L’interview Informelle avec Christine Neau-Leduc, Présidente de Paris 1 Panthéon Sorbonne

Présidente de l’université Panthéon-Sorbonne depuis tout juste un an, Christine Neau-Leduc revient sur son parcours, son projet d'avenir pour Paris 1, les chantiers stratégiques en cours et sa vision de l'excellence universitaire, ainsi que son déploiement à l'international. Rencontre avec une femme humaine et inspirante.

Sommaire

  • Un parcours universitaire dense et sans faute
  • Le projet Sorb’Rising
  • Le rôle des Sciences Humaines et Sociales (SHS)
  • L’ouverture internationale de Panthéon-Sorbonne
  • La gestion d’un pôle universitaire multi-fragmenté
  • Les femmes à l’université
  • L’éducation, enjeu prioritaire

Après une longue carrière universitaire, Christine Neau-Leduc est Présidente de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne depuis un an à peine, son élection ayant eu lieu le 14 janvier 2021. Une des plus grande université de France par le nombre d’élèves, – 45 000 étudiants au compteur à la rentrée 2021/2022 – et la plus demandée sur Parcoursup, Paris 1 fête ses 50 ans en 2021/2022 et s’apprête à investir un nouveau campus Porte de La Chapelle, prévu pour 2024. De nombreux challenges attendent Christine Neau-Leduc, ancienne vice-présidente chargée des affaires institutionnelles au conseil d’administration, élue au troisième tour par 26 voix à parité avec l’autre candidate, Soraya Messaï-Bahri, devenue sa vice-présidente. Une anomalie positive, qu’elle nous détaille ainsi que les enjeux dictés par la crise du Covid.  A. travers la longue interview qu’elle accorde à la rédaction, elle nous présente sa vision d’avenir pour l’université, les différentes initiatives prises depuis son arrivée et les chantiers en cours. Rencontre avec une femme inspirante à la tête d’une des plus importantes institutions universitaires de France.

Un parcours universitaire dense et sans faute

Christine Neau-Leduc: « Je préside cette université depuis le 14 janvier 2021. J’ai été professeure dans cette université auparavant et Vice-Présidente du Conseil d’Administration pendant le mandat précédent.« 

Quel a été votre parcours ?

C.N.L.: « J’ai soutenu un doctorat. J’ai été Maître de conférence à la faculté de droit de Montpellier, puis j’ai passé le concours d’agrégation de Droit. J’ai été, à la suite d’un concours, professeure agrégée en poste à l’université de Toulouse. Je suis revenue à l’université de Montpellier pour enfin arriver à Paris 1 en 2012. J’ai un parcours de professeur tout à fait classique, de cours, de recherche, de direction de centre de recherche, de master également. « 

Aviez-vous prévu de faire une carrière institutionnelle ?

C.N.L.: « Si j’ai choisi cette voie c’était vraiment parce que l’enseignement, la recherche et la liberté académique me plaisaient énormément. Être professeur d’université c’est aussi une vocation. On a envie de pouvoir développer une pensée, une recherche et on est extrêmement attachés à la liberté de penser, à la liberté académique, à la liberté de recherche. C’est ce qu’on vient chercher à l’université. Mais au fil d’une carrière, on est enseignant, on est chercheur, puis on prend des responsabilités administratives et on devient intéressé par d’autres fonctions. On se prend aussi au jeu de penser l’université dans toutes ses disciplines, dans toutes ses onctions, dans toutes ses activités. J’ai découvert ces métiers-là, cette envie d’apporter ma petite pierre à l’édifice de l’université dans son fonctionnement, dans son développement et essayer de pouvoir aider mes collègues à pouvoir offrir une université en développement, une université d’excellence.« 

Que s’est-il passé lors de l’élection Panthéon-Sorbonne 2021 ?

