui se transforme vite en Billiv pour “believe”, “on croit en un monde meilleur”, ou aussi pour “bill leave”, “quitter les factures”. Lena et Ruben créent la boîte en octobre 2020. Elle est CEO, lui est au développement des opérations et du commercial, en tant que COO, chief operating officer. Ils sont activement à la recherche d’un CTO, chief technical officer. Ils rencontrent David El Malih qui ne peut pas encore les rejoindre pour des raisons administratives qui se débloquent comme par magie le jour de son anniversaire. et qui, finalement, les rejoint en mai 2021. Le trio est au complet. Ils n’ont pas encore avancé sur la partie tech qu’ils sont pris à La Ruche, un incubateur, dans le programme « Les audacieuses », qui soutient les projets à impact comme le leur, fondé ou cofondé par des femmes. Lena dit que ce programme a tout changé pour eux: “Si il y a un programme qui nous a aidé, c’est celui-là” à la fois pour structurer leur entreprise, mais aussi pour bâtir solidement leur projet. Qui n’est pas qu’une solution pour remplacer les tickets de caisse, mais une solution avec un impact environnemental abouti.

« On a appelé notre solution de dématérialisation de tickets de caisse Billiv pour “believe”, “on croit en un monde meilleur”, et aussi pour “bill leave”, “quitter les factures” » . Lena Crolot, CEO et co-fondatrice de Billiv

La dématérialisation du ticket de caisse et le fonctionnement de Billiv

Billiv permet de récupérer un ticket via un QR code. Pas besoin de télécharger une appli ou de donner son mail. Ce qui lui donne une fonction très proche de celle d’un ticket en papier: répondre aux exigences de la RGDP et une universalité d’usage. Dans les magasins affiliés, une personne paie à la caisse et passe sa caméra sur le QR code pour télécharger le ticket avec ou sans le détail pour les notes de frais. A travers un numéro à seize chiffres, anonyme et personnel, chacun accède à son interface Billiv où sont réunis tous les tickets. De la dématérialisation anonyme jusqu’au serveurs les plus proches en France et les moins énergivores, tout est calculé pour que l’impact environnemental soit réellement efficace. Comme l’explique Lena, “dématérialiser ne veut pas dire écoresponsable”. Pour faire un ticket écoresponsable et éthique, ils optimisent toute la chaîne technique, du data center, situé à 200Km de Paris au système Jason, qui est un serveur allumé uniquement quand on en a besoin.
Après La Ruche ils intègrent Station F l’année dernière, ce qui les propulsent sur le devant de la scène. Ils sont en pleine levée de fond actuellement et Lena a été identifiée dans les promesses Under 30 de Forbes en France. Un gage de réussite d’autant qu’ils n’avaient pas du tout prévu que la loi anti-gaspillage allait leur donner un sérieux coup de pouce. En effet, à partir de janvier 2023, les tickets de caisse ont pour vocation à disparaître.

Retrouvez l’actualité des nouvelles technologies, dans l’émission Smart Tech, conçue et présentée par Delphine Sabattier, toutes les semaines du lundi au vendredi à 11heures la nouvelle chaîne business, B-Smart, présente dans les bouquets Orange, Bouygues et Free ou en replay sur www.bsmart.fr.

 

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Written by Olivia Strigari
Passionnée par les questions sociétales liées à la condition de la femme, en France et dans le monde, par la maternité, l’éducation et les neurosciences, la parentalité au sens large et la santé des femmes et des jeunes enfants, Olivia Strigari a dirigé pendant 5 ans la rédaction web & print de famili et magicmaman au Groupe Marie Claire et assuré des événements tels que la Journée Nationale de l’Infertilité, réunissant les plus grands experts de France et d’Europe, autour de conférences phares très suivies pendant ses 6 éditions. Fin 2020 elle quitte ses fonctions pour lancer Informelles, le média des femmes actives. Auparavant elle avait mis ses compétences et sa soif de découvertes et de grands espaces au services des magazines Hôtel&Lodge en France et en Italie dont elle a assuré la rédaction en chef pendant 7 ans. Elle a oeuvré au lancement de l’édition italienne, à la création des Hôtel&Lodge Awards, un événement porteur dans l’hôtellerie récompensant les meilleurs établissements chaque année, et, enfin, à la digitalisation des contenus. Une carrière de journaliste avant tout, interrompue par une mission de directrice de la communication dans l’agence créative Havas 360, pour repositionner et digitaliser toute la communication de cette entité française du groupe Havas. Spécialisée dans le déploiement de titres plurimédia, elle suit actuellement un cursus de Executive International MBA à l’IAE Paris Sorbonne Business School.