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Portrait d’artiste: Geneviève Asse

La grande artiste Geneviève Asse s’en est allée discrètement le 11 août dernier, à l’image d’une carrière qui sera restée finalement à l’ombre de ses illustres pairs Olivier Debré ou Nicolas de Staël. Un paradoxe alors qu’elle avait fait de la lumière le thème central de sa création.

Sommaire

  • Une artiste entre ciel et mer
  • Une place à part dans l’art contemporain
  • Une reconnaissance tardive

Une artiste entre ciel et mer

Née à Vannes en 1923, Geneviève Asse est influencée par une enfance passée dans la presqu’île de Rhuys. Ses paysages et sa couleur particulière lui inspireront des toiles d’un bleu que l’on qualifie de  “bleu Asse” à l’instar d’Yves Klein et de son bleu si particulier. “Cela m’a apporté beaucoup d’être née dans ce climat”, disait-elle avant de remarquer sur le ton de la plaisanterie d’être “arrivée entre le bleu du ciel et le bleu de la mer”.

Une place à part dans l’art contemporain

Résistante dans les FFI, elle se consacre à la peinture après la guerre. Jusqu’en 1959, ce sont des années de vaches maigres. Elle produit des œuvres d’inspiration cubiste et collabore avec des maisons de couture pour la création de tissus afin de gagner sa vie. Puis la reconnaissance arrive à la fin des années cinquante. Elle expose, est invitée à l’étranger et son travail attire l’attention de quelques collectionneurs. En 1961, elle rencontre le peintre italien Giorgio Morandi qui sera pour elle une référence centrale avec Chardin et Corot. “Il y a une qualité que j’admirais beaucoup chez lui. C’est la ferveur… Morandi peint au-delà de l’objet, au-delà de la peinture”, déclare-t-elle en 1989. A partir de la fin des années soixante, elle s’oriente vers l’abstraction et le bleu, son bleu-gris, envahit son œuvre une décennie plus tard (“Je ne fais qu’un avec cette couleur”). En 1980, il devient sa couleur exclusive, “bleu, il prend tout ce qui passe”, explique-t-elle. En 1988, une première rétrospective a lieu au Musée d’art moderne de la Ville de Paris qui consacre sa place dans l’art contemporain français.   

« Il y a une qualité que j’admirais beaucoup chez lui. C’est la ferveur… Morandi peint au-delà de l’objet, au-delà de la peinture. »  Geneviève Asse, artiste

Une reconnaissance tardive

A la fin de sa vie, elle partage son temps entre Île Saint-Louis et l’Île-aux-Moines. En 2012, elle fait don d’une partie de ses toiles au Centre Pompidou qui lui consacre une exposition l’année suivante. Interrogée sur cet hommage tardif, elle répond : “il serait temps car j’ai 90 ans !” Le Musée des Beaux-Arts La Cohue de Vannes, ville natale de l’artiste à qui elle avait fait don d’une partie de sa collection, consacre depuis 2013 son premier étage aux œuvres de Geneviève Asse.

Elle s’est éteinte à 98 ans trois semaines avant que ne s’achève une grande exposition que le Centre Pompidou consacrait à toutes ses femmes -méconnues ou mal connues- “qui ont fait l’abstraction”.

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