Vues du monde: deux femmes présidentes en Amérique Centrale

Sandra Mason et Xiomara Castro: deux noms qui font la une des journaux outre atlantique. Elles ont été toutes deux les premières femmes élues présidentes dans leur pays respectifs : la Barbade et le Honduras. Avec une particularité de taille pour la Barbade. Pourquoi sont-elles si emblématiques?

Sommaire

  • Sandra Mason met un terme au règne d’Elisabeth II sur la Barbade
  • Sandra Mason, première femme à tous les niveaux
  • La revanche de Xiomara Castro au Honduras
  • La nouvelle présidente du Honduras approuvée par les Etats-Unis

Sandra Mason met un terme au règne d’Elisabeth II à la Barbade

Située dans la partie est de la mer des Caraïbes, l’île de la Barbade s’est officiellement proclamée république, mardi 30 novembre. Une date symbolique puisque le 30 novembre 2021 est également le 55ème anniversaire de son indépendance. Elisabeth II n’étant plus reconnue comme cheffe d’Etat, c’est Sandra Mason qui prend les rênes du pouvoir. Anciennement gouverneure générale du pays, elle a été élue première femme présidente de la république en octobre dernier au suffrage universel indirecte par l’Assemblée de la Barbade et par le Sénat. Après son élection elle déclarait que « la Barbade ne pouvait nourrir aucun doute sur ses capacités à s’autogérer » depuis son indépendance en 1966. L’île étant marquée par l’héritage de plusieurs siècles d’esclavage, l’influence britannique et le racisme ont été des questions déterminantes dans la décision du pays de devenir une république.

Sandra Mason, première femme à tous les niveaux

Dans son parcours, Sandra Mason, avait déjà initié la féminisation plusieurs autres fonctions. En 1992, elle devient la première femme ambassadrice de la Barbade au Venezuela, puis en 2008, elle est la première femme à siéger à la Cour d’appel de son pays. Le 30 novembre 2021, elle devient la première présidente du pays qui s’affranchit en même temps de la couronné britannique. A remarquer qu’ancienne gouverneure, elle n’est affiliée à aucun  parti politique en particulier.

Mardi soir, une cérémonie a officialisé son investiture à Bridgetown – capitale de la Barbade – durant laquelle elle a prêté serment. Le prince Charles – fils d’Elisabeth II – était présent ainsi que la chanteuse  Rihanna qui, à cette occasion, a été nommée héroïne du pays.

La soirée a été marquée par le remplacement de l’étendard royal avec le drapeau présidentiel, symbole de la transition d’un système monarchique à un système républicain. L’île reste néanmoins membre du Commonwealth comme l’a énoncé le premier ministre britannique Boris Johnson dans un communiqué de presse : « Nous resterons des amis et alliés loyaux, en nous appuyant sur les affinités et connexions durables entre nos peuples et sur le lien spécial du Commonwealth ».

La revanche de Xiomara Castro au Honduras

Au Honduras, c’est aussi une femme qui a été élue présidente de la république. A 62 ans, Xiomara Castro est devenue la première femme à gouverner le pays. Elle a remporté les présidentielles haut la main avec une avance de vingt points sur le candidat sortant de la droite conservatrice, Nasry Asfura. Ils s’étaient notamment confrontés sur les positions de Castro en faveur de la légalisation de l’avortement et du mariage homosexuel.

Xiomara Castro est l’épouse de Manuel Zelaya, un ancien président hondurien, renversé en 2009 lors d’un coup d’état surnommé le «coup d’État pyjama» : les forces armées sont entrées en pleine nuit dans le palais présidentiel et ont envoyé Manuel Zelaya au Costa Rica.

De cette crise, est né le parti politique LIBRE, un parti de gauche fondé par Zelaya et ses associés et c’est avec ce parti que gouvernera sa femme, Xiomara Castro. Avec une participation record de 70%, le peuple a témoigné de son désir de changer de politique. Miné par la pauvreté, le Honduras est aujourd’hui le deuxième pays le plus pauvre d’Amérique centrale après Haïti.

La nouvelle présidente du Honduras approuvée par les Etats-Unis

C’est dans un climat pacifique et de joie que les habitants du Honduras ont scandé le nom de Xiomara dans les rues. C’est le cas également de son adversaire Nasry Asfura qui, malgré leurs divergences sur le plan politique, a lui aussi tenu à la féliciter. Dans une vidéo il déclare lui avoir rendu visite à son domicile  « Je la félicite pour son triomphe et en tant que présidente élue, je souhaite que Dieu l’illumine et la guide pour que son gouvernement fasse ce qu’il y a de mieux pour tous les honduriens ».

Lassés de leurs alliés conservateurs honduriens gangrenés par le crime et la corruption, les États-Unis, ont également l’ont félicité : « Nous espérons travailler ensemble pour renforcer les institutions démocratiques, promouvoir la croissance économique et combattre la corruption », a tweeté le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken.

« Je la félicite pour son triomphe et en tant que présidente élue, je souhaite que Dieu l’illumine et la guide pour que son gouvernement fasse ce qu’il y a de mieux pour tous les Honduriens ». Nasry Asfura

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