Willa, l’incubateur inclusif du monde de la Tech

Lancé en 2003, l'incubateur inclusif Willa a accompagné 700 startups et 1 500 femmes. Découverte de cette association qui favorise l'entrepreneuriat au féminin dans la tech avec l'éclairage de sa déléguée générale, Flore Egnell.

Sommaire

  • L’origine d’un engagement
  • Flore Egnell, une Déléguée générale investie
  • De nouveaux territoires pour l’entrepreneuriat féminin
  • « Favoriser l’inclusion dans l’écosystème »
  • De nouvelles ambitions pour 2022

Willa, lancé en 2005, est un incubateur dédié aux entreprises ayant au moins une femme dans leur comité de direction. Basée dans le deuxième arrondissement parisien, cette association loi 1901 est un fer de lance pour l’émancipation des femmes dans l’entrepreneuriat.

Les projets entrepris par Willa redessinent le monde de l’entrepreneuriat, principalement dans le domaine de la tech. Son but ? Rendre ces environnements plus diversifiés et plus ouverts. Selon les chiffres de la BPI, en 2021, en France, 39 à 45% des personnes accompagnées pour des projets d’entrepreneuriat sont des femmes.

Si ces données sont encourageantes, on peut les mettre en perspective avec une autre étude menée conjointement par KPMG et StartHer. En 2019, dans le milieu de la Tech, les femmes représentent un peu moins de 10% des co-fondateurs de startups, 3% de CEO et captent seulement 2,8% du montant global investi en capital risque. Willa souhaite renverser cette tendance. Depuis sa création, l’incubateur a pris en charge 700 startups et accompagné 1 500 femmes dans leurs projets.  Flore Egnell, nous éclaire sur son fonctionnement et sa genèse.

L’origine d’un engagement

Derrière la création de Willa, d’abord appeler “Paris pionnières”, il y a l’entrepreneure Frédérique Clavel. Riche d’expériences dans le monde de la banque et de la distribution, elle se lance dans le conseil aux entrepreneurs au début des années 2000. Elle fonde d’abord Fincoach, une entreprise de conseil en management en novembre 2001 avant de créer Willa en 2005. Après avoir participé à la renommé de ce nid à entrepreneures, Frédérique Clavel quitte Willa à la fin de l’année 2011.

Willa met aujourd’hui en avant différents partenariats avec d’autres incubateurs mais aussi avec des réseaux d’aide à l’entrepreneuriat et des entreprises en France et à l’international. Les collaborations les plus importantes du réseau sont celles nouées avec Pôle Emploi, la BPI, la French Tech, BNP Paribas, Station F, Canal + ou encore la mairie de Paris.

Ces ententes avec des grands groupes doivent permettre aux entreprises de développer l’inclusion au sein de leur comité. À titre d’exemple, Liza Garay-De Vaubernier, responsable du « segment femmes » d’Axa s’engage à fortifier son partenariat avec Willa dans le cadre du premier baromètre international sur la place des femmes dans la tech.

L’incubateur est dirigé depuis 2016 par Marie Georges, sa présidente. Cette multi-entrepreneure a bénéficié des services de « Paris Pionnières » en 2003 lorsqu’elle a lancé « Trois Temps », une agence de conseil et de communication en RSE.

 

Flore Egnell, une Déléguée générale investie

Pour Flore Egnell, déléguée générale de Willa depuis 2020: « Si on veut des startupeuses à la tête de licornes, il faut favoriser l’émergence de startups créée par des femmes. »

Dans ce but, Willa « utilise l’entrepreneuriat comme levier pour l’empowerment féminin« . Même si l’objectif n’est pas pécunier, l’incubateur fait évoluer son modèle économique depuis sa création. À l’origine, la rémunération perçue venait principalement des subventions publiques versées principalement par la ville de Paris et la région Île-de-France.