C.N.L.: « Très simplement, pour être élu il fallait avoir 19 voix. J’avais 18 voix, Soraya Messai Bahri en avait 16. On était bloqués, on a décidé de discuter. Elle est vice-présidente du Conseil d’Administration chargée des Relations Humaines, et je suis Présidente. Je pense que c’était très important pour notre université et c’est ce qu’on a souhaité faire, c’était de mettre en avant le bien commun, c’est à dire se mettre au service de notre université, apporter de la sérénité. On a su je crois le faire, mais pas que nous deux, nos équipes ont su le faire puisqu’il n’y a plus qu’une équipe. Ça c’est une réalité un an après. De façon extrêmement rapide les collègues qui étaient sur les listes de Soraya comme ceux qui étaient sur mes listes se sont rejoints, ont travaillé ensemble. L’ensemble des Vice-Présidents sont issus des deux listes, ils travaillent tous main dans la main d’arrache-pied. C’est une équipe au travail au service de notre maison commune et ça se passe très bien. À la fois il y a un vrai rassemblement des personnes mais au service d’un projet, et d’un projet commun qui permet de réinventer Paris 1 en commun.« 

Comment fonctionne le système de collégialité qui a été annoncé alors ?

C.N.L.: « L’idée aussi c’était de faire en sorte que l’on travaille vraiment dans le dialogue, la collaboration avec une notion assez participative au sein de l’université. Pour tout vous dire, moi je suis spécialiste de droit du travail et particulièrement de négociations collectives et de relations collectives. La question du dialogue social et du dialogue dans toutes ses formes est quelque chose qui me paraît particulièrement important. L’idée c’était de vraiment mettre en place une autre façon de fonctionner. Un exemple pratique: on a décidé d’organiser un agenda social avec les partenaires sociaux, donc avec les syndicats représentatifs des personnels à Paris 1 qui vient développer une concertation, un dialogue social. Le conseil d’Administration, le Conseil Académique, leurs rôles sont bien entendu de respecter leurs prérogatives mais il y avait cette idée d’ajouter une forme de dialogue et de concertation à ce qui était pratiqué d’habitude. »

Le projet Sorb’Rising

Qu’est-ce que le projet Sorb’Rising ?

C.N.L.: « Sorb’Rising est un projet que nous avons obtenu. On a candidaté dans le cadre du PIA, le Projet d’Investissement d’Avenir. C’est la première fois que Paris 1 obtient un projet du PIA à hauteur de 18,5 millions d’euros. C’est la première fois aussi qu’une université de Sciences Humaines et Sociales obtient ce type de projet. On l’a fait alors qu’on venait d’arriver, c’était  un travail considérable mais c’est un signal formidable pour notre université. »

Qu’allez-vous faire avec ce budget ?

C.N.L.: « Pour l’essentiel, c’est destiné à la fois à une montée en compétences de nos personnels, des enseignants chercheurs, des personnels administratifs et des étudiants. C’est-à-dire leur offrir des formations différentes, que ce soit en langue, en « soft skills », en compétences mais aussi en termes de mobilité pour notre personnel. Il y a aussi tout un aspect qui est très important pour moi, c’est le fait que ce sont des mécanismes qui vont nous permettre d’avoir un vrai impact sur la société. Je pense que les universités de Sciences Humaines et Sociales ont beaucoup à apporter à la société, aux grandes transformations à venir, du temps présent et du futur. On va essayer de se mettre à la disposition des débats et de mettre à la disposition de ceux qui voudraient débattre des données objectives. Le but est d’éviter tout ce qui peut être fake news ou remise en cause du fait scientifique que je trouve particulièrement grave à notre époque. L’idée c’est de prendre notre place dans notre environnement, dans la société, pour essayer de contribuer à poser de façon scientifique et objective les conditions des futures grandes transformations que ce soit dans le Développement Durable ou dans le gouvernance publique par exemple. »

Le rôle des Sciences Humaines et Sociales (SHS)

Comment préparer les étudiants des Sciences Humaines et Sociales à la vie professionnelle ?

C.N.L.: « On est très professionnalisant. Si vous voulez on pourrait vous donner les taux de professionnalisation et d’entrée dans l’emploi de nos étudiants quand ils sortent après le Master 2. On a des taux de placement qui n’ont rien à envier aux école de commerce ou autres formations privées ou de sciences dures.« 

Quel rôle aujourd’hui pour les Sciences Humaines et Sociales dans les nouveaux métiers ?

