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Vues du monde: une « femme ennemie des femmes » au Japon

Au Japon, l'ancienne ministre des communications japonaise, Sanae Takaichi, se porte candidate pour remplacer le premier ministre démissionnaire, Yoshihide Suga. Entre réthorique guerrière et prises de positions ultra-conservatrices, elle risque fort de ne pas être du côté des femmes. Et confirme l'orientation de la politique japonaise.

Sommaire

  • Une femme première ministre au Japon?
  • Une nationaliste anti-féministe

Une femme première ministre au Japon?

Selon un proverbe japonais, “la femme (serait) l’ennemi des femmes”. Les prises de position de Sanae Takaichi -60 ans- qui veut devenir la première femme premier ministre du pays, semblent confirmer l’adage. Mais pour le Financial Times, “il est peu probable qu’elle accélère l’avancement des femmes au Japon avec ses vues conservatrices sur les questions de genres”. Elle fait partie d’un groupe de parlementaires qui s’oppose “à la légalisation de noms de famille différents pour les couples mariés (faisant) valoir qu’une telle mesure risque de saper le système familial traditionnel du Japon.”

« Onna no teki wa onna: la femme est l’ennemie des femmes », Proverbe japonais

Elle s’oppose aussi à la réforme de la loi salique japonaise qui fait que seul un homme peut monter sur le trône impérial. Même si Sanae Takaichi utilise son sexe et se décrit en potentielle future première ministre, sa vision traditionaliste des femmes ne déplait pas aux vieux caciques du parti.  Avec le retrait de Suga, les parlementaires et certains membres du Parti Libéral Démocrate (PLD) doivent choisir un nouveau président le 29 septembre qui deviendra premier ministre, puisque le PLD a la majorité au Parlement.

Une nationaliste anti-feministe

Sanae Takaichi, ancienne ministre des communications, que le quotidien londonien des affaires décrit comme “une nationaliste pure et dure avec des opinions franches sur la sécurité nationale (sic)”, a obtenu le soutien de l’ancien premier ministre Shinzô Abe. Son programme économique reprend ainsi les grandes lignes de la politique dite “Abenomics”. Le Japan Times indique que Sanae Takaichi “a également appelé à un renforcement des lois et des réglementations qui rendraient plus difficile pour les entreprises étrangères d’acheter des sociétés japonaises et de les vendre ou de les fusionner”.

Son nationalisme n’est pas qu’économique. Parmi ses faits d’armes figurent des visites répétées au temple shintoïste de Yasukuni -sanctuaire militariste où sont honorées les âmes des militaires morts au combat, et notamment des criminels de guerre du second conflit mondial- des appels répétés à réarmer le Japon et des positions pro-nucléaires (dans un pays encore traumatisé par la catastrophe de Fukushima). Le site Nikkei Asia rapporte ses propos guerriers : « nous devons nous préparer à une nouvelle guerre », citant le risque d’éventuelles attaques contre le Japon dans les domaines cyber et spatial.

Mais ses chances de l’emporter sont faibles et il est fort probable que le Japon doive attendre encore un peu l’arrivée au pouvoir d’une femme…

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