Législatives 2022: L’interview Informelle avec Aya Salama, l’une des deux plus jeunes candidates

Investie par le parti "Allons Enfants", Aya Salama est l'une des deux plus jeune femmes candidates aux élections législatives de 2022. Originaire de La Roche-sur-Yon, elle se présente dans dans la première circonscription de Vendée. Rencontre.

Sommaire

  • Aya Salama : un engagement politique depuis le plus jeune âge
  • Quel enseignement  de la vie politique à l’école?
  • Connaître les modalités du fonctionnement de la démocratie française

Marquer le coup. Un objectif bien rempli pour Aya Salama, candidate aux Législatives de 2022. Originaire de La Roche-sur-Yon, la lycéenne de 18 ans se présente pour la première circonscription de Vendée et c’est l’une des deux plus jeunes candidates de France des prochaines élections législatives avec Raphaëlle Rosa des . Issue d’un quartier populaire, la jeune femme s’intéresse à la politique depuis son enfance et souhaite montrer que le milieu est accessible à tous, quels que soient l’origine, le lieu de résidence et l’âge. C’est ainsi que la lutte contre les discriminations et l’inclusion des jeunes constituent la pierre angulaire de son projet politique. Elle est investie par le parti « Allons Enfants », dirigé par des jeunes de moins de trente ans, qui a pour ambition d’émanciper et de représenter « la jeunesse partout en France ». Elle souhaite que la voix des jeunes soit audible à l’échelle nationale et qu’elle renouvelle le débat public français. C’est lors de l’évènement « Les universités de l’économie de demain » le 4 avril dernier à Rennes que nous l’avons rencontrée. Entretien.

Aya Salama : un engagement politique depuis le plus jeune âge

Informelles : Qui êtes-vous ?

Aya Salama : Je m’appelle aya Salama, j’ai 18 ans, je suis en terminale STMG au lycée Pierre-Mendès-France et j’habite à La Roche-sur-Yon.

Pourquoi vous intéressez-vous à la politique ?

A.S. : J’ai toujours été intéressée par la politique. J’ai subi beaucoup de discriminations, que celle-ci soient scolaires, physiques ou autres . Et je pense que cela à été un point de départ. Après il y a aussi eu le fait que je n’ai jamais été bonne élève à l’école et les enseignants me disent constamment que « la politique rime avec réussite scolaire ». Cet adage m’a toujours motivé à prouver le contraire. Je veux prouver qu’il y a d’autres chemins pour atteindre la sphère politique.

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Quels sont les enjeux de votre circonscription ?

A.S. : L’enjeu prioritaire pour ma circonscription c’est l’inclusion de la jeunesse en politique. On est beaucoup trop peu nombreux aujourd’hui. Et puis mon département reste un département où les jeunes sont très actifs en ce qui concerne les manifestations comme la lutte contre le sexisme, les violences faites aux femmes, les violences homophobes etc. […] Et je pense qu’il y a beaucoup de choses à revoir dans le département et en l’occurrence dans ma circonscription. Il y a des problèmes de précarité de la jeunesse, des précarités liées au logement, il y a aussi les problèmes d’inclusion des banlieues dans la vie sociale. Il y a plusieurs choses à revoir et je pense que tout peut se faire. Et pour ce faire, il faut être tous ensemble.

Quel enseignement de la vie politique à l’école?

Comment expliquer le désintérêt des jeunes pour la politique ?

A.S. : Les jeunes sont très actifs, ils se manifestent dans la rue ou à travers les réseaux sociaux, c’est une réalité. Mais maintenant, passer le cap, ne serait-ce que d’aller voter, c’est un gros souci aujourd’hui. Il y a un désintérêt extrême à l’égard de la vie politique. Le fait de voir les scandales aussi qui tournent autour de nos politiques. Il y a des stéréotypes qui restent aussi comme la corruption de certains politiques ce qui entraine une certaine méfiance à leur égard. Et puis il y a un autre facteur à prendre en compte. Quand j’ai évoqué le fait de vouloir faire de la politique, beaucoup de personnes dans mon entourage me l’ont déconseillé. On m’a dit qu’il fallait être bon à l’école, qu’il ne fallait pas vivre dans une cité…

Je pense que ça aussi, ça met un frein parce qu’il y a beaucoup de personnes qui cherchent à s’investir en politique, mais qui ne trouvent pas la porte d’entrée. Ils se disent que pour se faire, il faut aller à Sciences Po, à l’E.N.A ou à la Sorbonne par exemple. Il y a un frein énorme en ce qui concerne l’aspect scolaire. Mais comme j’ai pu le dire à maintes et maintes reprises, on peut très bien réussir en politique même en partant de rien, on est pas obligé de suivre un cursus technocrate ou faire des écoles dites élitistes.

Comment améliorer le programme scolaire ?

A.S. : On peut commencer par ajouter des heures d’E.M.C. (éducation morale et civique). Moi par exemple, j’en ai deux par mois. C’est scandaleux. On n’a aucune connaissance à l’égard de la sphère politique, ne serait-ce que nous apprendre à situer un parti au niveau de l’hémicycle, donc un parti à droite, au centre, à gauche, ça serait déjà énorme. Il faut également nous expliquer quelles sont les élections en France et à quoi elles vont se conclure. Beaucoup de questions à aborder comme le rôle d’un sénateur, le rôle d’un député etc. Mais également comment accéder à ces fonctions ? Comment faire une élection ? Comment voter ? Quelle est l’histoire du vote ? Comment se procurer une carte électorale ? Ce sont des sujets qui sont hyper importants.

« On ne peut pas dire aux jeunes qu’ils doivent s’investir en politique si eux même ont déjà du mal à faire la différence entre les législatives et les présidentielles ». Aya Salama, candidate pour le parti « Allons les enfants »

Connaître les modalités du fonctionnement de la démocratie française

Que souhaitez-vous dire aux jeunes ?

A.S. : Il ne faut pas dire que parce qu’on nous donne pas la parole, on n’est pas pris au sérieux. […] On nous dit qu’on est trop jeune, qu’on n’a pas vécu pour parler politique, pour débattre politique. Moi, je pense que c’est tout le contraire. Nous, la jeunesse, on a une parole à défendre sur de multiples sujets comme la retraite, les taxes, les impôts, etc. On voit ça de loin, sauf que ça nous impacte directement. On ne nous apporte pas beaucoup de connaissances à l’égard de la sphère politique. C’est une triste réalité. On ne peut pas dire aux jeunes qu’ils doivent s’investir en politique si eux même ont déjà du mal à faire la différence entre les législatives et les présidentielles. Dans ma cité, j’ai pu en discuter avec les personnes avec qui j’ai grandi depuis toute petite et ils m’appelaient « la présidente » ou « la fille qui se présente aux élections présidentielles ». Ça m’a fait un peu rire, mais c’est relativement révélateur. Ça prouve qu’aujourd’hui, il y en a beaucoup qui ne savent pas faire la différence entre tout type d’élections nationales, tout type de fonction comme les sénateurs, les députés, les ministres et autres membres du gouvernement. Donc je pense qu’il faut revoir le système scolaire.

Comment concilier votre scolarité et votre engagement politique ?

A.S. : J’essaye de tenir. Ce qui est certain, c’est que mon engagement politique, je ne le mettrai jamais de côté, c’est hyper important et c’est ce qui me fait tenir aussi. L’objectif actuel, c’est le bac, et puis les élections législatives, puis par la suite, on trouvera forcément un moyen de concilier les deux.

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