C.N.L.: « Par exemple, vous avez de plus en plus d’étudiants formés en philosophie, à l’éthique qui sont recrutés par des entreprises parce que les problèmes d’éthique sont de plus en plus prégnants dans l’entreprise tout comme les problèmes liés aux conflits d’intérêts, à la gestion de conflits d’intérêts. Il y a de vrais métiers nouveaux qui se créent pour ces filières qu’on pourrait imaginer pas en prise avec l’entreprise et qui, en revanche, le deviennent vraiment. On a le projet, notamment dans Sorb’Rising, de prévoir des cours, sous forme de certificat sans doute, que les étudiants pourront suivre en plus de leurs cours habituels. Particulièrement des certificats en Développement Durable et sur les questions de transition écologique par exemple. Parce qu’on estime que ce sera des compléments utiles. On voudrait aussi le faire en matière d’intelligence artificielle. De nombreux métiers, par exemple des métiers du domaine juridique, -que ce soit avocat ou notaire- mais aussi en économie ou en gestion, vont être fortement impactés par l’intelligence artificielle. Au-delà des formations de Master que l’on peut faire et développer sur ces thématiques-là, l’idée c’est de donner, dès la licence, à ceux qui souhaiteraient une initiation à ces problématiques-là pour leur donner le goût aussi d’imaginer les métiers qu’ils auront demain et de se préparer sans doute à devoir évoluer par une formation tout au long de la vie pour s’adapter aux évolutions de métier. » 

Quelle marge de manœuvre pour vos chantiers ?

C.N.L.: : « Il ne faut pas perdre de temps, donc c’est agir vite, avec de la sérénité et un peu de recul. Il faut prendre aussi le temps de l’analyse et puis, une fois que l’on pense que c’est la bonne voie pour l’université, agir. Je suis assez optimiste, on va encore cette année soumissionner à de nouveaux appels à projet sur d’autres thématiques. »

L’ouverture internationale de Panthéon-Sorbonne

Qu’est-ce que « Una Europa » ?

C.N.L.: « C’est notre université européenne depuis 2018. Alors c’est une université que nous avons structuré autour de statuts avec l’université d’Édimbourg, l’université de Calvin en Belgique, l’université Freie de Berlin, l’université Complutense de Madrid, Bologne pour l’Italie, l’université de Cracovie, Helsinki et depuis peu l’université de Leiden qui vient de nous rejoindre des Pays-Bas. L’idée c’est de constituer une université avec une mobilité des étudiants, des diplômes communs et des unités de recherche communes à terme. On a cinq thématiques de recherche qui ont été définies dans cette université: Le Développement Durable, le Patrimoine Culturel, l’Intelligence Artificielle, la Santé et les Études Européennes. On a déjà créé un Bachelor d’Études Européennes et on va en créer un en matière de Développement Durable. On a créé un doctorat commun en Patrimoine Culturel. On veut aussi promouvoir de la mobilité, des échanges à la fois de personnels et d’étudiants. C’est une vraie belle aventure.« 

Quelle mobilité internationale pour les étudiants de Paris 1 ?

C.N.L.: « L’international a toujours été un des points forts de Paris 1 et un des points de développement auquel tous les présidents ont été attachés. Nous avons aussi une particularité c’est que nous avons des filières délocalisées. On a une filière notamment de juristes, d’économistes et de Sciences Politiques au Caire. Une vraie faculté au sein de l’université du Caire mais qui est une université Paris 1. Ce qui veut dire que des étudiants égyptiens mais aussi des régions autour peuvent venir suivre un diplôme Paris 1 en Égypte. On a la même filière un peu équivalente en Roumanie, à Bucarest, en Argentine, à Buenos Aires et aussi à Fès au Maroc. On a aussi une filière, mais ce sont plutôt des Masters à Sofia en Bulgarie et à Moscou. » 

Quels liens avec les entreprises ?

