Nomination: Iris Knobloch, première femme à la tête du Festival de Cannes

Elue Présidente du Festival International du Film de Cannes, en remplacement de Pierre Lescure, Iris Knobloch, ancienne de chez WarnerMedia France, prendra ses nouvelles fonctions le 1er Juillet pour un mandat de trois ans.

Sommaire

  • Qui est Iris Knobloch ?
  • Première femme élue présidente du Festival de Cannes
  • Son talent, faire émerger le grand cinéma
  • Une élection « loin de l’unanimité habituelle »

Elue présidente du Festival International du Film de Cannes, Iris Knobloch, ancienne PDG chez WarnerMedia France, prendra ses nouvelles fonctions le 1er Juillet pour un mandat de trois ans, en remplacement de Pierre Lescure, président  du Festival depuis 2014.

Qui est Iris Knobloch ?

Née en Allemagne en 1963, Iris Knobloch est avocate de formation. Elle étudie le droit à l’université Louis-et-Maximilien de Munich où elle obtient un doctorat. Elle est également reçue au barreau de New-York, de Californie et d’Allemagne. En 2006 elle est nommée à la tête de Warner Bros France qu’elle préside pendant quinze ans puis de WarnerMedia France. En 2021, elle quitte Warner Bros pour fonder I2PO, une Special Purpose Acquisition Company (SPAC) dans le domaine du divertissement avec la famille Pinault et le banquier Matthieu Pigasse. Et elle deviendra la première femme à présider le Festival International du Film de Cannes en succédant à Pierre Lescure.

Première femme élue présidente du festival de Cannes

C’est le 1er juillet 2022 qu’Iris Knobloch succèdera à Pierre Lescure et prendra ses fonctions pour un mandat de trois ans. Ce dernier a annoncé dans un communiqué de presse « Lorsque j’ai été réélu en 2020, j’ai annoncé que je souhaitais assurer ma succession avant l’issue de ce troisième mandat et que j’avais à cœur que celle-ci soit confiée à une femme. Je suis heureux de l’arrivée d’Iris Knobloch et j’aurai plaisir à lui transmettre mes fonctions dont elle saura assurer les devoirs avec vision et talent ».

« Lorsque j’ai été réélu en 2020, j’ai annoncé que je souhaitais assurer ma succession avant l’issue de ce troisième mandat et que j’avais à cœur que celle-ci soit confiée à une femme. Je suis heureux de l’arrivée d’Iris Knobloch et j’aurai plaisir à lui transmettre mes fonctions dont elle saura assurer les devoirs avec vision et talent ».Pierre Lescure, actuel président du festival de Cannes

Son talent, « faire émerger le grand cinéma »

Pendant toutes ses années à la tête de Warner France, Iris Knobloch a amené et accompagné de nombreux acteurs de l’industrie cinématographique à Cannes. Parmi eux, Clint Eastwood (Impitoyable), Christopher Nolan (restauration de 2001, l’Odysée de l’espace), Steven Soderbergh (Che), Baz Luhrmann (Gatsby le Magnifique) ou encore George Miller (Mad Max).

Mais on lui doit aussi le succès international du film The Artist, film français de Michel Hazanavicius produit par Thomas Langmann, noir et blanc et muet, qu’il lui a fallu expliquer et défendre. « Je me demandais comment l’Académie des Oscars pourrait voter pour un film comme le nôtre car aucun de ses membres ne connaissait Jean Dujardin ou Bérénice Bejo. […] On a gagné l’Oscar pour la musique, puis pour les costumes, puis est venu l’Oscar du meilleur acteur pour Jean Dujardin et enfin ceux de meilleur réalisateur et meilleur film. On n’y croyait pas, c’était magique » expliquait-elle lors d’une interview pour le magazine Infrarouge en 2016. Iris Knobloch alors joue un rôle d’envergure « pour faire émerger le grand cinéma » selon le communiqué de presse du festival de Cannes.

Une élection « loin de l’unanimité habituelle »

Le conseil d’administration du festival s’est réuni mercredi 23 mars pour élire, à 18 voix pour, 6 contre, 3 votes blancs et un vote nul. En effet, l’élection de l’allemande a suscité quelques interrogations quant aux éventuels conflits d’intérêts liés la SPAC I2PO qu’elle a fondé avec la famille Pinault et Matthieu Pigasse. D’une part, parce que le groupe de luxe Kering, propriété de la famille Pinault, est sponsor du festival et d’autre part parce que la SPAC avait l’ambition d’investir dans des sociétés de production audiovisuelle et cinématographique.

« Loin est de l’unanimité habituelle. L’Etat impose sa candidate malgré l’opposition des organisations professionnelles »  tweete Pascal Rogard, directeur de la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques). La nouvelle présidente élue a dû s’engager à ne pas se prononcer sur les décisions du conseil d’administration concernant Kering. Par ailleurs, elle s’est engagée à ce que sa nouvelle société, I2PO, n’investisse pas dans les domaines liés à la production audiovisuelle et cinématographique.


Lire aussi

Festival de Cannes 2021 : la distinction ultime est pour une réalisatrice
Entreprendre autrement : Laurence Herszberg, tête de Séries Mania à Lille

soutenez informelles Nomination: Iris Knobloch, première femme à la tête du Festival de Cannes

Partager cette publication