L’interview Informelle: Sandra Vollant, fondatrice du Phénix Festival, au Off d’Avignon

Lever de rideau sur une femme lumineuse et engagée dans la création théâtrale et le spectacle vivant : Sandra Vollant. Fondatrice et directrice du tout nouveau Phénix Festival, dont la deuxième édition vient d'avoir lieu à Paris, du 27 mai au 20 juin, Sandra nous raconte la genèse de ce nouveau festival, sa vision de la production théâtrale et pourquoi elle a choisi d'investir Paris avec un mois dédié au théâtre, uniquement de nouvelles créations. Entretien en avant première avant sa table ronde, demain samedi 09 juillet, au village du Off à Avignon. Par Nathalie Gressier

Sommaire

    • Sandra Vollant, la production artistique chevillée au corps
    • Un nouveau festival dédié au théâtre à Paris
    • Le Phénix Festival, un système plus agile pour les compagnies

Fondatrice et directrice du Phénix Festival, dont la deuxième édition vient d’avoir lieu à Paris, du 27 mai au 20 juin, Sandra Vollant nous raconte la genèse de ce nouveau festival, sa vision de la production théâtrale et pourquoi elle a choisi d’investir Paris avec un mois dédié au théâtre, uniquement de nouvelles créations. Elle intervient demain, samedi 09 juillet, au village du Off à Avignon, lors d’une table ronde sur son retour d’expérience. Entretien en avant première.

Sandra Vollant, la production artistique chevillée au corps

Pendant le  premier confinement, Sandra Vollant a imaginé un festival dédié à la création théâtrale dans un monde solidaire. Elle a mis au point une stratégie originale permettant de soutenir les créations des compagnies en partenariat avec les salles.

Informelles: Quel est votre parcours professionnel ?

Sandra Vollant: À 23 ans, je deviens attachée de presse. Je me spécialise plutôt dans l’institutionnel. J’ai l’opportunité de travailler pour plusieurs sociétés. Quelques années plus tard, je me lance à mon compte pour mettre en lumière le monde artistique. Une rencontre avec Grégoire Couette Jourdain sera le premier pas. Je défends sa pièce « De profundis » d’Oscar Wilde, programmé au Lucernaire. J’imagine alors des événements interactifs et ça plaît ! Depuis 2018, je m’occupe des relations publiques et presse du Studio Hébertot. Je leur organise des présentations de saisons originales. J’exerce également la fonction d’attachée de presse auprès de plusieurs compagnies.

Un nouveau festival dédié au théâtre à Paris

Qu’est-ce qui a déclenché la naissance du Phénix Festival ?

S.V.: L’immobilisme forcé du confinement m’a servi de catalyseur. Après dix années passés dans l’univers du théâtre entre le Festival d’Avignon et les salles parisiennes, tout ce que j’avais inconsciemment noté m’a sauté aux yeux : les compagnies de théâtre proposant de jeunes créations manquent de visibilité. Le retour sur investissement d’un passage à Avignon n’est pas à la hauteur de leurs attentes, alors qu’ils ont investi au moins 25 000 euros ! Les journalistes, les programmateurs de salles et le public ne se précipitent plus du tout pour les découvrir face à la multiplicité des spectacles proposés, seuls les plus connus peuvent espérer un public. Le Phénix Festival serait comme un pré-festival d’Avignon (toutes les compagnies sélectionnées par le Phénix Festival sont présentes au Festival d’Avignon). En cela, il ne le concurrence pas du tout. Mais plus qu’un Festival, je dirais que cela relève d’une philosophie car il s’agit pour moi d’accompagner tout au long de l’année ces compagnies et leur création.

Le Phénix, c’est aussi casser des frontières Par exemple, avec le partenariat avec le Festival Komidi qui a lieu à La Réunion un échange de bons procédés s’effectue, des compagnies vont jouer à La Réunion et celles de La Réunion viennent en métropole. Cette année, 5 territoires ont ainsi été mis à l’honneur avec la Guadeloupe « Le jour où mon père m’a tué », la Roumanie, l’Algérie « Brassens à Alger » et le Québec avec une lecture à la bougie.

« Les compagnies de théâtre proposant de jeunes créations manquent de visibilité (au Off du Festival d’Avignon). Les journalistes, les programmateurs de salles et le public ne se précipitent plus du tout pour les découvrir face à la multiplicité des spectacles proposés, seuls les plus connus peuvent espérer un public. Le Phénix Festival serait comme un pré-festival d’Avignon ». Sandra Vollant, directrice du Phenix Festival

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Le Phenix Festival, un système plus agile pour les compagnies

Comment fonctionne le festival ?

S.V.: Le théâtre se mouille autant que la compagnie, ils partagent les recettes et donc les risques à 50/50. L’idée, c’est le cercle vertueux entre les directeurs de salles, les compagnies et les spectateurs qui paieront tous le même prix de 16 euros, quelque soit l’âge quelque soit la place.

J’ai frappé aux portes de nombreux théâtres parisiens et cette année sept théâtres ont dit oui au festival : Le Studio Hébertot, La Nouvelle Scène, le Théâtre La Bruyère, Le Bouffon Théâtre, Le Théâtre de l’Opprimé, Le Lavoir Moderne Parisien et La Reine Blanche. Un accord est signé sur la base de trois représentations maximum par spectacle. Les théâtres offrent également huit heures de plateau aux compagnies pour répéter et mettre en place le spectacle.

Qui a sélectionné les 19 spectacles officiels au programme ?

S.V.: C’est notre comité de sélection avec des auteurs, des metteurs en scène, des journalistes, des directeurs de salle, des producteurs, des comédiens Parité hommes femmes et tous âges confondus. Plus d’une centaine de dossiers a été étudiée.

La deuxième édition du 27 mai au 20 juin vient de s’achever. On va commencer à travailler la troisième édition avec toujours autant d’enthousiasme et nous serons présents aussi au Off du Festival d’Avignon pour une table ronde samedi matin 9 juillet sur notre retour d’expérience.

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