C.N.L.: « On a créé une fondation parce qu’on a beaucoup d’Alumni (anciens élèves). L’idée c’est de développer des financements par le biais de la fondation. De tous types, ça peut être du soutien aux étudiants ou de la distribution alimentaire par exemple. Les entreprises sont nos partenaires.  Obligatoirement tous nos étudiants partent en stage dans des entreprises notamment au niveau master mais aussi souvent avant en licence. Des dirigeants d’entreprise, des salariés, des professionnels libéraux interviennent dans nos formations et il y a un vrai aller-retour. Ils interviennent dans nos formations comme enseignants, parfois ils sont aussi professeurs associés à l’université donc les liens sont quotidiens. On a énormément développé l’apprentissage qui, depuis trois ans, se développent à vitesse grand V. Les collègues en ont compris l’intérêt et les étudiants sont très demandeurs. Alors tout dépend des formations, mais je trouve que c’est une formation très bien, surtout sur la dernière année de Master. Ça permet à l’étudiant de commencer à avoir une sorte d’appréhension pratique de l’entreprise, du travail en entreprise. Ça permet aussi de déboucher sur des emplois ou en tout cas de se faire une première expérience. C’est quelque chose qui est particulièrement fructueux.« 

La gestion d’un pôle universitaire multi-fragmenté

Comment gérer un organisme d’éducation tel que l’université ?

C.N.L.: : « L’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne est composée, bien entendu, de conseils centraux: Conseil Académique et Conseil d’Administration qui sont nos instances décisionnelles. Mais au quotidien il y a une équipe de Vice-Présidents, Vice-Président et Vice-Présidente déléguée, une Présidente, un Directeur Général des Services qui chapeaute toute l’administration et une Directrice de cabinet qui est rattachée à la présidente. Donc c’est cette équipe là s’occupe au quotidien de la coordination et de la gestion à l’échelle de l’université. »

En temps de Covid, comment prévoir et gérer l’urgence et les risques ?

C.N.L.: « L’idée ça a été de remettre de la sérénité. Essayer de bâtir un cap dans des périodes qui étaient quand même assez difficiles, assez troublées avec beaucoup de consignes gouvernementales qui étaient tout à fait justifiées mais qui, parfois, changeaient assez rapidement. L’idée c’était d’avoir un cap qui était le retour au présentiel, c’est à dire faire en sorte qu’à la fois les personnels, les enseignants chercheurs, le personnel administratif puissent revenir plus rapidement travailler dans les lieux, dans les locaux. Mais aussi faire en sorte que les étudiants puissent revenir faire leurs cours en présentiel. Ça c’était vraiment l’objectif. On n’imagine pas l’impact du distanciel et du confinement sur les étudiants. C’est l’impact psychologique qui me marque quand on parle avec les étudiants ou par les messages que l’on a pu recevoir. » 

Les femmes à l’université

Après 40 ans, une femme à la tête de La Sorbonne ça change quoi ?

C.N.L.: « Est-ce que ça change quelque chose ? Je pense peut-être le regard que l’on porte sur l’université. S’il fallait vraiment trouver une différence, il y a peut-être une plus grande attention portée au quotidien, aux petites choses du quotidien. Je crois que ça c’est peut-être le point important c’est à dire que je suis convaincue que, pour pousser nos collègues à porter des projets, il faut d’abord qu’ils aient des conditions de travail au quotidien améliorées. Ce n’est qu’à ces conditions là qu’ils porteront des projets et qu’on pourra se développer. » 

Quelles autres femmes dans le comité de direction ?

C.N.L.: « J’ai une équipe qui est paritaire. Il y a des hommes et des femmes à parité, même peut être un peu plus de femmes je crois.« 

Un.e rôle modèle ?

C.N.L.: « Indirectement, parce que dans ma famille, les femmes travaillent depuis toujours. J’ai même eu une arrière grand-mère qui élevait seule ses enfants en 1920, qui a donc dû travailler et faire vivre sa famille toute seule. Si vous voulez c’était pour moi évident une femme qui travaille, qui prend des responsabilités, qui décide. C’est le modèle quotidien que j’ai eu. D’instinct je ne fais pas de différence, parce que ça me paraît naturel. Je comprends aussi que ça ne l’est pas toujours. Statistiquement, dans la société, il est clair qu’il y a souvent un plafond de verre, je ne remets pas du tout cela en cause. Mais de mon expérience personnelle, j’ai rarement eu l’occasion de sentir que, parce que j’étais une femme, je ne pouvais pas progresser à l’université. Je l’ai parfois un peu ressenti, vous voulez vraiment une anecdote ? Pour tout vous dire, mon mari était professeur d’université dans une autre université où on était tous les deux en poste. Un jour on a reçu une invitation, pour je ne sais quel événement, et il y avait marqué: « Monsieur le Professeur et Madame ». Ça j’avoue que c’est une des rares fois où ça m’a marquée parce que, ce n’était pas « Monsieur le Professeur et Madame » c’était « Monsieur le Professeur et Madame la Professeure », tous les deux à égalité pour bénéficier de l’invitation à un événement de l’université de surcroît. Donc parfois il y a peut-être ce genre de petites choses qui peuvent être marquantes. » 