Aujourd’hui, Willa s’appuie sur des activités de co-working mais aussi, depuis 5 ans, sur un développement important du sponsoring. En effet, de grands groupes ou entités para-publiques sont devenus mécènes de l’incubateur. Ils financent les actions de l’association, notamment à travers les programmes d’accompagnement proposés. Les collaborateurs sont nombreux, nous pouvons citer par exemple la FDJ, Orange, PayPal, la Banque Populaire …

Pour Flore Egnell, la nécessité est aussi de déconstruire « les biais conscients et inconscients sur l’entreprise qui existent depuis l’enfance. » Elle explique : « Nos programmes d’accompagnement sont axés autour de la confiance en soi, du leadership pour faire comprendre aux femmes que leur projet peut voir le jour ». Dans un second temps, « nous travaillons sur l’environnement de la personne. Il est nécessaire de prendre conscience de l’environnement dans lequel on investit, d’anticiper les questions inhabituelles que peuvent poser les finances et les obstacles fréquents que peuvent rencontrer une femme entrepreneure ».

De nouveaux territoires pour l’entrepreneuriat féminin

En ce qui concerne les secteurs d’activité visés par l’incubateur, la tech est évidemment plébiscité. Mais, d’après sa Déléguée générale, les lignes ont bougé depuis 2016 : « On décline les programmes que l’on a l’habitude de faire sur des secteurs généralistes de l’innovation sur des verticales spécifiques de la Tech comme la SportTech, la Fintech, la Health Tech, l’Agri Tech ou la Deep Tech. »

L’incubateur a vocation à intervenir là où l’entrepreneuriat féminin est encore sous-représenté. Le sport fait partie de ces domaines que Willa souhaite mettre en avant. Dans cette optique, l’incubateur est à l’origine de GolfHer. Cette entreprise fondée en 2021 par Aude Bredel souhaite promouvoir la présence de femmes dans le milieu du golf. À cet effet, le réseau de partenaires (clubs de golfs, enseignants, fournisseurs) de Willa est mis à disposition de l’entreprise. 

Afin de proposer une offre diversifiée à ses adhérentes, Willa propose de nombreux ateliers collectifs autour de thématiques comme les ressources humaines, la stratégie, le juridique, etc. Willa s’entoure également d’expertes chargées d’accompagner les entreprises sélectionnées afin de conseiller au mieux ses adhérents. Carole Babin-Chevaye, ancienne directrice marketing-web à la BNP,  Emma Giraud, experte en communication et marketing digital ou encore Julie Rouzaud, spécialiste en business model et stratégie économique, font ainsi partie du pool d’expertes.

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WILLA, incubateur inclusif du monde de la tech

« Favoriser l’inclusion dans l’écosystème entrepreneurial« 

En permettant à des milliers de femmes de devenir entrepreneures, Willa transforme le monde de la Tech en France. Cependant, l’incubateur parisien ne veut pas s’arrêter là. À travers un manifeste disponible sur son site internet, l’association souhaite promouvoir un « écosystème de l’innovation inclusive« . De nombreuses personnalités influentes ont déjà signé le manifeste de Willa comme la maire de Paris Anne Hidalgo, la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse, Marie-Claire Capobianco, membre du comité exécutif de BNP Paribas …

L’incubateur invoque également l’argument de l’attractivité pour faire bouger les lignes. La France séduit de plus en plus d’acteurs du monde de l’entrepreneuriat dans la Tech et qui, à ce titre, doit être un modèle inclusif exemplaire.

Afin d’illustrer cette prise en charge des entreprises, Willa a par exemple accompagné Wilook, un service en ligne dédié au prêt-à-porter premium de seconde main. Fondé en décembre 2021 par Claire Lorrain, experte en achat, merchandising, marketing et création de looks dans la haute-couture, Wilook souhaite favoriser les métiers du luxe de manière durable en conseillant ses collaborateurs.

De nouvelles ambitions pour 2022

D’après Flore Egnell, Willa a doublé le nombre de femmes accompagnées entre 2020 et 2021. Pour 2022, les ambitions sont encore revues à la hausse: l’incubateur veut accompagner 400 femmes via les programmes d’émergence (boot camp) et 150 startups. 

L’idée est aussi de s’élargir sur le territoire. Jusqu’il y a trois ans, l’association était très centré sur l’Île-de-France. Aujourd’hui la volonté est de s’étendre nationalement en s’appuyant sur des structures déjà existantes. À Nantes, où Willa souhaite étendre son influence, l’association s’associe par exemple au hub d’innovation 1Kubator.

Un agenda est disponible sur le site internet de l’incubateur pour prendre connaissance des futures échéances à venir.

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