Vues du monde: un prix Nobel alternatif et un TED women inspirants

L'actualité des femmes inspirantes ce lundi. Deux "prix Nobel alternatifs" sont allés à la camerounaise Marthe Wandou et à la canadienne Freda Huson pour leurs actions auprès de leurs communautés. Tandis qu'au dernier TED Women qui vient de s'achever, des femmes inspirantes telles que l'afghane Shabana Basij-Rasikh, sont montées sur scène.

Sommaire

  • Les « prix Nobel alternatifs »
  • Marthe Wandou et la lutte pour l’autonomisation des femmes camerounaises
  • Freda Huson, pour la réappropriation de la culture et des terres autochtones
  • Femmes sur scène
  • La douloureuse réalité de l’éducation des filles en Afghanistan
  • Brochette de people au TED Women à Palm Springs

Les « prix Nobel alternatifs »

Deux femmes ont été récompensées cette année, mercredi 1er décembre, par un Right Livelihood Award, plus connu sous le nom de « Prix Nobel alternatif », parmi les quatre lauréats choisis pour leurs combats portant sur les grands défis du monde tels que la santé, les droits de l’homme ou l’environnement, dont l’association indienne LIFE (Legal Initiative for Forest and Environment) et le russe Vladimir Slivyak. La camerounaise Marthe Wandou et la canadienne Freda Huson ont été à l’honneur pour leurs activité dans leurs pays respectifs. En 2019, Greta Thunberg en avait été lauréate. Plein feu sur ces personnalités dont l’infatigable travail améliore le quotidien de leurs pairs.

Marthe Wandou et la lutte pour l’autonomisation des femmes camerounaises

Après une licence en droit à Yaoundé et un master sur les études de genre à l’université d’Anvers, Marthe Wandou s’engage en tant que juriste dans le travail humanitaire. En 1998, elle fonde l’organisation ALDEPA (Action locale pour le développement participatif et autogéré) qui a pour mission de sensibiliser la population camerounaise sur les violences sexuelles et sur les droits des enfants et des femmes.

L’ALDEPA mobilise les communautés par le biais de l’éducation, de la prévention, du soutien psychosocial et de l’assistance juridique. Leurs équipes partent ainsi à la rencontre des familles pour les convaincre d’envoyer les jeunes femmes à l’école, et de les y maintenir le plus longtemps possible. Assurer une plus longue scolarisation permet d’acquérir des connaissances, mais aussi de retarder les mariages et les grossesses précoces. Si la loi Camerounaise interdit les mariages précoces, malgré tout une fille sur deux est encore mariée avant ses 18 ans. Un fait dont peut témoigner Marthe Wandou « J’ai moi-même vécu le harcèlement sexuel de l’école à la faculté. Cette pression incessante m’a poussée à me marier. Ici, tant qu’on n’est pas mariée, on n’est pas une femme respectable. Et nous ne sommes pas respectées. » s’est-elle confiée dans le journal Le Monde avant d’ajouter « Une enfant de 13 ans n’est pas capable de satisfaire son époux, ni socialement ni sexuellement. Leur faire faire des enfants à cet âge a des conséquences tragiques ». On compte aujourd’hui pas moins de 50 000 femmes qui ont bénéficié des actions de l’ALDEPA. Les hommes et les femmes sont égaux devant la loi camerounaise pourtant les normes culturelles empêchent les femmes de s’émanciper et sont souvent marginalisées.

« Une enfant de 13 ans n’est pas capable de satisfaire son époux, ni socialement ni sexuellement. Leur faire faire des enfants à cet âge a des conséquences tragiques. » Marthe Wandou, fondatrice de l’association ADELPA

Freda Huson, pour la réappropriation de la culture et des terres autochtones

Née dans la Colombie Britannique en 1964, Freda Huson est une leader (Dzeke ze’) du peuple Wet’suwet’en, au Canada. Freda est l’une des principales défenseuses des communautés autochtones de son territoire à Talbeetskwa. En 2010, Freda Huson souhaite vivre sur ses terres ancestrales et part s’installer dans un chalet en bois au bord de la rivière Morice sur le territoire de son peuple. Depuis, elle gère le camp Unist’ot’en qui aide les peuples indigènes à réoccuper les terres Wet’suwet’en dans le nord de la Colombie-Britannique. Ce camp rassemble également les personnes opposées à la construction du gazoduc Coastal Gas Link, qui transporterait du gaz de schiste sur leurs terres. De Janvier à mars 2020 des mouvements de protestation contre le projet de construction ont culminé dans tout le pays. Malgré le militantisme de Freda Huson et de ses alliés pour protéger leurs terres, le projet de construction du gazoduc n’a pas été  arrêté. Néanmoins elle a su rassembler une partie de la population canadienne autour de la cause des autochtones et a entrainé un renouveau culturel en encouragent les peuples à revenir sur leurs terres.

Femmes sur scène

La toute dernière édition du TED Women vient de fermer ses portes à Palm Springs en Californie du Sud, vendredi 3 décembre dernier. On stage ? De nouveaux noms et d’autres habituées du plateau des conférences impactantes qui doivent se dérouler en un quart d’heure. Plusieurs personnalités anglo-saxonnes ont inspiré l’audience.

La douloureuse réalité de l’éducation des filles en Afghanistan

Parmi les intervenantes de cette dernière session de l’année, on retient l’émotion suscitée par le retour de Shabana Basij-Rasikh, afghane et fondatrice de SOLA l’école de la réussite pour les jeunes filles de son pays d’origine, avec son intervention « The secret plan to save a school for Afghan grils » (Le plan secret pour sauver une école de filles afghanes ). C’est l’histoire de l’évacuation de son école d’excellence pour filles, fermée depuis l’arrivée des Talibans au pouvoir. Récompensée par la médaille Malalai, la plus haute distinction en Afghanistan en 2018, pour son action dans l’éducation des petites filles et figurant dans le Top30 des entrepreneurs sociaux en Asie, Shabana se bat pour sauver son activité et les jeunes filles aujourd’hui condamnée à l’ignorance par le nouveau gouvernement mis en place depuis l’été 2021, en les faisant déménager au Rwanda. Elle fait un parallèle poignant entre sa première prise de parole TED, pleine d’espoir pour son pays, et celle qu’elle fait aujourd’hui, avec cette expatriation forcée. En rappel, ces paroles de son père : « Tu peux tout perdre dans ta vie. On peut te voler ton argent, mais il y a une chose qui restera toujours, c’est ce qui est dans ta tête ».

Brochette de people au TED Women à Palm Springs

Parmi les femmes, on remarque la chanteuse et auteure Rosanne Cash ou l’épidémiologiste Jennifer Nuzzo qui  dirige le Outbreak Observatory et œuvre quotidiennement avec l’Université John Hopkins pour l’étude des impacts de la vaccination anti-Covid19 aux Etats-Unis.  Pour cette « Women edition », deux hommes prennent aussi la parole, dont Jimmie Briggs, activiste pour l’égalité, membre de la commission Gender Equity de la ville de New York et confondateur de Man Up Campaign, une initiative pour stopper les violences faites aux femmes.

A la rédaction d’Informelles on est fans inconditionnels des conférences TED et chaque journaliste a ses propres références. On a donc décidé de  vous présenter régulièrement celles qui nous ont inspiré le plus. Stay tuned.

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