Qui est Maryna Viazovska, la deuxième femme à recevoir la médaille Fields?

Mardi 5 juillet, quatre lauréats ont reçu la médaille Fields, considérée comme le prix Nobel des mathématiques. Parmi eux, Maryna Viazovska, qui devient ainsi la deuxième femme à recevoir la médaille depuis sa création en 1936 en trouvant la solution au problème dit du "marchand d'oranges".

Sommaire

    • Qui est Maryna Viazovska ?
    • 13 ans de travail pour résoudre l’énigme de l’optimisation de l’empilement de sphères
    • Seulement deux femmes médaillées Fields depuis 1936
    • Maryna Viazovska évoque la guerre en Ukraine dans son discours de remerciement

Mardi 5 juillet, quatre lauréats ont reçu la médaille Fields, considérée l’équivalent du prix Nobel pour les mathématiques. L’Union mathématique internationale célèbre les « découvertes exceptionnelles » de chercheurs en les récompensant d’une médaille d’or et de 15 000 dollars canadiens. Le congrès et la cérémonie devaient initialement se tenir à Saint-Pétersbourg en Russie, mais ils ont été relocalisés à Helsinki en raison de la guerre en Ukraine. Cette année, les quatre lauréats sont : James Maynard, le français Hugo Duminil-copin, June Huh et Maryna Viazovska, qui devient ainsi la deuxième femme à recevoir la médaille de Fields depuis sa création en 1936.

Qui est Maryna Viazovska ?

Née il y a 37 ans en Ukraine, Maryna Viazovska est professeure à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Elle est connue pour avoir résolu en 2016 le problème d’empilement compact de sphères dans les dimensions 8 et 24. C’est la résolution de ce problème vieux de plus de 400 ans qui lui vaut la médaille de Fields. Sa récompense couronne un parcours entamé à l’Université Taras Chevtchenko à Kiev. Elle l’a poursuivi dans les universités allemandes de Kaiserslautern et Bonn, ainsi qu’à l’Institut Français des Hautes Études Scientifiques (IHES) près de Paris

13 ans de travail pour résoudre l’énigme de l’optimisation de l’empilement de sphères

Viazovska travaille sur un problème vieux de plusieurs siècles, celui de l’optimisation de l’empilement compact de sphères. Ce problème dit du « marchand d’oranges » taraude les mathématiciens depuis le XVIe siècle. Kleber avait apporté une réponse pour un problème à trois dimensions mais cela se complique lorsqu’on passe à des dimensions mathématiques plus grandes. « Cela m’a demandé 13 ans de travail » s’exprime la chercheuse. Selon Philippe Moustrou, maître de conférences à l’Université de Toulouse, « elle a trouvé l’ingrédient supplémentaire, d’une vraie beauté ».

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Seulement deux femmes médaillées Fields depuis 1936

Comme tous les quatre ans depuis 1950, le Congrès international des mathématiciens (ICM, International Congress of Mathematicians) décerne la médaille de Fields à quatre lauréats. En 2014, le congrès l’attribue pour la première fois à une femme, la mathématicienne d’origine iranienne Maryam Mirzakhani, hélas décédée à 40 ans d’un cancer du sein. Aujourd’hui, parmi les 60 lauréats, on compte donc deux femmes avec Maryna Viazovska.

« Je viens de Kiev, en Ukraine, et en février ma vie a changé pour toujours. Pas seulement la mienne, mais celle de tout le monde et particulièrement des gens de mon pays. » Maryna Viazovska, mathématicienne et chercheuse

Maryna Vlazovska évoque la guerre en Ukraine dans son discours de remerciement

Maryna Viazovska, a été choisie parmi les lauréates en février 2022 avant que la guerre éclate en Ukraine. Dans une courte vidéo accompagnant la remise de son prix à Helsinki, elle prononce un discours aux résonnances politiques. « Je viens de Kiev, en Ukraine, et en février ma vie a changé pour toujours. Pas seulement la mienne, mais celle de tout le monde et particulièrement des gens de mon pays ». Quand la guerre a éclaté, elle « ne pouvait plus penser à rien d’autre, y compris les mathématiques » explique-t-elle.

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