« Si vous voulez c’était pour moi évident une femme qui travaille, qui prend des responsabilités, qui décide. C’est le modèle quotidien que j’ai eu. » Christine Neau-Leduc, Présidente de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

L’éducation, enjeu prioritaire

Qu’est-ce que l’excellence pour vous ?

C.N.L.: « Si l’excellence pour vous ce sont les classements, non. Ce sont des indicateurs, il ne faut pas les rejeter, il faut savoir les interpréter, les utiliser et ça donne quelques repères ils ont de véritables biais, notamment pour une université de Sciences Humaines et Sociales comme Paris 1. Je pense que l’excellence est dans l’ADN de Paris 1 depuis son origine. C’est à dire que, pour nous, l’excellence c’est porter le plus grand nombre d’étudiants vers l’excellence. C’est-à-dire vers des compétences, vers des connaissances qui les amèneront à être les meilleurs dans leurs métiers. Avoir les plus belles carrières professionnelles possibles et on a d’illustres anciens. C’est ça pour moi l’excellence, c’est l’excellence de la recherche. C’est pouvoir faire venir à Paris 1 les meilleurs des collègues dans leur spécialité. Donc l’excellence pour moi c’est quelque chose qui se vit au quotidien. Pour amener à la fois nos chercheurs et nos étudiants à donner le meilleur d’eux-mêmes, à monter les plus beaux projets possibles de recherche. Et à, quelque part, faire en sorte que nos étudiants aient les plus belles carrières et que nous puissions, en tant que chercheurs, apporter notre contribution, la plus forte possible à la société. Je crois que c’est ça l’excellence, c’est cet objectif là. Et puis pour une présidente c’est essayer de faire en sorte qu’on ait les meilleurs conditions de travail pour l’ensemble des personnels.« 

La voix (ou le silence) des femmes dans le débat public, que faire ?

C.N.L.: « Je pense que c’est plutôt que les universités n’ont pas accès aux médias. Pour ce faire, on a l’idée aussi de monter quelque chose qui s’apparenterait à un Think-Thank de l’université. Pour aider notamment les Pouvoirs Publics à avoir accès à de l’information scientifique, vérifiable etc … Donc ce qui passe aussi par le fait de faire l’interface entre les médias et l’ensemble de nos collègues enseignants-chercheurs. Pour que, si un média ait un besoin scientifique, on puisse lui dire « Voilà tel collègue » (particulièrement les femmes bien entendu). Faire cette intermédiation, cette interface pour que nos collègues aient aussi accès aux médias et réciproquement sur des sujets de spécialités. Il y a des difficultés, selon les disciplines, vous avez des ratios hommes-femmes qui sont assez variables. Il y a quand même de plus en plus de femmes à l’université, et si les universités étaient davantage présentes dans, notamment les journaux nationaux emblématiques, je pense que ça donnerait plus de voix et plus de poids aux femmes. C’était une conversation que j’ai eue à midi avec des collègues étrangers. Ils comparaient, notamment la presse allemande et la presse française de même niveau national. Et ils étaient assez interloqués du fait de ne quasiment jamais voir les universités dans la presse nationale française. Alors que dans la presse allemande, c’est très fréquent. La plupart du temps quand on vient, sauf vous bien entendu, lorsqu’on m’interview, c’est simplement parce qu’il y a une difficulté à Paris 1 et qu’on fait une sorte de feuilleton. C’est le feuilleton Paris 1, il y a les blocages … Alors qu’il y a tellement d’autres choses. Peut-être qu’il faut s’habituer au fait qu’il n’y a pas que les Grandes Écoles en France, l’université a énormément de choses à apporter et à faire découvrir.« 

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