Romy Schneider: hommage à une actrice éternelle à la Cinémathèque Française

Le 29 mai dernier, on commémorait les 40 ans de la mort de Romy Schneider, icône du cinéma français. Celle qui fut révélée dans Sissi impératrice en 1956, est l’objet d’une exposition et rétrospective à la Cinémathèque Française. Un magnifique hommage qui plonge les spectateurs dans l’histoire de «la petite fiancée Autrichienne ». Au-delà de son tragique destin, qui était vraiment Romy Schneider ?

Sommaire

    • Romy Schneider, une vie hors du commun
    • Une féministe engagée
    • Une exposition hommage

La cinémathèque Française rend hommage à la sublime Romy Schneider, disparue à 43 ans, il y en a presque exactement autant. Belle, libre, et magnétique, elle continue de fasciner et d’intriguer des décennies après son décès. L’objectif de  l’exposition est de « tenter de la faire revivre à travers ses rôles, mais aussi ses textes, ses interviews radios, télévisées, son journal » comme  le décrit Clémentine Deroudille, commissaire de l’exposition dédiée à l’actrice. Costumes, affiches et photographies retracent la vie romanesque d’une des plus grandes stars du cinéma français et européen.

Romy Schneider, une vie hors du commun

Née à Vienne de parents vedettes du cinéma du 3ème Reich, Romy Schneider devient très jeune la star du grand écran allemand, avant d’être révélée en France, à 17 ans, par son rôle dans Sissi Impératrice. Muse des plus grands réalisateurs, l’actrice a profondément marquée l’histoire du 7ème art  français et européen, à travers ses rôles cultes, sa manière bien particulière de jouer, et sa beauté déroutante. Sa délicatesse et sa grâce, furent saluées par tous ceux qui l’ont dirigée : Claude Sautet (cinq films ensemble en huit ans), Luchino Visconti, ou Orson Welles, tous s’accordaient à évoquer son génie. Princesse transformée en un sex-symbol, dans La piscine, de Jacques Deray, sa carrière fait partie intégrante de l’histoire du cinéma des années 70. D’après Faustine Saint-Geniès, auteure de Les actrices se brisent si facilement, dans une interview pour France Culture, « c’est rare de voir une actrice étrangère se fondre autant dans le cinéma français au point de devenir la plus française des actrices alors qu’elle était allemande. »

Mais depuis quelques années, sa fin de vie tragique et les circonstances étranges de son décès, ont tendance à prendre le pas sur le reste : « Il est toujours plus vendeur de présenter une femme comme un paquet de névroses, sujette à la mélancolie et désespérée jusqu’à l’os », comme l’explique encore Faustine Saint-Geniès.

« C’est rare de voir une actrice étrangère se fondre autant dans le cinéma français au point de devenir la plus française des actrices alors qu’elle était allemande. » Faustine Saint-Geniès, auteure de « Les actrices se brisent si facilement »

Une féministe engagée

Il n’est, en revanche, pas toujours de notoriété publique que Romy Schneider s’était engagée pour la cause des femmes. Elle signe en effet, en 1973, la tribune « Nous avons avorté » dans le journal Stern, une version allemande du « manifeste des 343″, défendant le droit à l’avortement, qui sera publié dans le Nouvel Observateur. Elle clame ainsi avoir eu recours à l’IVG, alors interdit en France et en Allemagne, ce qui choquera profondément la frange conservatrice du pays. Elle sera même poursuivie par le tribunal d’Hambourg, puis défendues par des centaines de femmes, à travers des lettres où elles revendiquent, elles aussi, avoir eu recours à l’avortement. Les poursuites seront abandonnées.  “À une époque où il n’était encore nulle part question de libération de la femme, j’ai entrepris ma propre libération” dira-t-elle.

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Une exposition hommage

Quarante ans après la mort de l’actrice, la Cinémathèque de Paris lui rend hommage jusque fin juillet pour « comprendre la manière dont elle est devenue cette icône, cette femme moderne qui, quarante ans après sa mort, fait toujours autant battre les cœurs ». En prenant justement le contre-pied de la surmédiatisation de ses soucis personnels, le but est de « la montrer parfaitement vivante, en pleine lumière, si sensuelle, si belle, et tenter de percer son mystère » ainsi que le décrit sa commissaire, Clémentine Deroudille. « En tout cas, tenter de le faire et surtout, sans effraction », conclue-t-elle. Romy Schneider est également sur grand écran, avec une rétrospective de ses films, toujours à la Cinémathèque.

Exposition et rétrospective Romy Schneider

Du 16 mars au 31 juillet 2022 à la Cinémathèque Française

Plus d’infos sur www.cinematheque.fr

 

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