L’Interview Informelle: Vanessa Le Moigne, journaliste sportive engagée

À l'occasion des Trophées Alice Milliat fin octobre à Nantes, Vanessa Le Moigne, journaliste sportive témoigne de son engagement pour la parité et de son complexe de légitimité dans le journalisme sportif, qu'elle a réussi à surmonter. Entretien.

Sommaire

    • Les hommes, des alliés féministes
    • Vanessa Le Moigne et le complexe de légitimité

Le 28 octobre dernier la fondation Alice Milliat célébrait sa première remise de Trophées éponymes, destinés aux acteurs de l’équité dans le sport. À cette occasion, Vanessa Le Moigne, journaliste de sport pour la chaîne BeIN SPORTS orchestrait le soirée. Le pari demandé par Aurélie Bresson« Présenter une soirée qui leur ressemble, qui ressemble à Alice Milliat et qui me ressemble aussi », dit-elle. Active auprès de l’association Femmes Journalistes de Sport, Vanessa a eu un parcours atypique et elle porte un message d’inclusion à l’image du féminisme actuel. Nous lui avons posé quelques questions sur son engagement personnel pour l’égalité des sexes et son expérience de femme dans le monde des médias. Entretien.

Les hommes, des alliés féministes

Selon vous, qu’est-ce qui est primordial dans le combat pour l’égalité des sexes ?

V.L.M.: « Ce combat passe par les hommes, c’est certain. Nous avons besoin d’avoir des alliés. On a besoin d’avoir des gens qui vont montrer qu’on n’est pas anormal et que ce n’est pas un discours de « féministes extrémistes ». C’est juste la norme, ce dont on parle. c’est le respect, C’est avoir les mêmes opportunités que les autres sans que l’on voit forcément quelle est notre apparence physique. Pour moi un homme peut être féministe et c’est assez logique.Selon moi tous les Hommes avec un grand H devraient être féministes ».

À mes 17 ans je ne pensais pas que je pouvais être journaliste dans le sport pourtant j’étais passionné de sport et de journalisme, c’étaient mes deux passions. Un homme m’a demandé pourquoi je n’en ferais pas mon métier. Je lui répondu naïvement :« Est-ce que je peux » ? Il m’a répondu « Bien sûr ».

« J’ai eu des œillères pendant de nombreuses années parce que je me suis dis que j’avais beaucoup de chance alors que, dans ma chance, j’avais beaucoup de malheur » Vanessa Le Moigne, journaliste chez beIN SPORTS

Vanessa Le Moigne et le complexe de légitimité

Quelle a été votre expérience professionnelle en tant que femme ?

V.L.M.: « J’ai eu des œillères pendant de nombreuses années parce que je me suis dis que j’avais beaucoup de chance alors que, dans ma chance, j’avais beaucoup de malheur. Dans le sens où j’étais mal considérée et ça s’est imprimé en moi, en créant quelque chose que je n’avais pas étant plus jeune: un complexe de légitimité. Il était entretenu par des propos sexistes, par des attitudes et par des rôles dans lesquels on me contenait.

Il faut que la société accepte tout le monde avec ces différences et qu’elle permette à tout le monde d’être soi-même ».

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