L’Interview Informelle avec Laurence Vély, la journaliste qui parle de « Thune »

Laurence Vély, journaliste et entrepreneure est dans l’interview Informelle de la semaine ! Cette ancienne journaliste de Grazia et Vanity Fair est à l’origine du podcast “Thune” qui appréhende, à travers des entretiens longs et intimes, le rapport à l’argent. Elle nous présente son projet, son parcours, ses influences et ses ambitions. Rencontre.

Sommaire

  • À l’origine de Thune
  • Le podcast, un moyen facile de traiter des sujets sensibles
  • L’ambition et le plaisir, au cœur de la démarche de Laurence Vély

Laurence Vély est une entrepreneure aux facettes multiples. Depuis 2015, elle alterne son métier de rédactrice en cheffe web dans les médias tels que Grazia ou Vanity Fair, avec du conseil média auprès de géants du luxe comme Hermès. De ces expériences, elle acquiert une facilité d’appréhender, d’échanger et d’analyser tout type de sujet. Après un passage à la tête des contenus chez Alan, la nouvelle licorne de l’assurtech française, Laurence Vély profite maintenant d’un moment propice pour se faire plaisir. En 2020, deux ans après le lancement de « Les Déviations », un média en ligne qui « raconte des histoires de gens qui ont changé de vie« , elle lance avec la journaliste Anna Borrel le podcast « Thune ». Pour cette production audio, Laurence Vély s’est associée à une amie pour mettre en perspective un sujet qui touche tout le monde mais dont on parle très peu: l’argent.

À l’origine de « Thune »

Informelles : Qui êtes-vous ?

Laurence Vély : « Alors bonjour, je m’appelle Laurence Vailly, j’ai 41 ans, je suis journaliste et j’ai été longtemps rédactrice en chef dans la presse magazine. Et là, je travaille en ce moment sur plein de projets, pas mal de lancements média. J’ai notamment lancé dernièrement un podcast qui s’appelle Thune. C’était il y a quelques mois avec une amie qui s’appelle Anna Borel. On explore un peu les rapports intimes qu’on peut avoir à l’argent ».

Informelles : Pourquoi parler d’argent ?

L.V : « Et le constat qu’on a fait, c’est qu’aujourd’hui, à un dîner, une femme me parle plus facilement de son périnée ou un homme de sa prostate que de parler de l’argent, de l’argent qu’on gagne, de l’argent qu’on dépense, de ce que l’argent procure comme la joie, l’angoisse ou la puissance. Et donc, on a évidemment fait ce constat que c’était un non-dit, un angle mort absolument total du discours actuel ».

« Aujourd’hui […] une femme me parle plus facilement de son périnée ou un homme de sa prostate que de son argent. » Laurence Vély, journaliste et co-productrice du podcast Thune

Informelles : L’histoire qui vous a le plus marquée ?

L.V : « Voilà, le premier épisode du podcast était assez édifiant. C’était quelqu’un qui s’était retrouvé millionnaire du jour au lendemain suite à un héritage et qui racontait comment finalement il avait eu beaucoup de mal à s’approprier cet argent et les soucis de légitimité que ça pouvait créer. Et évidemment, la solitude que ça pouvait engendrer ».

Le podcast, un moyen facile de traiter des sujets sensibles

Informelles : Ce qui te plaît dans le format podcast ?

L.V : « Je sais que c’est facile à faire, c’est léger. On enregistre quand on veut ou on veut et surtout, on arrive à avoir des conversations qu’on n’aurait pas avec une caméra. Les gens se livrent, ça peut être anonyme pour parler d’argent. C’est très important puisque encore il y a ce tabou qui est très, très fort. Voilà, les gens n’en parlent pas facilement. Donc avec juste un micro, c’est beaucoup plus simple et on arrive à avoir une qualité d’échange et d’information qu’on n’aurait pas autrement ».

Informelles : A quelle tranche d’âge vous adressez-vous ?

L.V : « Pour le moment, on n’a pas encore fait d’épisode avec des personnes très jeunes. Il n’est pas dit qu’on n’en fera pas, mais on n’a pas encore fait de vingtenaires. Pour une raison simple, c’est qu’en général, la réflexion sur l’argent arrive plus tard avec les enfants, avec l’accession à la propriété, avec les parents qui vieillissent et quelque part, enfin, c’est une de mes théories, mais ça signe un peu le passage à l’âge adulte et peut être la fin d’une certaine insouciance. On ne parle pas vraiment d’argent avant d’avoir 30 35 ans. Quelques personnes en parlent évidemment. Il y a toujours des jeunes qui vont être obsédés par le gain. On peut imaginer que les influenceurs créent justement cette envie de gagner vite, beaucoup et c’est certainement des choses qu’on va explorer. Mais pour le moment, je trouve ça plutôt intéressant de se focaliser sur les gens qui ont vraiment commencé à avoir une réflexion sur le sujet ».

Informelles : Quels sont les projets à venir ?

L.V : « On est en train de développer Thune, d’ailleurs maintenant nous avons une régie. On a une audience d’un peu plus de 20 000 écoutes par mois, ce qui est plutôt bien pour un podcast qui est jeune. Et puis on est dans la phase, où on se demande si on doit créer un site ? une newsletter ?  On se demande si on doit travailler avec des partenaires ? On est dans une grande phase de réflexion ».

L’ambition et le plaisir, au cœur de la démarche de Laurence Vély

Informelles : Qu’est-ce qui vous fait avancer en trois mots ?

L.V : « Le kiff, vraiment, c’est le moteur nécessaire. Là, je vois avec Thune, donc ce projet que je fais avec une amie, c’est un bonheur. C’est pas toujours facile, mais bosser avec des gens qu’on aime, qu’on respecte, qu’on trouve intelligents, qui sont différents de nous, c’est hyper précieux. Ensuite, j’ai besoin de me marrer en travaillant, ça va être la deuxième chose, mais vraiment, c’est important. Je le dis, il faut que je me marre parce que sinon je suis pas heureuse. Et la troisième, c’est l’ambition. L’envie de faire, de saisir l’époque, de partager de raconter. Voilà ».

Informelles : Qu’est-ce qui vous inspire ?

L.V : « Je dirais que les gens qui m’inspirent, c’est quand même ceux qui se jettent à l’eau. Parce que c’est hyper flippant en vrai, de se jeter à l’eau sans forcément savoir ou on va. Pour le coup, je vais revenir au podcast, mais il y a des gens qui se jettent à l’eau plus facilement parce qu’ils ont, derrière une sécurité financière. C’est admirable, ça demande du courage, ça demande de la ténacité. Donc tous les gens qui lancent des projets auxquels ils croient qu’il est temps, sans forcément avoir un business model défini, mais juste parce qu’ils ont envie de défendre un projet. Honnêtement, moi j’ai toujours beaucoup de respect pour ça ».

Informelles : Un mantra ?

L.V : « Le plus possible placer le plaisir au cœur de sa démarche. C’est à dire que des fois, on fait des choses moins marrant que d’autres. Mais il ne faut pas oublier ça quand même, parce que c’est ça qui fait qu’on fait les choses bien. Donc j’essaie de garder ça en perspective toujours ».

Informelles : Être une femme entrepreneure en 2022 ?

L.V : « C’est certainement plus facile qu’avant. Et merci à toutes celles qui nous ont déblayé le passage. Maintenant, j’imagine que c’est toujours se battre un peu plus pour faire ses preuves, essayer de se faire entendre le mieux possible, de voir certainement élever la voix un peu plus. Mais c’est plus facile qu’avant, c’est sûr ».

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