Une nomination révolutionnaire dans les hautes sphères du Vatican

Le 4 novembre dernier, le pape François a annoncé la nomination de la soeur Raffaella Petrini à la tête du Gouvernorat du Vatican, une des plus hautes instances dirigeantes de l'Etat. À 52 ans, cette soeur franciscaine est la toute première femme à occuper ce poste.

Sommaire

  • Raffaella Petrini, femme d’Église et de science
  • Une nomination révolutionnaire ?
  • Quelques pas vers l’inclusion des femmes dans les instances du Vatican
  • D’autres nominations symboliques
  • Le Vatican en pleine tourmente

Mercredi 4 novembre dernier, le pape François a annoncé la nomination de la soeur Raffaella Petrini à la tête du « Gouvernorat » du Vatican en tant que « Secrétaire Générale », sous la présidence de l’archevêque Fernando Vergez Alzaga. À 52 ans, la religieuse italienne est la première femme, dans l’histoire du Vatican, à occuper ce poste traditionnellement occupée par un évêque, comme le relate le quotidien local.

Raffaella Petrini, femme d’Église et de science

Née à Rome en 1969, Raffaella Petrini est diplômée d’une licence en sciences politiques à l’Université libre internationale de Guido Carli et d’un doctorat de l’université pontificale de l’Université San Tommaso d’Aquino de Rome. Avant cette nomination, sœur Petrini était enseignante en économie et sociologie des processus économiques dans cette même université romaine. Elle a également obtenu un master en science du comportement organisationnel aux États-Unis, d’après le quotidien La Croix. Depuis 2005, Raffaella Petrini travaillait pour l’évangélisation des peuples au sein des Sœurs franciscaines de l’Eucharistie, une congrégation religieuse féminine dont elle est membre.

Une nomination révolutionnaire ?

En tant que Secrétaire Générale du Gouvernorat de l’Etat du Vatican, la sœur Petrini sera chargée, pendant cinq ans, de guider cette entité qui exerce le pouvoir exécutif en lieu et place du pape. Ainsi elle devra superviser bon nombre d’opérations administratives visant des institutions comme les musées du Vatican, la poste et la police. L’affectation de Raffaella Petrini à ce titre, occupée traditionnellement par les plus hauts dignitaires de l’Eglise, est un vrai message d’inclusion du pape François. D’ailleurs, des avancées dans le sens de l’égalité des sexes au cœur de l’Église semblent être faites depuis l’élection du pape François en 2013 et plusieurs démarches de ce type ont été entamées.

Quelques pas vers l’inclusion des femmes dans les instances du Vatican

La mise en place d’une commission chargée d’étudier le diaconat féminin et le rôle des femmes au cours des premières années de l’Église catholique, en 2019, était un premier pas pour le plus petit état du monde. Celui-ci n’a pas été assorti d’effets concrets puisqu’à la conclusion de la commission, le pape Bergoglio n’a pas souhaité ouvrir le diaconat aux femmes, ce qui aurait signifié un avancement vers la prêtrise des femmes, alors que d’autres religions semblent s’ouvrir aux femmes, telle que le rabbinat ou l’imamat.

D’autres nominations symboliques

Néanmoins, quelques ouvertures ont été faites. En janvier 2020, Francesca Di Giovanni, a été nommé « sous-secrétaire » affectée aux relations avec les Etats au Secrétariat d’Etat, l’équivalent de « vice-ministre » des relations étrangères au Vatican. La suite logique de sa carrière – elle a passé 27 ans dans ce secrétariat d’Etat en tant qu' »officielle »-, mais une grande première pour le Vatican qui n’avait jamais nommé de femme, de plus laïque, à un poste aussi élevé dans ses instances dirigeantes. Plus récemment, le pape avait modifié en janvier dernier la loi sur les ministère liturgiques de « Lecteur et acolyte » réservés aux hommes jusqu’à présent, pour permettre aux femmes d’être lectrices lors des liturgies, ainsi que de servir à l’autel et lors de la communion.

Le Vatican en pleine tourmente

Cette nomination est intervenue alors que les évêques se réunissaient à Lourdes, pour leur rendez-vous annuel, où le discussions centrales étaient tournées vers le « rapport Sauvé » qui a mis en lumière l’ampleur des actions de pédocriminalité au sein de l’Eglise catholique française. Celui-ci fait état de plus de 216 000 victimes et 3000 prédateurs sexuels issus du clergé sur les 70 ans pris en compte par l’enquête de la CIASE (Commission Indépendante sur les Abus Sexuels dans l’Église) – 330 000 victimes en incluant les laïcs participants aux activités et à la vie de l’institution (catéchisme, scouts, etc..). Aujourd’hui, le dispositif de réparation financière aux victimes et les réponses aux questions liées à la responsabilité de l’Eglise – qui a longtemps occulté les agissements de ses ministres, leur permettant de continuer à perpétuer leur méfaits-  sont très attendus à sa clôture, lundi 8 novembre.

 

 

Partager cette publication