La place des femmes dans les entreprises américaines en 2021

En septembre dernier, McKinsey publiait son dernier rapport Women in the Workplace. C'est la plus grande étude sur la place des femmes et le leadership féminin dans les entreprises américaines. Impact du COVID-19 et discrimination sont encore des sujets d'actualité.

Sommaire

  • Un bilan mitigé en termes de représentativité
  • La nécessaire inclusion des minorités
  • Quelle charge mentale pour les salariées ?
  • Au service du bien-être de leurs collègues

En septembre 2021, pour la septième année consécutive, le cabinet américain de conseil en stratégie McKinsey & Company, publiait son rapport Women in the workplace sur la place des femmes dans les entreprises américaines en partenariat avec Leanin.org. Dans le contexte post-Me Too et d’une plus grande sensibilisation aux problèmes que rencontrent les femmes dans la société, se pose également la question de leur statut et de leur représentativité au sein des entreprises. La dernière édition évalue l’impact du Covid-19 sur la diversité et l’inclusion. Même si leur santé mentale se détériore, la mobilisation des femmes est croissante en faveur du bien-être des employés, de la diversité, de l’équité et de l’inclusion sur le lieu de travail.

Un bilan mitigé en termes de représentativité

Depuis 2016, les femmes sont davantage présentes à des postes-clés. En cinq ans, le nombre de femmes managers a augmenté de 4%, pour atteindre le chiffre de 40% au total. Environ 35% des cadres supérieures sont des femmes ce qui représente une augmentation de 3% sur 5 ans. Enfin, en ce qui concerne le nombre de femmes à la direction des entreprises, la barre symbolique des 20% a été franchie, +5% depuis 2016. Même si l’évolution est notable, la sous-représentation des femmes à la tête des entreprises américaines reste un sujet. Et les principales victimes de ce manque d’équité sont les femmes issues de minorités.

La nécessaire inclusion des minorités

4%. C’est le pourcentage de femmes afro-américaines, hispaniques ou asiatiques qui occupent un poste de direction au sein d’une entreprise en 2021. Ce chiffre n’a pas évolué de manière significative ces dernières années et reflète bel et bien le manque de diversité dans les instances dirigeantes des entreprises américaines. Autre chiffre étonnant, sur un échantillon de 500 salariés d’entreprise, allant du simple employé au membre du comité exécutif, 446 postes sont occupés par des hommes ou des femmes qui ne sont pas issues de minorités.

« 4% de femmes afro-américaines, hispaniques ou asiatiques occupant un poste de direction au sein d’une entreprise en 2021 » Rapport Women in the Workplace de McKinsey & Company en partenariat avec Leanin.org

De plus, les femmes issues de minorités comme les femmes noires, les femmes LGBTQ+ ou les celles en situation de handicap subissent une violence plus importante que quiconque dans les entreprises américaines. 45% des femmes en situation de handicap, quasiment 40% des femmes noires et un peu moins de 40% des femmes LGBTQ+ disent avoir une subie une « micro-agression » au cours de l’année passée. La tension psychologique subie par les employées américaines semble ne jamais avoir été si élevée.

Quelle charge mentale pour les salariées ?

La pandémie de Covid-19 explique en partie l’épuisement professionnel qu’ont subi les salariées américaines en 2021. Une femme sur trois déclare avoir envisagé de réorienter sa carrière ou de quitter le marché du travail, contre une sur quatre quelques mois après le début de la pandémie. Selon le rapport Women in the Workplace, 1 femme sur 2 occupant un poste à responsabilité dans son entreprise se sent constamment en situation de « burnout » professionnel. À titre comparatif, moins de 40% des hommes qui occupent des postes similaires se sentiraient dans une détresse similaire.

Près de 30% des employées se sentent au minimum « psychologiquement épuisées », 35% se disent « exténuées » et plus de 40% se pensent en situation de « burn out ». Dans des postes à responsabilité, les femmes ont tendance à fournir plus d’effort et à assurer des tâches supplémentaires – indirectement liées à leur job- voulant se montrer à la hauteur de leur fonction.

Au service du bien-être de leurs collègues

Le rapport souligne aussi que les femmes font davantage pour soutenir leurs équipes et faire progresser la diversité, l’équité et l’inclusion au sein des entreprises. En 2021, 31% des femmes managers ont apporté un support émotionnel à leurs subordonné.e.s, soit 12% de plus que leurs homologues masculins. Malheureusement, le travail effectué autour du bien-être des employés est trop souvent négligé par la direction. Il peut même nuire encore un peu plus à la réputation de celles qui font pourtant preuve d’une empathie souvent utile à la cohésion de leur équipe.

Etant elles-mêmes victimes de discriminations, les femmes sont souvent celles qui vont promouvoir l’intégration des minorités au sein de l’entreprise, étant plus susceptibles de prendre des mesures concrètes en faveur de l’inclusion telles que le mentorat de femmes de couleur ou la lutte contre la discrimination raciale. Les femmes occupant des postes à responsabilité sont également les championnes de l’écoute, mesurée par la Durée d’Écoute par Individu (ou DEI). Le rapport de McKinsey & Company apporte ainsi des exemples concrets pour améliorer les conditions de travail dans les entreprises américaines.

Car selon McKinsey, les entreprises américaines doivent prendre des mesures audacieuses pour résoudre le problème de l’épuisement professionnel des femmes. Elles doivent également reconnaître et récompenser davantage les compétences des femmes dirigeantes et mener un travail en profondeur pour créer une culture professionnelle où toutes les femmes se sentent valorisées. L’une des promesses de campagne du candidat Biden n’était-elle pas de mettre fin aux inégalités hommes-femmes en réduisant le nombre de chômeuses ? Le rapport 2022 permettra ainsi de mesurer les avancées concrètes en la matière alors que les Etats-Unis entrent dans l’An 3 de la pandémie.

 

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